Saint-Exupéry, pilote de guerre 26/31

Parution de Pilote de guerre, New York, février 1942.

L’ouvrage paraît en février 1942 et réussit un tour de force puisqu’il parvient à influencer l’opinion publique américaine, jusque-là assez réticente à l’égard des combats réels de l’armée française pendant la bataille de France. Deux autres ouvrages paraissent, la Lettre à un otage et Le Petit Prince, qui cristallisent certaines pensées restées informulées dans Pilote de guerre. Ces deux écrits, entre poésie et philosophie, trouvent une juste mesure qui touche le sens intime et la dimension universelle. L’un est un chant, l’autre un conte, mais tous deux, teintés de pâle mélancolie et de lueurs d’espoir, célèbrent la civilisation, la communauté spirituelle retrouvée et le respect de l’homme dans ses différences. Hymnes à la vie et à l’amitié, ils louent ce qui est fragile et précieux. Ils donnent une direction plutôt qu’une vérité, un ensemble de pôles qui fonde les pentes véritables. L’image tant recherchée, capable de lier les hommes entre eux, de nouer l’instant et la durée, d’associer le proche et le lointain, apparaît dans le sourire, signe de vie, signe de paix. Le sourire agit comme un miracle, il illumine et crée «le visage». La qualité d’un sourire, son silence partagé, donne substance et sens : «L’essentiel, le plus souvent, n’a point de poids. L’essentiel ici, en apparence, n’a été qu’un sourire. Un sourire est souvent l’essentiel. […] Et la qualité d’un sourire peut faire que l’on meure» [Lettre à un otage, Gallimard, coll. « Folio », p. 52.]

 


Etape 8 : Niourk – Stefan Wul

Voici le nouveau titre à découvrir ce mois-ci pour prolonger le Voyage (soutenu) « Les mondes imaginaires ».

XXVè siècle. Un enfant noir, parti à la recherche du sorcier de la tribu, parcourt une terre remodelée, ravagée par une catastrophe nucléaire où des bribes d’humanité survivent. Les océans ont disparu, les anciennes villes se dressent encore, telles des fantômes. Le périple qui amènera l’enfant jusqu’à Niourk, cité de démesure, lui fera découvrir les vestiges de la civilisation que fut celle du XXè siècle….

Bonne lecture !

Mort de l’écrivain Carlos Fuentes

L’écrivain mexicain Carlos Fuentes, prix Cervantes 1987 et géant de la littérature latino-américaine, est mort hier, mardi 15 mai, à l’âge de 83 ans dans un hôpital de Mexico. Nous vous proposons un lien vers un article du Monde publié ce matin :

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2012/05/16/mort-de-l-ecrivain-mexicain-carlos-fuentes_1701827_3382.html

Retrouvez également les précédents articles concernant Carlos Fuentes publiés sur le blog  :

http://voyageursdusoir.vendee.fr/?s=carlos+fuentes

« La mort n’est pas une fin. C’est un commencement.

Elle est à l’origine de toute chose : nous venons de la mort »  Carlos FUENTES

Soirée film noir à La Gaubretière

 

Amis Voyageurs,

Afin de clore le voyage « Certains l’aiment noir », les Voyageurs du Soir vous proposent la projection d’un film de James Gray « La nuit nous appartient »,

à la Cédéthèque de La Gaubretière

Le mardi 29 mai

à 20 h 30

Vidéo de la montée des marches festival de cannes 2007 

L’association Fondu au noir vous présentera ce film qui fut en comépition à Cannes en 2007, l’occasion de débattre et d’échanger sur ce jeune réalisateur et sur les héritiers du film noir en général…

Un petit mot sur la dernière escale…

 … le vendredi 11 mai à la Bibliothèque de Brem-sur-Mer.

Vous êtes venus nombreux pour cette dernière escale du voyage Hola México et nous vous en remercions ! Nous avons passé une excellente soirée en votre compagnie. Un grand merci également à l’équipe de la bibliothèque de Brem-sur-Mer qui nous a accueillis à bras ouverts. Enfin, nous tenions naturellement à remercier chaleureusement et à saluer le talent des trois artistes : Raquel Uriostegui, marraine de ce voyage, Julia Lemaire et Céline Grolleau pour leur prestation de grande qualité. A travers la pièce de théâtre d’Humberto Robles  « Kahlo, viva la vida ! », elles nous ont transportés dans la dure réalité du quotidien de l’artiste-peintre mexicaine Frida Kahlo, ce qui nous a permis de mieux comprendre son œuvre. Encore bravo ! Nous ne manquerons pas de vous informer, chers Voyageurs, de leur prochaine représentation, dès que la date sera arrêtée.

 

 D’ici là, ne manquez pas le prochain livre qui constituera la dernière étape du voyage ! Il sera dévoilé dans quelques jours…

A très bientôt !

Etape 8 : L.A. Confidential – Curtis Hanson, 1997

 

 

L’histoire :

Los Angeles, années 50. Alors que la ville est sujette à une vague de règlements de comptes après la chute du caïd Mickey Cohen, la police criminelle du LAPD se mobilise tout entière sur l’affaire de L’Oiseau de nuit, un massacre au cours duquel est tombé un ancien flic. Trois inspecteurs aux styles radicalement différents vont être amenés à coopérer pour démêler les fils d’une histoire plus compliquée qu’il n’y paraît.

S’il est un film qui met  particulièrement bien en valeur l’héritage du film noir américain, c’est bien L.A. Confidential. Les thèmes classiques y sont quasiment tous abordés : policiers honnêtes ou corrompus du LAPD, détective privé, intrigue complexe et contexte urbain, jusqu’à la femme fatale travestie en Veronika Lake.

A noter, le film est tiré du livre du même nom de James Ellroy

 

Correspondances d’adolescents

La correspondance est un thème récurrent dans les romans pour les adolescents. Il y a notamment  »Bons baisers de Kabilye » de Achmy Halley, « Enquête par correspondance » d’Ann Rocard, ou encore « Quand l’amour s’en mail » de Jean-Marie Defossez.

Mais il y en a un qui nous intéresse plus particulièrement par rapport au voyage « Impossible mais éternel » pour lequel vous vous êtes embarqué . Il s’agit de

« Connexions dangereuses » de Sarah K.

 

 

Résumé du livre :

Virginie, qui s’ennuie depuis la rentrée dans sa classe de 3ème, propose un défi à son petit ami Bastien : séduire Delphine, une nouvelle élève, pour mettre leur amour à l’épreuve. D’abord choqué, Bastien finit par se prendre au jeu. Mais, Virginie se retrouvera prise à son propre piège, dans les affres de sa propre jalousie…

Extraits :

« De Virginie à Bastien : Voilà ce que j’ai en tête. Il y a une nouvelle dans ma classe, Delphine. Je suis sûre qu’elle est plus délurée qu’elle n’en a l’air. Je voudrais que tu la dragues, que tu sortes avec elle et que tu me tiennes au courant. De Bastien à Virginie : Je pige pas ? C’est ça ton grand projet ? Et nous ? On devient quoi dans tout ça, nous deux, toi et moi ? »

Avis :

Le thème de ce roman vous rapelle peut-être quelque chose…. une sensation de déjà lu ? En effet, ce roman de Sarah K. est une réécriture du célèbre roman de Choderlos de Laclos « Les liaisons dangereuses ». Mais c’est un pastiche moderne, surfant sur la vague d’internet : en effet, la correspondance se fait par mail !!!

Ce roman, sans être en mesure de rivaliser avec l’oeuvre classique, offre malgré tout une lecture plaisante pour un public de jeunes adultes. L’exercice de pastiche des « Liaisons dangereuses » est plutôt  »gonflé » de la part de l’auteur mais bien réussi ! Ceci permet une entrée en matière vers le texte original… et peut-être une amorce intéressante pour lire Laclos chez les plus jeunes !

3ème escale : soirée Sing, sing, sing !!!

Soirée Ladies’ Greatness

Le Vendredi 25 mai à 20h30 à la bibliothèque du Tablier

Enchantez vos oreilles et vos papilles lors d’une soirée éblouissante. Nous accueillerons Lyriz un groupe nantais de deux jeunes femmes prêtes à vous éblouir. Soizic au violoncelle, Suzy et son piano forment un duo de musique douce et envoûtante. Vous pouvez les écouter sur : http://www.myspace.com/suzypratz/music

Cette soirée sera également l’occasion d’échanger sur les dernières lectures.

Au programme concert, lecture à voix haute accompagnés bien entendu de nos fameuses et incontournables pâtisseries !

Saint-Exupéry, pilote de guerre 25/31

Le départ pour les Etats-Unis

Lorsque Saint-Exupéry décide de partir pour les États-Unis, en décembre 1940, il veut convaincre les Américains d’entrer en guerre aux côtés des forces alliées, persuadé de longue date que la victoire ne pourra s’obtenir sans eux. Il reste à Lisbonne quelques jours avant de pouvoir prendre le bateau en direction de New York. Il raconte au début de la Lettre à un otage, ses impressions dans la ville: «Quand en décembre 1940 j’ai traversé le Portugal pour me rendre aux États-Unis, Lisbonne m’est apparue comme une sorte de paradis clair et triste. On y parlait alors beaucoup d’une invasion imminente, et le Portugal se cramponnait à l’illusion de son bonheur. Lisbonne, qui avait bâti la plus ravissante exposition qui fût au monde, souriait d’un sourire un peu pâle, comme celui de ces mères qui n’ont point de nouvelles d’un fils en guerre et s’efforcent de le sauver par leur confiance : « Mon fils est vivant puisque je souris… »   »Regardez, disait ainsi Lisbonne, combien je suis heureuse et paisible et bien éclairée… » Le continent entier pesait contre le Portugal à la façon d’une montagne sauvage, lourde de ses tribus de proie ; Lisbonne en fête défiait l’Europe : « Peut-on me prendre pour cible quand je mets tant de soin à ne point me cacher ! Quand je suis tellement vulnérable !… »
Les villes de chez moi étaient, la nuit, couleur de cendre. Je m’y étais déshabitué de toute lueur, et cette capitale rayonnante me causait un vague malaise. Si le faubourg alentour est sombre, les diamants d’une vitrine trop éclairée attirent les rôdeurs. On les sent qui circulent. Contre Lisbonne je sentais peser la nuit d’Europe habitée par des groupes errants de bombardiers, comme s’ils eussent de loin flairé ce trésor. Mais le Portugal ignorait l’appétit du monstre. Il refusait de croire aux mauvais signes. Le Portugal parlait sur l’art avec une confiance désespérée. Oserait-on l’écraser dans son culte de l’art ? Il avait sorti toutes ses merveilles. Oserait-on l’écraser dans ses merveilles ? Il montrait ses grands hommes. Faute d’une armée, faute de canons, il avait dressé contre la ferraille de l’envahisseur toutes ses sentinelles de pierre : les poètes, les explorateurs, les conquistadors. Tout le passé du Portugal, faute d’armée et de canons, barrait la route. Oserait-on l’écraser dans son héritage d’un passé grandiose ? J’errais ainsi chaque soir avec mélancolie à travers les réussites de cette exposition d’un goût extrême, où tout frôlait la perfection, jusqu’à la musique si discrète, choisie avec tant de tact, et qui, sur les jardins, coulait doucement, sans éclat, comme un simple chant de fontaine. Allait-on détruire dans le monde ce goût merveilleux de la mesure ?
Et je trouvais Lisbonne, sous son sourire, plus triste que mes villes éteintes.»

Une fois aux USA, et profitant de sa notoriété d’écrivain – il est un des auteurs français les plus célèbres outre-Atlantique – et aidé par le succès de Terre des hommes, il rédige, « dans le désordre intérieur», Pilote de guerre. L’ouvrage paraît en février 1942 et réussit un tour de force puisqu’il parvient à influencer l’opinion publique américaine, jusque-là assez réticente à l’égard des combats réels de l’armée française pendant la bataille de France. Lewis Galantière, le traducteur de Terre des hommes et de Pilote de guerre, lui dira : «C’est votre devoir d’expliquer la France, d’expliquer la défaite à des gens qui croient que la France n’a pas combattu» (The Atlantic Monthly, avril 1947).

 


Etape 8 : Nouvelles du Mexique – Collectif d’auteurs

 

Hola viajeros,

Voici le dernier livre du voyage (soutenu) Hola México !

Nouvelles du Mexique, par les auteurs :

Juan Villoro, Fabrizio Mejia Madrid, David Toscana, Fabio Morabito et Alvaro Uribe

 

Résumé :

Les Nouvelles du Mexique initient à une littérature résolument moderne, emplie d’humour et d’ironie, qui dépeint sans détours un pays cosmopolite et fascinant. 

Les cinq nouvelles, toutes contemporaines, réunies ici témoignent d’un moment particulier de la littérature mexicaine et de l’histoire du pays du serpent à plumes. Un moment où ce grand pays de plus de cent millions d’habitants, à l’histoire brillante et douloureuse à la fois, participe désormais pleinement au concert des nations du monde. Sa littérature est à l’évidence une littérature en devenir. Description du quotidien, condition de l’homme et de la femme dans le monde d’aujourd’hui, flirt avec le fantastique cher aux écrivains latino-américains : tous les ingrédients réunis dans ces fables modernes sont ceux d’une littérature en mouvement.

 

Découvrez une littérature très contemporaine, sous une autre forme, celle de la nouvelle. Après avoir abordé David Toscana  avec le roman El ultimo lector, vous pourrez dévorer en quelques minutes l’une de ses nouvelles dans ce recueil !

Rendez-vous dans quelques jours pour connaître le dernier titre du voyage (tranquille) Hola México !

 

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