Première personne du singulier de Patrice Franceschi

Patrice Franceschi est un homme étonnant dont on peut dire qu’il a eu mille vies.

De son père officier parachutiste, il a pris le goût du risque et de l’aventure.

Parachutiste, aviateur, marin, il fut aussi le premier pilote à faire le tour du monde en ULM. Il mène également des expéditions à travers le monde, des missions humanitaires dans les zones de guerre (Somalie, Afghanistan, etc.)…

L’aventure et l’humanitaire ne lui suffisant pas, Patrice Franceschi est également un écrivain reconnu qui avait déjà reçu le prix Relay en 1993 pour le roman « Quelque chose qui prend les hommes ».

premiere personne du singulier

L’année dernière, notre aventurier explore l’âme humaine confrontée à des choix impossibles dans le recueil de 4 nouvelles « Première personne du singulier ». Cette oeuvre a été couronnée par le prix Goncourt de la nouvelle 2015.

Je vous laisse vous imprégner des premières lignes de 3 nouvelles afin que vous puissiez réaliser que vous ne pouvez vivre sans lire la suite :

« Un fanal arrière qui s’éteint »

« De toutes les tragédies humaines que compte l’histoire des océans, celle vécue par le vieux capitaine Flaherty la nuit de Noël 1884 appartient sans nul doute à l’espèce la plus épouvantable qui soit. Que la fortune ait pu accabler à ce point un homme parmi les plus singuliers qui aient jamais navigué sur les océans est demeuré longtemps une énigme aux yeux de tous ceux qui furent mêlés de près ou de loin à cette tragédie. Aujourd’hui encore, dans le petit port irlandais de Gillerney où vivait le capitaine entre deux embarquements, on raconte que l’horreur de son drame personnel a hanté les nuits des hommes de son équipage jusqu’à leur dernier souffle… »

« Carrefour 54 »

« C’était mai 1940, c’était la guerre, c’était la débâcle de l’armée française … Dans le bourg de Jeanville dévasté par les bombes des Stukas allemands, les restes de l’armée du général Gouenne refluaient en désordre, et tous ces débris humains se cognaient les uns aux autres comme des morceaux de navires disloqués par la tempête ; on aurait dit que chaque vague d’arrivants submergeaient la précédente avant d’être engloutie par la suivante … »

« Le train de six heures quinze »

« Madeleine et Pierre-Joseph se sont connus quinze minutes sur le quai d’une gare parisienne. Cinq leur ont suffi pour commencer à s’aimer, dix pour que leur amour s’achève. Le destin n’a pas eu d’égard pour eux : c’était la guerre. »

Mais comme rien ne vaut les paroles de l’écrivain sur son oeuvre, je vous laisse l’écouter dans l’émission « La grande librairie », vous pouvez commencer la lecture à partir de 27’08.

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Une réflexion au sujet de « Première personne du singulier de Patrice Franceschi »

  1. L’excellente nouvelle Carrefour 54 qui raconte l’avancée des troupes allemandes en mai-juin 1940 et l’exode de la population française fait écho à Tempête en Juin, premier volet du roman Suite française, d’Irène Nemirovski, dont l’écriture et la narration se rapprochent de la nouvelle.
    Tempête en Juin a fait l’objet en 2015 d’une très bonne adaptation en bande dessinée par Emmanuel Moynot aux éditions Denoël Graphic

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