Cheveux emmêlés de Yosano Akiko

Pour ce cinquième recueil, nous avons choisi d’évoquer l’oeuvre de la poétesse japonaise Yosano Akiko et plus particulièrement son livre paru en 1901, « Cheveux emmêlés » qui est un véritable hymne à l’amour, à l’art et à la jeunesse.

Cheveux emmêlésDans cet ouvrage « Cheveux emmêlés », la jeune poète renouvelle l’art poétique du tanka. Il s’agit d’un poème japonais sans rimes de 31 syllabes sur cinq lignes, c’est une forme de la poésie traditionnelle waka, considéré comme l’ancêtre du haiku dont on a parlé dans les billets précédents. Le tanka est toujours considéré au Japon comme la forme la plus élevée de l’expression littéraire.  Les 399 poèmes de ce recueil évoquent l’attachement amoureux que l’auteur a envers son mari, symbole du romantisme japonais. L’ouvrage édité aux belles lettres est pour la première fois traduite dans son intégralité en langue occidentale. Six grands chapitres sont répertoriés : Pourpre, Fleurs de lotus sur l’eau, Le Lis blanc, Femme de vingt ans, Les Danseuses, et Pensées du printemps.

Yosano AkikoYosano Akiko (1878-1972), souvent considérée comme la plus grande femme poète du Japon moderne, débute sa longue carrière avec cet ouvrage, son plus célèbre recueil. Par l’audace de son écriture et son engagement, elle occupe également une place de tout premier ordre dans l’histoire des femmes japonaises. Akiko n’eut pourtant pas une enfance heureuse, elle n’a pas pu étudier comme elle le souhaitait, contrainte de travailler dans le magasin de son père, mais elle passait beaucoup de temps le soir et même la nuit à lire.

Pourpre

Rideau de la nuit
Où s’épuisent les murmures
Dans les étoiles
Tandis qu’ici-bas les hommes
Ont les cheveux en broussaille

Entends le poème !
Qui oserait nier le rouge
Des fleurs dans les champs ?
Savoureuse jeune fille
Coupable dans le printemps

Quand à l’eau je livre
Mes cheveux longs de cinq pieds
Combien sont-ils doux !
Mais mon coeur de jeune fille
Secret je veux le garder

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