« Si je n’avais pas été romancier, j’aurais probablement été metteur en scène. Mais alors, j’aurais voulu réaliser la mise en scène entière, c’est-à-dire, écrire mon histoire pour le cinéma directement et faire mon film de A jusqu’à Z… »
A travers ces quelques mots adressés à Robert Sadoul lors d’un entretien pour « Radio Lausanne », Georges Simenon exprimait son intérêt pour cette industrie cinématographique qu’il a pourtant longtemps délaissée…
Cependant, plus encore que Balzac, Dumas, Zola ou Maupassant, c’est Georges Simenon qui est l’écrivain le plus adapté par le cinéma français.
Et, en effet, les cinéastes se sont beaucoup intéressés à son œuvre, et ce, dès les prémices du cinéma parlant au début des années 30.
Entre 1932, avec les premières adaptations des enquêtes de Maigret au cinéma, et 2008 avec la sortie de « L’homme de Londres » de Bela Tarr, c’est une quarantaine de films, ayant pour point de départ un roman de Simenon qui vont être réalisés.
Les « Maigret » sont d’ailleurs beaucoup moins nombreux que les « romans durs » à être adaptés au cinéma.
L’œuvre de Simenon a donc fréquemment inspirée les cinéastes, même si le résultat n’a pas toujours convaincu les critiques et les lecteurs… La principale des causes mise en avant, est la difficulté pour les cinéastes de « mettre en mouvement » les univers « statiques » des romans de Georges Simenon.
D’où des problèmes d’adaptation très difficiles à résoudre, la fidélité se soldant parfois par un échec cinématographique, ou la réussite du film s’obtenant qu’au prix d’importantes modifications de l’histoire d’origine au risque de décevoir les lecteurs…
Parmi ces adaptations cinématographiques, plus ou moins convaincantes, un film, « La vérité sur Bébé Donge » réalisé par Henri Decoin en 1951, se démarque par la qualité de sa réalisation, par l’interprétation remarquable du couple Gabin-Darrieux et par sa fidélité au roman d’origine.
