Etape 1 : « Rêvons de mots » de Raymond Devos

 

« Une fois rien, c’est rien, deux fois rien, ce n’est pas beaucoup, mais pour trois fois rien, on peut déjà s’acheter quelque chose, et pour pas cher ».

Raymond Devos

L’absurde vu par Raymond Devos, par ce « génie des mots », personnage drôle et touchant, humoriste incontournable de la scène française et belge.

Célèbre pour ses jeux de mots, son goût du non-sens et de l’absurde, il nous a paru évident d’entamer ce Voyage dédié à l’humour par un ouvrage de cet humoriste hors norme.

Ce « jongleur de mots » nous a malheureusement quittés le 15 juin 2006. Quelques mois après sa disparition sortait en librairie « Rêvons de mots », ouvrage compilant des pensées, des extraits de sketches, des anecdotes que l’humoriste notait dans des carnets et qu’il utilisait pour mettre en forme ses idées.

Le contenu de cet ouvrage est en quelque sorte le testament comique de Raymond Devos. Nous vous invitons sans plus attendre à le découvrir, à en rire et à pénétrer dans l’univers comique et absurde du Voyage « Le monde à l’envers ».

N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions en commentant ce billet et à partager avec nous les extraits qui vous ont plu !!!

11 réflexions au sujet de « Etape 1 : « Rêvons de mots » de Raymond Devos »

  1. Quel bonheur de retrouver cet immense artiste. Un véritable homme de culture, d’une intelligence fine et d’une humanité pleine de tendresse et de tragique.
    Je crois que c’est lui qui a dit : « Quand on prête à rire, on est jamais sur d’être remboursé ! » Soyons généreux…

    1. « Qui prête à rire n’est jamais sûr d’être remboursé » est bien l’un des innombrables jeux de mots inventé par l’humoriste Raymond Devos.
      Quant à moi, j’ai une petite préférence pour la suivante :
      « Le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter »

  2. Un extrait culte que j’aime beaucoup :

    J’avais trois jours devant moi, je dis : « Tiens, je vais aller voir la mer. »
    Je prends le train, j’arrive là-bas. Je vois le portier de l’hôtel, je lui dis :
    – « Où est la mer ? »
    – « La mer… elle est démontée ! »
    – « Vous la remontez quand ? »
    – « Question de temps. »
    – « Moi, je suis ici pour 3 jours… »
    – « En 3 jours, l’eau a le temps de couler sous le pont… »
    – « Le pont ?… Merci… je vais attendre demain. »

  3. Des répliques cultes en effet, extraites du sketch « La mer » de Raymond Devos. Son origine est assez amusante, car l’humoriste a réellement vécu cette scène ! C’est d’ailleurs grâce à cet entretien pour le moins original avec ce maître d’hôtel, que Raymond Devos a découvert l’humour absurde et le comique de situation !
    Cette histoire eu lieu à la fin des années 40, à Biarritz. Raymond Devos était alors en tournée avec la compagnie Jacques Fabbri.

  4. Étant étrangère et même si j’habite en France depuis 17 ans le nom de Raymond Devos ne me disait rien. C’est donc sans apriori que j’ai ouvert ce livre et j’étais très rapidement conquise par l’humour de cette homme. Ma phrase préférée « Si vous voulez comprendre ce que je dis, ne m’obligez pas à m’expliquer clairement ! »

    1. Magnifique Raymond Devos ! Quel artiste ! Il a su manier la langue française avec tant de talent et de poésie que son oeuvre est remarquable et inégalable.
      Aussi, ramener son oeuvre sur le devant de la scène est une idée géniale afin de mieux la connaître, l’appréhender et s’en « régaler ».
      Merci aux Voyageurs du Soir.

  5. Les extraits préférés des Frisettes Brother’s

    Page 29 :
    -J’ai écrit un bouquin sur l’intelligence des moutons
    -Un gros bouquin ?
    -Il fait une demi-page !
    Le conseil des Frisettes : En soirée, pour briller devant vos amis, remplacer le mot mouton par une personne ou un groupe que vous aimez critiquer. Rien de mieux que de se moquer du mouton noir pour augmenter votre renommée.

    Page 29 aussi :
    Cher Monsieur,
    Je suis heureux de vous faire part de ma nouvelle découverte, le stylo à encre invisible.
    Pour lire cette missive, il vous suffira de repasser la plume du stylo sur le tracé des lettres et celle-ci deviendront apparentes.
    Votre dévoué
    Le conseil des Frisettes (a aussi été écrit à l’encre invisible) :

    Page 63
    Je bouscule un type qui allait entrer en même temps que moi.
    Je lui dis :
    -Pardon !
    Il me répond :
    -Connard !
    Je lui dis :
    -Pardon ?
    Il me répond :
    -Connard !
    Je le bouscule à nouveau et je lui dis :
    -Pardon, connard !
    Le conseil des Frisettes : Avant de vous lancer dans une telle joute verbale avec un inconnu, vérifiez avant que l’inconnu n’a pas une tête de tueur russe ou une musculature de nageuse est-allemande. Car même si vous précisez après qu’il s’agit d’une saillie de Raymond Devos, nous doutons que le tueur russe à la musculature de nageuse est-allemande vous dise : « Comme c’est spirituel ! » avant de vous écraser votre visage sur le bitume.

    Page 89 :
    Un trait d’esprit annonce toujours la mort d’une idée.
    Le conseil des Frisettes : Placez cette phrase lorsqu’à la fin d’un débat houleux (généralement sur le prix des carottes ou l’utilité de mettre de la bière dans la pâte à crêpe), le petit rigolo de service (qui a souvent une cravate à l’effigie de Mickey ou des poils qui sortent trop souvent de ses orifices nasaux) fait une bonne blague pour détendre l’atmosphère et couper court à la conversation. Le débat sur le prix des carottes ou l’utilité de mettre de la bière dans la pâte à crêpe est ainsi relancé et le petit rigolo de service avec sa cravate à l’effigie de Mickey et ses poils qui sortent trop souvent de ses orifices nasaux n’a plus qu’à se taire.

    Page 110
    Comme je répondais à ma femme qui m’engueulait parce que, comme elle était aphone, je ne comprenais pas ce qu’elle disait :
    -Quand on a une extinction de voix, on se tait !
    Le conseil des Frisettes : Si dans les transports en commun tous les possesseurs d’iPhone devenaient aphones nous serions sur la bonne voie. (Ben oui hein ! Si les Frisettes Brother’s savaient écrire aussi bien que Raymond Devos, ça se saurait ! Les Frisettes s’excusent donc ce cet ersatz de Devos).

    Page 161
    Je sors de chez le coiffeur… ? Vous voyez le résultat ?
    Je lui ai dit :
    -Mais vous m’avez complétement raté !
    Il me dit :
    -Et alors ? J’ai toujours raté tous mes clients. Je n’ai pas à vous faire de faveur spéciale!
    Le conseil des Frisettes : De toute façon comme le dit le proverbe : se sont toujours les coiffeurs les plus mal peignés !

    Page 219 :
    Pourquoi une bouteille de champagne fait « pschitt ! » quand on la débouche, alors qu’une bouteille de Pschitt ne fait pas « champagne ! » quand on la débouche ?
    C’est d’une injustice flagrante.
    Le conseil des Frisettes : Si quand on la débouche, une bouteille de mousseux fait « champagne ! » c’est que vous avez affaire à une prétentieuse.

    Page 256
    Les ressorts dramatiques d’un vaudeville ne sont dans la plupart des cas que des ressorts de sommier.
    Le conseil des Frisettes : Boeing ! Boeing ! Boeing ! (Les frisettes sont en train d’écrire un scénario.)

    Et puis pour finir une petite citation que tout artiste pourrait faire sienne :
    Page 60
    Les grands artistes ne sont jamais prétentieux. Est-ce que je suis prétentieux, moi ?

  6. Il y a un certain temps que j’ai lu ce livre ; aussi ne suis-je pas en mesure de rapporter des citations exactes. En tout cas, j’ai beaucoup apprécié l’humour et la finesse de Raymond Devos. Et, en définitive, je trouve que cet absurde-là ressemble à s’y méprendre à du bon sens.

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