Nuit et brouillard : Aloïs Nebel de Tomas Lunak

 

Aloïs Nebel  ressemble à un OVNI dans le cinéma d’animation. D’un point de vue esthétique  il se situe dans la lignée de Valse avec Bachir. Adaptation de  la bande-dessinée éponyme de deux auteurs tchèques, Jaroslav Rudiš (scénario) et Jaromír Švejdík (dessin), Aloïs Nebel a été nommé à l’Oscar du meilleur film étranger en 2012. Découvrez ici la bande-annonce.

alois nebel

Prenons le train pour la Tchécoslovaquie, en 1989. C’est l’histoire d’Aloïs, chef de gare un peu perdu dans la station déserte de Bily Potok. Enfermé dans sa névrose, il lit les horaires de trains pour se calmer. Lorsque le brouillard se lève (« Nebel », en allemand) il est envahi par des souvenirs le ramenant à sa petit enfance,  où il vécut un traumatisme de séparation. Aloïs se remémore ces instants.

Il fait même un séjour en hôpital psychiatrique où l’on fait subir des électrochocs aux patients. Il envisage de changer d’emploi, mais on n’a rien à lui proposer.

Aloïs réalise alors son rêve qui est de se rendre à la gare de Prague, où il fait la rencontre de joyeux amis fêtant l’élection de Vaclav Havel. Il rencontre aussi Kveta, véritable rayon de soleil dans un destin qui semble assez sombre et dépourvu d’espoir.

Graphiquement, c’est très beau. Le procédé utilisé est celui de la rotoscopie qui consiste à retravailler et retoucher des prises de vues réelles, tournées avec des acteurs, ce qui donne du corps aux personnages. Historiquement, cela nous ramène à une époque pas si lointaine, d’une Tchécoslovaquie encore hantée par le souvenir des atrocités de la Seconde Guerre Mondiale.

Célia

[Source ill. : Pixabay(Fotoworkshop4You)]

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