Nul ne peut aller au Cap Horn sans connaître Francisco Coloane !

Francisco Coloane n’est pas, à vrai dire, un authentique cap-hornier, mais il est homme, marin et écrivain du Cap Horn.

Il est né le 19 juillet 1910 à Quemchi, un petit port de pêche de la grande île de Chiloe, au sud du Chili. Son père, Juan Augustin, était capitaine du premier baleinier du Chili, le Yelcho, sa mère venait du monde agricole. Son père malheureusement décède du diabète, Francisco n’a que dix ans. Trois ans après, il fait son premier voyage sur l’océan pour rejoindre Punta Arenas, dans le détroit de Magellan où il s’installe avec sa mère. Deux ans après, en 1925, celle-ci meurt.

À l’âge de dix-sept ans, il abandonne le collège pour gagner sa vie : il navigue comme matelot à travers les canaux de Patagonie, quelques fois il travaille comme ouvrier agricole dans la Pampa australe. À la suite de son service militaire (trois ans dans la Marine chilienne), il se présente au directeur du journal El Magallanes, et lui propose d’écrire un éditorial, Desde el minarete, signé du pseudonyme Hugo del Mar.

Dès le début des années trente, Francisco est à Santiago à la recherche de meilleures opportunités. Il devient journaliste pour Las Ultimas Noticias, emploi qui ne requérait nul besoin de titre universitaire, mais un grand esprit aventurier. En 1932 il reçoit une lettre d’une jeune fille qu’il avait rencontré jadis à Punta Arenas : il décide alors de retourner là-bas pour se marier. De nouveau, le malheur le poursuit : Manuela, son épouse, meurt trois ans plus tard et le laisse seul avec son fils.

En 1936, il est de nouveau à Santiago et occupe, un poste au Service Culturel au Ministère du Travail, et rencontre Pablo Neruda, Nicomedes Guzman. La vie est difficile pour tous ces écrivains qui survivent empêtrés dans la bureaucratie chilienne. Il travaille pour différents journaux. Après avoir écrit un premier conte intitulé Perros, caballos, hombres, c’est au cours d’un voyage à bord du navire-école General Baquedano qu’il écrit  El último grumete de la Baquedano (le dernier mousse). Ce roman rapporte un incident survenu sur le navire, mais transposé en une mort accidentelle. C’est en 1941 que l’écrivain reçoit le Prix du concours Zig-Zag pour ce premier roman. Il reçoit 7000 pesos plus l’édition de son ouvrage. Il publie dans la foulée de ce premier succès  Cap Horn.

Il se remarie en 1944 avec Eliana Rojas qui lui donne un deuxième fils. Le Golfe des peines est publié en 1945 suivi d’Antartida (Los Conquistadores de la Antartica). Son chef-d’œuvre, d’après de nombreux lecteurs et critiques littéraires est Tierra del Fuego, publié en 1956 et  suivi de La Tierra del Fuego se apaga.

Les années qui suivent voient la publication de Viaje al Este en 1959, Le Sillage de la Baleine en 1963. En 1964, il reçoit le Prix National de Littérature et en 1966 est élu Président de la Société des Écrivains du Chili. El Témpano de Kanasaka sort en librairie en 1968, El guanaco est publié en 1980, suivi de Croinica de India en 1983. Le Passant du bout du monde, une autobiographie qui n’en pas une, un livre qui est aussi indiscipliné que sa tignasse, souligne son éditeur français les Éditions Phébus.

Son chant d’adieu sera Naufrage, écrit à 92 ans : « A présent, je crois que je vais pouvoir repartir vers ma Chiloé natale, la Patagonie et la Mer australe… » dit-il,  peu avant sa mort à Santiago le 5 août 2002. 

René Moniot Beaumont

Une réflexion au sujet de « Nul ne peut aller au Cap Horn sans connaître Francisco Coloane ! »

  1. Il est toujours temps,un livre une pépite littéraire, j’aurais manqué quelque chose si je ne l’avais pas lu. Alors n’attendez pas ! Comme le dit M°Polac un livre à lire absolument.
    Merci à M°René Moniot Beaumont de son enthousiasme à nous faire partager sa passion de la mer.

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