Tous les articles par Elias

Vin, gastronomie et bande dessinée

 

Alexandre Dumas a dit « Le vin est la partie intellectuelle d’un repas. Les viandes et les légumes n’en sont que la partie matérielle. »

Tout est dit !

Un bon vin choisi judicieusement, donne une nouvelle dimension à la dégustation d’un plat. Le vin est un incroyable révélateur de saveurs. Il participe à souligner certains ingrédients, à dévoiler des arômes (que les plats contiennent discrètement ou de nouveaux).

Sa composition, son cépage, sa vinification confèrent au vin une identité propre selon les terroirs. C’est elle qui apportera une « tonalité » toute particulière au plat en l’agrémentant de touches tantôt racées, veloutées, légères . Lors du repas, la perception du goût est différente, plus subtile.

Apprécier un bon vin  requiert de l’expérience, de la concentration et un bon palais ! Le vin c’est tout un art ! En tout cas c’est aussi une science : l’œnologie. Le vin est intimement lié au métier de vigneron bien entendu. Ce métier de passionnés perpétue un savoir-faire, se renouvelant sans cesse. Là est tout le défi du vigneron : s’inscrire dans la tradition tout en répondant aux exigences  des marchés actuels!

Bref, je m’égare mais il y a tellement à dire sur l’univers viticole !

En tout cas certains auteurs de bandes dessinées sont du même avis. Ils  rivalisent d’imagination pour évoquer ce milieu et lui rendre hommage !

Voici trois références du genre :

Les ignorants d’Etienne Davodeau

C’est un roman graphique original relatant une rencontre tout à fait singulière, celle d’Etienne Davodeau (auteur de BD donc) et du vigneron Richard Leroy.

Tous les deux sont amis mais ne connaissent pas réellement l’activité professionnelle de l’autre. Ensemble ils se lancent un défi : se transmettre leurs passions et faire découvrir leurs métiers respectifs. L’expérience a duré une année et reste mémorable pour chacun d’entre eux !

Les gouttes de Dieu de Tadashi Agi et Shu Okimoto

C’est un manga captivant en 44 tomes. Nous suivons l’histoire de Shizuku dont le père Yutaka Kanzaki est un célèbre œnologue et propriétaire d’une collection de vins exceptionnelle. Lorsque ce dernier décède, il laisse un testament plutôt singulier. Sa très riche cave reviendra à celui des ses fils qui saura résoudre 12 énigmes sur 12 vins et identifier le 13e, Gouttes de Dieu. Shizuku qui avait refusé de suivre l’enseignement de son père sur le vin par rébellion, se trouve maintenant en compétition avec son frère adoptif qui est devenu un sommelier réputé…

Châteaux Bordeaux d’Eric Corbeyran et Espé

A la mort de leur père, les trois enfants Baudricourt héritent de l’exploitation familiale, un vaste domaine situé au coeur du Médoc. Alexandra voit dans cet héritage l’opportunité de rebâtir sa vie sur les terres de son enfance. Pour réussir elle doit tout apprendre et faire face à l’hostilité de son entourage.

Bonne lecture !

et bonne dégustation !

Elias
Elias

Elias

(sources photos : alohamalakhov-Pixabay, Electre)

La trilogie de Riff Reb’s

 

Partons aujourd’hui à l’aventure avec Riff Reb’s !!!

Riff Reb’s est à la fois auteur de bande dessinée, illustrateur d’albums jeunesse et collaborateur occasionnel pour diverses parutions. Bref, c’est un artiste plutôt sollicité et créatif !

Riff Reb’s est aussi et surtout l’auteur d’une remarquable trilogie en BD dédiée à la littérature maritime. Chacun des tomes est en fait une adaptation en one-shot d’un roman ou de nouvelles.

Et pas des moindres !

Pêle-même, nous croisons au fil de ces trois BD les récits de Jack London, Robert Louis Stevenson, Victor Hugo, Pierre Mac Orlan

L’univers graphique de Riff Reb’s se marie à merveille avec chacun d’entre eux. L’utilisation de la bichromie participe à révèler les diverses ambiances animant ces histoires. Le trait semi-réaliste de Riff Reb’s rend le faciès des personnages très expressif. Ces individus rongés et usés par la vie en mer, apparaissent bien souvent sinistres et tourmentés quand ils ne sont pas en proie à la folie..

La mer s’immisce toujours en toile de fond dans les visuels et la narration. Tantôt déchaînée ou calme en apparence, elle semble toujours intimidante pour ne pas dire inquiétante et oppressante…

Voici une courte présentation de chaque tome :

A bord de l’Etoile Matutine (librement adapté du roman de Pierre Mac Orlan)

Nous suivons l’histoire d’un jeune voyou et criminel qui, pour échapper à la justice, décide d’embarquer à bord d’un navire. L’aventure commence pour lui…

 

Le loups des mers (librement adapté du roman de Jack London) :

La raison du plus fort : telle est la devise de Loup Larsen, capitaine de la goélette phoquière Le Fantôme. Recueilli à la suite d’un naufrage, Humphrey Van Weyden, un homme de lettres, va être contraint de vivre dans l’enfer de la goélette du violent Loup Larsen…

 

Hommes à la mer (huit nouvelles librement adaptées)

Huit récits graphiques tirés de nouvelles d’auteurs célèbres, dont l’action se déroule sur les océans et entrecoupés de doubles pages illustrées de grands textes : Kernok le pirate, Le sphinx des glaces…

 

Bonne lecture !

Elias

Elias
Elias

(sources visuels : electre)

Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro

 

Alors qu’il se présente à la caisse d’un magasin pour régler ses courses, Fabrice réalise l’impensable. Il a oublié sa carte de fidélité dans la poche de son autre pantalon !!! Comment a-t-il pu ??? Qui pourrait comprendre ???

Gardant tant bien que mal son sang-froid, il tente de s’expliquer auprès de la caissière. La tension monte d’un cran lorsqu’un vigile intervient. C’est clair désormais, Fabrice est dans de sales draps…

Le vigile tente de l’interpeller mais Fabrice réagit en s’armant d’un poireau tout juste acquis ! Puis, la situation dégénère complètement. Le vigile menaçant, annonce même au client qu’il s’apprête à réaliser une roulade arrière (figure qu’il maîtrise pourtant moyennement) mais en vain… Fabrice s’enfuit du magasin (en marchant très rapidement comme quelqu’un qui court).

En quelques secondes seulement Fabrice, auteur de BD sans histoires, est devenu l’ennemi public n°1…

Entamant une fuite effrénée (parfois en voiture mais plus souvent à pied), le fugitif solitaire part à la recherche d’une planque, dans un endroit perdu et coupé monde. Il choisit la Lozère…

Zaï Zaï Zaï Zaï (un titre qui parlera à tous les fans de Joe Dassin et ils sont nombreux) est un road movie farfelu délirant et jubilatoire!

Au fil des pages, Fabcaro nous inondent de répliques et de dialogues aussi absurdes qu’insensés pour notre plus grand bonheur! Chaque planche est prétexte à un nouveau gag mettant en scène Fabrice ou d’autres personnages en marge de l’histoire.

Le comportement et les commentaires de ces individus révèlent les travers de notre société. Avec Zaï Zaï Zaï Zaï, l’auteur se moque gentiment de ces concitoyens en détournant les grands débats qui animent la France d’aujourd’hui : impact des médias, oppositions politiques, intégrations des minorités, tensions sociales, individualisme…

Bref si vous appréciez l’humour absurde et la satire sociale (et Joe Dassin), je vous recommande vivement la lecture de cette bande dessinée d’humour!

Et puisque vous avez pris le temps de lire mon billet, voici une petite récompense, quelques planches de Zaï Zaï Zaï Zaï !!!

Bonne lecture !

Elias

Elias
Elias

(sources photos : electre – actuabd.com – BDZoom)

 

Wayne’s World de Penelope Spheeris

 

Récemment j’ai fait du tri dans ma collection de cassettes vidéos (pour vérifier qu’elles soient bien rembobinées) et je suis tombé sur un film que je n’ai pas visionné depuis des années… Je l’ai regardé pourtant des dizaines de fois lorsque j’étais adolescent. C’est un film mythique avec des répliques mémorables. En voici quelques unes, reconnaissez-vous ce film?

(Pour info, ce jeu ne présente aucun intérêt puisque la réponse est le titre de l’article.)

« Un jour elle sera mienne, oh oui ! Un jour elle sera mienne ! »

« Qu’est-ce qu’il y a Chouchou ? Quoi ? Les plutoniens ont enlevé Wayne ? Ah non, j’avais mal compris… Wayne est dehors. »

« Garth ! t’as fait un haiku ! … Excellent ! »

« -Stacy, on s’est séparés depuis deux mois, tu sais ça ?                                                                               -ça veut pas dire qu’on peut pas sortir ensemble                                                                                             -Mais si au contraire, c’est exactement ça la séparation »

« Garth ! le mariage dans plusieurs pays est un substitut à la peine de mort ! »

« Vous trouvez ça normal ? pourquoi il est venu avec des contrats lui… Vous avez vu la 4ème dimension ? Celui où le type signe un contrat et on lui coupe la langue. Elle meure pas, elle devient énorme et turgescente et elle fait des bébés langues. Plutôt cool non? »

J’espère que ce florilège de répliques permettra à ceux n’ayant jamais vu Wayne’s World de mieux cerner le ton du film…

Présenter et résumer Wayne’s World en quelques lignes est une entreprise délicate et compliquée mais je vais tenter… Non je plaisante, le synopsis est très simple : c’est une histoire d’amitié sur fond de Rock’n’Roll (il y a également un peu de romance) !!!

Wayne’s World est une comédie culte du début des années 90 dans laquelle on suit le quotidien mouvementé de Wayne Campbell et Garth Algar. Tous deux partagent la même passion dévorante pour la culture Rock et animent une émission télévisée sur une chaîne locale d’Aurora dans la banlieue de Chicago, elle s’appelle Wayne’s World (d’où le titre du film, choix judicieux). La réalisation est quelque peu artisanale mais le dynamique duo assurent lors de ses prestations ! Cette notoriété naissante attise la convoitise d’hommes d’affaires peu scrupuleux…

Et puis Wayne rencontre Cassandra, c’est le coup de foudre ! Il est temps pour lui de sortir de l’adolescence et de s’émanciper…  L’émission Wayne’s World est-elle menacée ??? Qu’en est-il de l’amitié entre Wayne et Garth ???

Wayne’s World est un film qui vous fera (surement) rire et bouger la tête frénétiquement (comme tout bon rockeur chevelu devant un mur d’enceintes)!

Pourquoi rire? Parce que le film est drôle tout simplement ! Les personnages sont gentiment déjantés, inconscients, pas vraiment responsables mais très sympathiques. Bref, à l’image de beaucoup d’entre nous à l’adolescence (et même un peu plus tard). L’humour est absurde, loufoque, présent dans chaque séquence, efficace en somme.

Et puis vous bougerez frénétiquement le tête à l’écoute de la bande sonore du film ! Elle est composée de titres de Jimi Hendrix, The Red Hot Chili Peppers, Queen et d’Alice Cooper !!! De nombreux clins d’œil à la scène Rock sont d’ailleurs disséminés dans ce film !

Cliquez ici pour visionner un extrait.

Pour être honnête, Wayne’s World a quelque peu vieilli… Il fête cette année ces 25 bougies.  Mais il n’a rien perdu de son énergie et constitue toujours un excellent moment de détente! Pour la génération des trentenaires d’aujourd’hui, il reste indémodable !

Et puis sincèrement, un film associant le Rock’n’Roll à l’humour, quoi de plus plaisant ?

Mégateuf

Elias

(source photos : Fan de ciné – allociné)

A table avec les grands personnages de l’Histoire d’Eric Birlouez

 

Comme le souligne la citation de Brillat-Savarin « Dis moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es », le contenu de nos assiettes en dit long sur nous, sur nos modes de vies et plus globalement sur la société dans laquelle nous vivons !

A travers les âges, de nouvelles pratiques alimentaires sont apparues. Elles ont reflété  chacune en son temps, l’évolution des mœurs des populations mais également celles des grands de ce monde !

Les personnalités politiques ont d’ailleurs toujours entretenu un relation ambiguë avec l’art culinaire. Tantôt objet de gourmandise, tantôt instrument de pouvoir, la gastronomie a constamment suscité l’intérêt et l’engouement des dirigeants au cours de l’Histoire ! Et ce, aux quatre coins du monde !

En clair, pour cerner l’un d’entre eux, il faut se pencher sur « la carte des menus » de ses repas !

En tout cas, Eric Birlouez est convaincu de cela. Il en a écrit un livre : A table avec les grands personnages de l’Histoire.

Dans cet ouvrage, l’auteur nous dresse le portrait de plusieurs grandes figures de l’Histoire mondiale en axant ses propos sur leurs rapports entretenus avec la gastronomie. Il précise également le contexte dans lequel ces personnages s’inscrivent et quel rôle jouait alors la cuisine dans le quotidien de leurs semblables ou sujets.

Et « cerise sur le gâteau » pour chaque présentation, Eric Birlouez nous propose des recettes 100% authentiques datant de l’époque des personnalités !!!

Du coup, une fois que vous aurez achevé la lecture du chapitre consacré à Toutankhamon, vous pourrez vous concocter un délicieux « fois gras poêlé aux figues » à l’aide d’une fiche recette !

Une manière plutôt sympa de découvrir le vie quotidienne des égyptiens au XIVème av JC !!!

(source photo : Electre)

Elias

Mourir partir revenir, le jeu des hirondelles de Zeina Abirached

 

Avec cette nouvelle étape du voyage, nous quittons l’Allemagne de Kinderland (cliquez ici pour lire l’article) pour le Liban avec le roman graphique Mourir partir revenir, le jeu des hirondelles. Même si les deux récits sont différents sous bien des aspects, ils ont pourtant quelques points communs.

Tout d’abord les histoires se déroulent à la même époque, c’est-à-dire au cours des années 80. L’autre similarité est plus dramatique. Dans les deux récits, la population est déchirée et séparée par une ligne de démarcation… D’un côté les tristement célèbres Mur de Berlin et Rideau de fer, de l’autre la Ligne verte de Beyrouth…

La comparaison s’achève là bien entendu, le contexte n’étant pas du tout le même. Alors que dans Kinderland, la Guerre froide vit ses dernières heures, dans Mourir partir revenir, le jeu des hirondelles le territoire du Liban lui, est à feu et à sang…

Avec ce roman graphique très personnel, Zeina Abirached témoigne du quotidien de cette population civile alors plongée dans la tourmente de la Guerre du Liban. Nous y découvrons une évocation de son enfance à l’époque où sa famille habitait à Beyrouth Est.

C’est à proximité de la ligne de démarcation entre Beyrouth Ouest et Est que se déroule le récit. En 1984, les affrontements armés et les bombardements de diverses factions sont omniprésents . La vie citadine s’organise au cœur du champs de bataille…

Un jour, alors que les combats s’intensifient, les habitants d’un immeuble se retrouvent une fois encore pour se mettre à l’abri. L’endroit le plus sûr et le moins exposé est alors le hall d’entrée d’un appartement du premier étage. C’est ici que vivent Zeina et son petit frère. Ils sont seuls, leurs parents ne sont pas encore rentrés. Ils ont sans doute trouvé refuge ailleurs, les enfants l’espèrent en tout cas… Petit à petit les résidents arrivent dans l’appartement, à la grande joie des enfants. Les adultes se donnent de la peine pour créer une atmosphère chaleureuse et conviviale.

Ce roman graphique prend la forme d’un huis clos se déroulant essentiellement dans le hall de cet appartement. La tension ainsi que la peur sont palpables. Mais les personnages s’adaptent tant bien que mal à cette situation. L’entraide et la bienveillance de chacun leur permettent de résister avec dignité. L’auteure se focalise sur le ressenti de ces quelques individus tout à fait ordinaires, qui subissent le conflit à l’image de milliers d’autres. La mort plane sans cesse. La population complètement démunie, ne peut faire autre chose que survivre et espérer des jours meilleurs…

L’univers graphique de Zeina Abirached, avec cette touche orientale et l’utilisation du noir et blanc, n’est pas sans rappeler celui de Marjane Satrapi.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet épisode de l’histoire libanaise, je vous conseille également de découvrir le roman graphique et le film d’animation Valse avec Bachir d’Ari Folman en cliquant ici et là.

(sources photos : electre, pixabay-nutznutzen, allociné)

Elias.

The autobiography of me too de Guillaume Bouzard

 

Si vous êtes amateur de bande dessinée, la sortie du tout nouvel album de Lucky Luke en janvier dernier ne vous a certainement pas échappé.

Entre nous, se voir confier l’une des aventures de « L’homme qui tire plus vite que son ombre » ne doit pas être une mince affaire pour un auteur de BD ! Mieux vaut avoir une bonne expérience du métier, quelques albums de qualité à son actif et du talent (au moins un peu)!

Pas de doute Guillaume Bouzard, la référence de la BD underground française, était l’homme de la situation ! Dans son album Jolly Jumper ne répond plus, il nous offre une vision inédite et drôle de Lucky Luke. On y retrouve la touche personnelle de l’auteur, son style bien à lui. Mais quel est-il ?

Réponse, le style de Guillaume Bouzard c’est :

-Un style graphique moderne et spontané

-Une bonne dose d’humour (dans le scénario et le dessin). Un humour inspiré, absurde, présent à chaque case et super efficace!

-des références rock de -ci de-là (et que du bon : Motörhead, The Ramones…)

Pour découvrir un peu plus l’univers de Guillaume Bouzard, je vous conseille la lecture de The autobiography of me too :

C’est une trilogie en trois volumes (ce qui est tout à fait cohérent) dans laquelle Guillaume Bouzard nous confie les péripéties de son quotidien, le tout avec beaucoup d’humour et de dérision !

A noter la présence incroyable d’un chien doué de la parole nommé Floppi !!!

Bref, un moment de lecture bien sympathique !

Elias

« Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Leone

 

Voici une scène extraite de  » Il était une fois dans l’Ouest » et pas n’importe laquelle, celle de l’affrontement final entre L’homme à l’harmonica et Franck. Cette scène mythique se focalise sur un règlement de compte, à quelques minutes de la fin du film (qui dure environ 3 heures…).

Pour visionner cette scène cliquez ici

Au fil des séquences (jusqu’à cette scène), le spectateur réalise progressivement que ces personnages ont un sérieux différent, un lourd secret que l’un des deux va payer. L’homme à l’harmonica est arrivé dans la région pour régler ses comptes… L’affrontement parait inévitable et promet d’être formidable. La tension palpable tout au long du film, est sur le point d’éclater…

En découvrant cette scène, le spectateur n’est pas déçu. La confrontation est à la hauteur des espérances, les deux protagonistes sont prêts à en découdre, mais sait-on seulement pourquoi L’homme à l’harmonica défie Franck?

Le thème musical dédié au personnage à la tonalité inquiétante et fascinante, que l’on entend dès le début de la scène, nous donne un indice… L’harmonica, l’instrument est la clé du mystère…

La mélodie jouée avec cet instrument, est la marque d’une vengeance. L’homme à l’harmonica l’échafaude depuis des années… depuis son enfance…

Le morceau « L’Homme à l’harmonica » introduit donc cette scène, rythmant le jeu des deux acteurs dans une danse funèbre. Effectivement, on a réellement l’impression qu’ils entament une danse. L’alternance des plans renforce cette impression. La tension est à son comble, les regards graves nous le rappellent constamment. La musique semble porter les deux protagonistes même si les mouvements paraissent très lents et mesurés.

A deux reprises, des flash-back éclairent le spectateur sur le passé de L’homme à l’harmonica et sur les origines de sa rancœur.

L’issue est fatale pour Franck qui s’écroule à terre, une balle en plein cœur…. En portant son instrument à la bouche de Franck, L’Homme à l’harmonica révèle sa véritable identité.

Le spectateur réalise alors que cette mélodie récurrente, « sa mélodie » est intimement liée à sa vie privée. Franck le comprend aussi alors qu’il rend son dernier soupir…

Evidemment les compositions musicales d’Ennio Morricone occupent une place centrale dans la compréhension de ce film. La musique semble jouer une rôle, introduisant chacun des personnages avec un thème qui lui est propre. Bien souvent dans ce long métrage, les paroles et répliques deviennent superflus, la musique et le silence prennent alors le pas et raconte l’histoire.

Dans cette scène, les images associées à la musique nous révèlent enfin qui est L’homme à l’harmonica…

Cette scène est très certainement l’une de mes préférées, tous films confondus. Je vous conseille donc vivement de découvrir ou redécouvrir le chef-d’oeuvre de Sergio Leone et sa bande-originale signée Ennio Morricone!

Elias

(source photo : Allociné)