Jeux de planches de Jean-Paul Alègre

 

Jean-Paul Alègre , né en 1951, est l’un des auteurs de théâtre les plus joués en France. Ses pièces sont représentées dans 40 pays, traduites dans 25 langues et elles sont souvent reprises dans des anthologies et des ouvrages scolaires. Alègre plaît, touche, séduit par sa sincérité et l’amour qu’il porte aux gens rencontrés sur son chemin.

« Jeux de planches » fait suite à « La Ballade des planches » publié en 1997, dont le principe était simple : sept courtes scènes qui parlent toutes du théâtre et des situations absurdes qui peuvent advenir au théâtre, sont séparées par des « chants ». Le chant du tube de fond de teint, qui voudrait bien que l’on ne le rebouche pas avant l’entrée en scène, le chant du projecteur qui se refroidit dans le théâtre désert, le chant de la petite planche qui craque au centre du plateau….

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Ici dans « Jeux de planches » Jean-Paul Alègre reprend ce principe de saynètes, il triture le théâtre dans tous les sens, adopte un regard décalé sur cet univers. Il met par exemple en scène Le Premier Mot, Le Corps du texte et le Mot de la fin où chacun exprime ses difficultés propres à son rôle, et finit par se disputer… le dernier mot !

Dans une autre saynète, Jean Lauteur (auteur dramatique), Pascal Lejuge (critique) et Mlle Aumône (fonctionnaire) entament une conversation, où chacun essaie de s’expliquer sur son travail mais cela tient plutôt du dialogue de sourd.

Il est drôle de voir Mlle Aumône se présenter, « Guillemette Aumône, sous-directrice au troisième secteur du deuxième bureau du secrétariat adjoint à la direction du Théâtre et Autres Activités Peu Rentables au ministère de la Culture, de Ce qu’il en reste, des Loisirs et du Temps Perdu», puis décrire où se trouve son bureau (il faut s’ imaginer un labyrinthe pour y parvenir) et à quel moment il est possible de la voir (là aussi accrochez-vous !).

Après avoir longuement détaillé à Jean Lauteur que toutes les pièces devant constituer son dossier de demande de subvention étaient bien dans les règles, elle lui annonce, satisfaite et enthousiaste, que sa demande n’a pas été retenue, puisqu’il commence à se faire un nom et qu’il n’a donc pas besoin de leur aide !!!

On le voit, Jean-Paul Alègre prend un ton caustique mais plein d’humanité pour décrire ce milieu qu’il connaît bien.

Célia

[Source image: Pixabay-PIRO4D et Electre]

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