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K-19, le piège des profondeurs

La mer est par excellence le lieu de toutes les aventures. Si beaucoup de films ont traité des joutes sur l’eau (Les Révoltés du Bounty, Pirates, Master and Commander…), d’autres réalisateurs se sont plongés dans le monde sous-marin pour offrir des huis-clos de (grande) qualité. Aujourd’hui, focus sur le très bon film de Kathryn Bigelow : K-19, le piège des profondeurs.

En 1961, alors que le monde est plongé en pleine Guerre Froide, Alexei Vostrikov est le capitaine d’un sous-marin nucléaire. Il découvre en pleine navigation que le système de refroidissement du réacteur est en panne, pouvant provoquer une explosion et marquer le début des hostilités avec les USA. L’équipe à bord doit donc trouver des solutions pour empêcher une catastrophe majeure de se produire.

Ce résumé donne l’impression que ce film a été vu et revu, parfois dans des téléfilms de piètre qualité. Cependant ici deux facteurs majeurs permettent à l’histoire de devenir un très bon film : la réalisatrice et les acteurs.

Kathryn Bigelow est en effet le premier atout. Ayant à son actif plusieurs films d’action intéressants, dont le très bon Zéro Dark Thirty, elle réussit  dans K-19 à rendre l’atmosphère particulièrement oppressante tout en filmant avec brio l’intérieur du sous-marin et surtout son atmosphère. De la chaleur au froid en passant par le manque d’oxygène, le spectateur est littéralement enfermé avec les marins dans ce sous-marin qui devient piège mortel pour l’équipage et pour l’humanité. Le jeu sur les couleurs, le champ / contre-champ, est constant et donne un film qui resserre peu à peu son étau autour des spectateurs.

Les acteurs participent également activement à la réussite du film. De Liam Neeson à Peter Sarsgaard en passant par Harrison Ford (ben oui, quand même !), les acteurs trouvent une alchimie mettant en avant l’entraide qu’ils devront développer pour s’en sortir. Aucune fausse note dans les différents jeux et une intensité croissante jusqu’au dénouement.

En bref, un film de suspense marquant qui méritait mieux que sa bande-annonce (non, pas de lien parce qu’elle est vraiment trop mauvaise !).

Bon visionnage !

Corisande
Corisande

(Crédits photos : tpsdave – Pixabay / Allociné)

La Mort s’invite à Pemberley… en images !

Si vous nous suivez depuis plusieurs années (ne dites pas non, on commence à bien se connaître ! ), vous vous souviendrez sûrement de cet article sur le roman policier La Mort s’invite à Pemberley de P. D. James.

Bon, étant fan de Jane Austen depuis à présent un certain temps (ou temps certain), certaines choses m’ont déplu dans cette suite, comme par exemple le comportement des personnages féminins (Charlotte Lucas mesquine et Elizabeth calculatrice, vraiment ? ). Mais cette suite posait certaines bonnes questions et montrait les conséquences des choix faits par les personnages principaux.

Aujourd’hui, intéressons-nous à l’adaptation télévisuelle de ce roman, Pemberley, réalisée par Juliette Towhidi.

Cette mini-série reprend fidèlement l’intrigue du livre, à savoir le meurtre du capitaine Denny, ami fidèle de Wickham, alors que les deux hommes se disputaient dans la forêt. Les éléments et l’avis général pointent vers Wickham, mais est-il vraiment le coupable ? (Je ne dirai rien ! ) Cette affaire remue toute la famille de Pemberley à la veille de leur grand bal annuel et est l’excuse pour une remise en question des différents protagonistes.

A l’image du livre, cette mini-série est fortement axée sur les personnages masculins, avec un Mr Darcy que l’on suit non plus à travers les yeux d’Elizabeth mais pour lui-même. Mr Wickham est également très intéressant avec ses contradictions et choix toujours mauvais (il faut bien le reconnaître !). Mais le plus intéressant reste la description de l’époque, de ses enquêtes et ses tribunaux, éléments que l’on ne trouve jamais dans l’oeuvre de Jane Austen.

Et cette adaptation télévisée a l’avantage d’offrir pléthore d’acteurs anglais vraiment très bons. On commence le passage en revue ? C’est parti ! Mr Darcy, joué par le talentueux Matthew Rhys, est plus connu pour son rôle d’espion russe dans la série The Americans. Anna M. Martin quant à elle a joué dans la mini-série Nord et Sud, le film Jane (tiens tiens)… J’ai également reconnu Joanna Scanlan dans son rôle de Tanneke dans La jeune fille à la perle. Je finirai par Matthew Goode, que j’espère vous connaissez pour ses rôles dans Downton Abbey, Stoker, Donne-moi ta main, Belle, The Good Wife… Et bientôt il sera dans la saison 2 de The Crown !!!

Bref, un bon moment dans l’Angleterre de la première moitié du XIXème siècle avec de très bons acteurs. Tentés par une petite bande-annonce ? Suivez le guide !

N’hésitez pas à partager votre avis sur cette mini-série !

Corisande
Corisande

 

 

 

(Sources images : Chatsworth House, isotopicgas – Pixabay / jaquette, Amazon)

Olive Kitteridge d’Elizabeth Strout

Il y a ces livres intrigants qui demandent à tourner la page. Il y a ces livres légers qui donnent une couleur enjouée au quotidien. Et puis il y a ces chef-d’œuvres, ces livres qui ne parlent de rien d’autre que de la vie dans tout ce qu’elle a de banale mais majestueuse. Olive Kitteridge d’Elizabeth Strout fait définitivement partie de cette dernière catégorie.

Prix Pulitzer en 2009, ce livre est en fait un recueil de 13 nouvelles, 13 histoires plus ou moins liées qui mêlent différents personnages, leurs espoirs, leurs désillusions. Le personnage central est Olive Kitteridge, professeure, qui vit avec son mari et son fils dans une petite ville côtière américaine. Elle n’est pas gentille, plutôt franche et dure, mais marque profondément les gens qu’elle côtoie. Le lecteur suit sa vie durant 25 ans, avec ses mariages, ses décès et ses rencontres, et surtout ce mal-être.

Ce qu’aucun résumé ne peut rendre est le style d’écriture de l’auteure. D’une limpidité et d’une beauté sans pareil, elle offre une lecture simple et pourtant émouvante, où les sentiments sont aussi tangibles que les pages que le lecteur doit tourner. Cette écriture est d’autant plus étonnante que les propos échangés sont parfois durs, et prouvent combien le désespoir et la solitude peuvent influer sur de nombreuses vies. Mais quand l’humour noir et l’ironie, propres à Olive, parsèment les dialogues, le demi-sourire n’est jamais loin.

 

Frances McDormand est Olive Kitteridge

Cette oeuvre a également été adaptée par HBO dans une mini-série éponyme, avec dans le rôle titre Frances McDormand. A la beauté de la langue du livre font écho la beauté des images dans la mini-série, avec de larges plans sur la nature environnante.

J’ai trouvé le personnage d’Olive plus sombre, plus dur encore que dans le livre, mais peut-être est-ce parce que les dialogues résonnent d’autant plus à l’écran. L’actrice, qui a gagné un Oscar pour son rôle dans le film Fargo, est absolument renversante.

Retrouvez une bande-annonce ici

 

Cette mini-série m’en a rappelé une autre, Mildred Pierce, elle aussi adaptée d’une oeuvre littéraire (un roman écrit par James M. Cain) : à nouveau un destin de femme, avec une autre grande actrice au casting – Kate Winslet.

Alors, je ne sais pas si vous êtes d’attaque pour un livre et/ou une mini-série immensément beaux mais immensément mélancoliques, mais essayez quand même : ça vaut le coup ! Et surtout dites-moi ce que vous avez pensé d’Olive !

Corisande
Corisande

 

 

 

(Crédits photo : Electre / Canal+)

C. J. Sansom au temps d’Henry VIII

Aujourd’hui, focus sur une série de romans policiers que j’adore particulièrement. Partons à la découverte des aventures/enquêtes du héros Matthew Shardlake, sous la plume de C. J. Sansom.

Pour être franche, je ne raffole pas des romans policiers en général, à part les Hercule Poirot d’Agatha Christie qui réservent de belles surprises dans la description de l’Angleterre. Mais cette série de 6 romans (pour l’instant) est tellement fouillée historiquement qu’à mes yeux l’intrigue policière devient secondaire au profit d’une plongée au temps d’Henry VIII. Car ces enquêtes permettent la mise en lumière de l’Angleterre au début du XVIème siècle.

Le lecteur suit Matthew Shardlake, avocat bossu, résoudre des enquêtes proches de la couronne. Il s’avère en effet que l’Angleterre est en pleine période trouble, avec la montée du protestantisme et les disputes pour s’accorder les faveurs du roi.

Chaque roman correspond à de grands moments dans l’histoire du règne, avec pour commencer la dissolution des monastères dans Dissolution, le pouvoir entre les mains de Cromwell dans Les Larmes du diable, la visite du roi dans le Nord de son royaume dans Sang Royal, l’arrivée de Catherine Parr près du roi dans Prophétie, l’attaque de la flotte française dans Corruption et la fin du règne d’Henry VIII dans le dernier roman paru Lamentation.

Si l’avancée des enquêtes peut paraître redondante d’un roman à l’autre, le rendu de l’époque, des villes, des personnages et des intrigues est tout bonnement incroyable. Vous pouvez d’ailleurs retrouver sur le site officiel de C. J. Sansom plusieurs cartes qui permettent de visualiser de façon très précise les lieux de l’intrigue (à la manière des cartes dans les romans de fantasy – et je trouve que les cartes devraient devenir obligatoires pour certains romans !)

Mais ces histoires ne seraient rien sans les questionnements qu’elles soulèvent : que faire quand un roi est aussi changeant ? Que faire quand les anciennes croyances, qui étaient des piliers, sont mises à mal ? Comment rester fidèle à ce que l’on croit sans mettre sa vie en danger ?

Laissez-vous tenter par les aventures de Matthew Shardlake (moi je vais courir lire le dernier titre !) et n’hésitez pas à partager vos coups de cœur pour des romans policiers et historiques !

Corisande

(Crédit photos : Abbaye de Whitby : Bodsa – Pixabay / Electre)

Noblesse oblige ou les 8 vies d’Alec Guiness

L’humour noir anglais réserve de nombreuses pépites, autant dans le cinéma contemporain qu’au début du cinéma. Le film Noblesse oblige de Robert Hamer, datant de 1949, est un des classiques du genre.

Au début du XXème siècle, le 10ème duc de Chalfont, Louis Mazzini, est emprisonné pour meurtre. Il décide alors d’écrire ses mémoires, où il raconte comment il est passé de simple roturier à duc de Chalfont. Fils d’une descendante de duc, cette dernière est reniée par sa famille pour avoir épousé un homme sans argent. Elle meurt sans jamais obtenir que son fils puisse entrer dans cette famille. Louis Mazzini ne s’avoue pas vaincu : il ne veut plus simplement être accepté par cette famille qui le méprise mais devenir duc (à la place du duc !). Pour cela, il devra éliminer 8 personnes qui le séparent de ce titre tant convoité. Emprisonné pour un meurtre qu’il n’a pas commis (pour une fois !), il va alors raconter comment il a mis ses plans à exécution.

Inutile de souligner que Noblesse oblige respire l’humour noir et réserve de nombreuses surprises, dont l’une (qui n’est pas des moindres !) réside dans le casting pour le moins… étonnant ! Car l’acteur Alec Guiness joue les rôles de chaque membre de la famille qui est assassiné, ce qui représente tout de même pas moins de 8 personnages, dont une femme ! L’acteur arrive à rendre crédible chaque personnage et à les rendre comique même si le spectateur sait déjà que la mort les attend (mais grâce à quel « accident malheureux », cela il l’ignore).

Cliquez ici pour avoir un avant-goût (attention, c’est la bande-annonce originale !)

Et vous, quels films à l’humour noir vous ont particulièrement plu ?

Corisande

(Crédits photo : Mrs Brown – Pixabay / Allociné)

De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages

La période des vacances arrive. Aussi, je vous propose aujourd’hui de découvrir un livre que je conseille à tous les voyageurs (et même à ceux qui n’ont pas la chance de partir en vacances) : De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages de Matthias Debureaux.

Car le voyage en lui-même ne serait rien sans les préparatifs qui l’accompagnent et surtout, surtout… sans les innombrables discussions autour de ce périple lors du retour à la maison. Vous aviez peur d’être intéressant en racontant votre plus grand moment ? Vous tremblez d’effroi à l’idée d’oublier ne serait-ce qu’une seconde de votre voyage ?  Alors, ce petit manuel est fait pour vous ! L’auteur donne de précieux conseils pour tous ceux qui souhaitent devenir les pires narrateurs de leurs aventures, et par ricochet des conseils également pour ceux qui sont invités à la soirée de retour du-dit voyageur.

Aurais-je oublié de vous dire que ce livre est aussi drôle qu’irrévérencieux ? Alors oui, l’auteur pousse sciemment le trait, mais vous trouverez forcément une anecdote qui vous fera penser à des personnes que vous connaissez (ou vous-même !) Le rire fuse dès la quatrième de couverture avec seulement deux phrases courtes qui font mouche : « Chaque année, un milliard de touristes parcourent le monde. En 2020, ils seront un milliard et demi à vous assommer avec leur récit de voyage. » Et pour les voyageurs, sachez que Sylvain Tesson a bien ri en lisant ce livre (ça peut rassurer, tout de même).

Vous pouvez également aller voir une interview très intéressante de l’auteur et de son éditeur ici.

Bonne lecture (et je vous laisse découvrir la première phrase de l’oeuvre qui donne le ton… Ah, Joachim du Bellay !)

Corisande

(Crédits photos : Ertz – Pixabay / Electre)

Anthologie : les mets par le menu

Bonjour chers Voyageurs,

Je vous emmène aujourd’hui pour un petit voyage gustatif chez différents auteurs, anciens, contemporains, français, étrangers… Comment ? Mais grâce à une anthologie évidemment ! Et pas celle que vous croyez : celle-ci s’intitule Les Mets par le menu.

Dans ce livre, Sandrine Fillipetti permet aux lecteurs de picorer tout un repas chez les grands auteurs . De la soupe (du matin ou au caillou, au choix), en passant par les pâtés à la russe, les écrevisses cardinalisées, le filet de porc à la caraïbe pour finir par l’Angélique de Niort à la sybarite, vous pourrez lire toute la gastronomie dans ce livre. Que cela soit sous forme de dialogues entre protagonistes, de scènes descriptives ou de poème à la gloire de la noix (et pourquoi pas ???), ce recueil met autant en lumière de grands textes classiques que la beauté de la gourmandise sous toutes ces formes.

Je ne résiste pas à vous faire profiter du début du texte sur « La bouillabaisse du père Micoulin » d’Emile Zola :

C’était toute une histoire que cette bouillabaisse en plein air. D’abord, Micoulin rentra dans la barque et alla retirer seul ses jambins, qu’il avait placé la veille. Quand il revint, Naïs avait rattaché des thyms, des lavandes, un tas de buissons secs suffisant pour allumer un grand feu. Le vieux, ce jour-là, devait faire la bouillabaisse, la soupe au poisson classique, dont les pêcheurs du littoral se transmettent la recette de père en fils. 

Vous voulez en savoir plus sur cette bouillabaisse du père Micoulin ? Je vous invite alors à parcourir ce magnifique recueil autour de la gastronomie et à me faire partager vos lectures préférées !

Bonne dégustation (par pages interposées !)

Corisande

(Crédits photos : Couverture : Electre / Piyalis14 – Pixabay)

Eddie the Eagle de Dexter Fletcher

Bonjour chers Voyageurs,

Pour illustrer le voyage Monde à l’envers aujourd’hui, pas une oeuvre forcément hilarante, mais une histoire qui commence presque à l’envers… Je vais vous parler du film Eddie the Eagle de Dexter Fletcher.

Eddie Edwards vit au Royaume-Uni et ne rêve que d’une chose : participer à des Jeux Olympiques. Il s’entraîne alors à plusieurs sports différents pour avoir une chance d’être qualifié. Après avoir été recalé pour le ski et prêt à abandonner son rêve, il décide de commencer le saut à ski car il n’y a aucun champion en Angleterre et les frais sont moindres. Il rencontrera alors un ancien champion qui l’aidera à s’améliorer pour avoir enfin une chance de participer aux Jeux Olympiques d’hiver de Calgary de 1988.

Ce film est une vraie bouffée d’oxygène, avec un casting attachant (Hugh Jackman au top, vraiment !) et une musique elle aussi très entraînante (j’y ai entendu des références à la musique des Chariots de feu, à vous de juger). Qualifié de « Fell good movie » par la critique, le spectateur ne peut en effet qu’espérer l’accomplissement du rêve d’Eddie.

Cette histoire est d’autant plus extraordinaire que le héros est réel, même si, comme il le dira lui-même, le film ne ressemble qu’à 10% à la réalité : Eddie Edwards a vraiment voulu participer aux Jeux Olympiques d’hiver, mais par manque d’argent, il passe du ski au saut à ski. Je vous invite à aller visiter son site officiel (in english dans le texte) pour en savoir plus sur son histoire et ses engagements.

Alors avis à ceux qui n’ont pas le vertige (et même ceux qui l’ont, avec un petit effort, ça devrait aller !), empressez-vous de visionner ce film aussi drôle qu’émouvant !

Corisande

(Crédits photos : 3dman_eu – Pixabay / Allociné)