Si Camille me voyait… de Roland Dubillard

Pour notre pénultième article (depuis que nous avons lu Desproges, on aime utiliser des mots précieux), nous avons décidé de parler d’un livre jeunesse Si Camille me voyait… . Le monde étant l’avenir des jeunes (à vous de remettre tout ça dans le bon ordre), nous sommes allés piocher chez Folio junior la première pièce écrite par Roland Dubillard, l’auteur des Diablogues. Pourtant, après l’avoir lu, on se dit que c’est peut-être un peu trop « perché » et « bisou-gazou-coquinou » pour les enfants. Puis, on se dit que c’est peut-être nous qui avons perdu notre imagination quelque part entre notre treizième et notre quatorzième année de vie sur terre…. Enfin, en faisant quelques recherches internautiques, on s’aperçoit que cette pièce n’a pas été écrite pour les enfants mais qu’il s’agit d’une opérette radiophonique… Pour mieux comprendre venez ici.

Si Camille me voyait…  est donc une pièce en vers qui parle d’amour croisés entre quatre personnages (qui peuvent être plus ou moins, selon les métamorphoses) avec des bouquets de pipe, des femmes qui se promènent dans un carrosse remplit de lait puis se transforment en lune, de faux curés confesseurs, des chevaux parapluies, des bielles de voiture et on peut trouver cette présentation du comte sortant d’un bahut breton :

Monsieur d’Autrebane, c’est moi.

Je sors vivant de bahut.

Mort en mer, voilà ce qu’on croit

Que je suis, mais turlututu !

 

Je voulais surprendre Solange,

Mais elle ne me trompait pas.

Alors, j’ai mis sa vertu d’ange

A l’épreuve de mon trépas.

 

Depuis cinq ans déjà, je ruse

Afin de voir, dans notre lit,

Sa fidélité que rien n’use

Se laisser vaincre par l’oubli.

 

Et j’espère toujours qu’à force

D’être mort, Solange me trompe.

Ainsi j’obtiendrais le divorce.

Car enfin, il faut que je rompe.

 

Je veux épouser la fleuriste

Pour qui mon âme s’amenuise

Tellement je deviens triste.

Nous irons ensemble à Venise.

Laisser un commentaire