Voyage: L’expérience de la nature

L’expérience de la natureNous vous proposons un voyage à travers les grands espaces de l’ouest américain, grâce à la découverte d’auteurs incontournables et des gens qui vivent dans ces grands espaces. Le décor est planté maintenant place aux personnages…

lonesome dove

Lonesome Dove – Larry McMurtry

En route pour le Texas !! C’est là que vous allez découvrir la vie des cow-boys. Larry McMurtry est un romancier, essayiste et scénariste américain. Son roman, Lonesome Dove, que nous avons choisi de vous présenter a reçu le prix Pulitzer en 1986 et a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique. 

   A Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Augustus McCrae et Woodrow Call ont remisé leurs armes après de longues années passées à combattre les Comanches. En cette année 1880, pourtant, l’aventure va les rattraper lorsqu’ils décident de voler du bétail au Mexique et de le convoyer jusque dans le Montana pour y établir un ranch. Commence alors un périple inédit de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Ouest. 

 De nombreuses épreuves attendent encore le convoi lors de cet extraordinaire périple à travers l’Ouest. Les hommes devront tour à tour affronter les éléments déchaînés, des pillards et leurs propres démons. Quand, au bout d’un piste longue et périlleuse, ils arriveront enfin dans le Montana, certains manqueront à l’appel. 

Notez que Lonesome Dove a été réédité par les éditions Gallmeister en 2011 et à nouveau en 2017 dans la collection Totem. Nous vous conseillons avec enthousiasme cette maison d’édition qui effectue un travail éditorial passionnant pour les amoureux de littérature américaine. C’est par ici.

Vous trouverez un article sur l’auteur ici et un article sur la série TV ici.

  
Lonesome Dove est un roman dont on a dû mal à se séparer. Les personnages sont attachants, authentiques et truculents. Du Nouveau-Mexique au Montana on est littéralement transporté dans les grand espaces américains. Mais je n’en dirais pas plus, je vous laisse le soin de juger par vous-même…

Bonne traversée de l’ouest et bonne lecture!

Zabo 

(source: electre)

whitefish

Whitefish de Dorothy M. Johnson

Quand toi et moi étions jeunes, Whitefish de Dorothy Mary Johnson : sans en avoir l’air, un mémorial, une élégie, un récit à mi-voix sur un monde disparu, où passe l’ivresse des grands espaces, et le rire narquois des durs à qui on ne la fait pas :

« En octobre 1904, on vit s’installer dans notre bourgade en pleine expansion, des indiens, quelques trappeurs montagnards puis, étaient arrivés les authentiques pionniers, des garçons sérieux qui étaient capables de vivre du produit de leur terre, qu’ils commençaient à exploiter.

Ces hommes construisirent des maisons, s’approprièrent des parcelles de bois, bien avant l’établissement d’un cadastre. Ils avaient fait l’inventaire des richesses : du bois dans tous les coins, de l’eau, un réseau de rivières, et deux lacs, permettant de transporter les troncs jusqu’au marché, dans le sud de la vallée qui s’ouvrait au commerce.

On vit s’installer un ou deux petits magasins généraux. Quelques hommes firent venir leur femme… »

Voici la ville, Whitefish, où a grandi Dorothy M. Johnson. Ville située dans le Montana, cet état où la nature s’impose à vous. Comme vous le découvrirez dans ce livre, Dorothy M. Johnson était une femme indépendante, une écrivaine reconnue, une personnalité importante de cet esprit « Ouest américain ».  L’homme qui tua Liberty Valence, Un homme nommé Cheval, La Colline des potences sont quelques uns de ses romans à avoir été adaptés au cinéma.

(source images: Electre)

Bienvenue dans le Wyoming

 

Nous évoquons depuis quelques semaines les grands espaces américains. Arrêtons-nous un instant sur l’état du Wyoming !

Carte d’identité du Wyoming 

Capitale : Cheyenne
Nombre d’habitants : 563 000
Superficie : 250 000 m² (soit la moitié de la France)
Date d’entrée dans l’Union : 10/07/1890 (44ème état)

 

Des espaces naturels d’exception

C’est une grande région aux paysages magnifiques à la jonction des Hautes Plaines et des rocheuses. Sur ces territoires très variés, le climat est capricieux. Aride ou montagneux, il offre peu de place à l’agriculture. Le ranching (méthode d’élevage avec une faible densité d’animaux), la production de foin, de betteraves à sucre, de céréales et de laine sont les seules activités terriennes.

Le premier monument national y est consacré : Devil’s Tower. En 1872, la création du Parc National de Yellowstone marqua la naissance du concept de Parc National dans le monde. Il est le deuxième plus grand parc des Etats-Unis (presque 9000 km²). Véritable temple des phénomènes géothermiques, on peut y apprécier la beauté de presque 10 000 geysers et sources chaudes. Avec un peu de chance, on y fait la rencontre de quelques mythiques mammifères : ours noirs, élans, wapitis, grizzlis… Quelques photos ici.

Parmi les autres sites majeurs, le Parc National de Grand Teton est composé d’une impressionnante cuvette glaciaire et de nombreux lacs où l’on aperçoit des pélicans et des wapitis.

Des particularités multiples

Son nom, Wyoming, vient d’une contraction du mot indien Mecheweamiing qui signifie « Les Grandes Plaines ».

Par ailleurs, le Wyoming fut le premier état américain à accorder le droit de vote aux femmes en 1869. Il fut aussi à l’avant-garde en élisant une femme gouverneur en 1925.

Cheyenne, la capitale, est considérée comme la capitale de l’Ouest Sauvage, qui produit chaque année le plus grand rodéo du monde. On y trouve également Cody, ville mythique fondée par « Buffalo Bill », célèbre homme de spectacle.

Le Wyoming comme source d’inspiration

On connaît cet état pour ses histoires de cow-boys, trappeurs, guerres indiennes et caravanes de pionniers. Ces récits romanesques et la nature particulière inspirent fortement les artistes, écrivains et cinéastes. On le voit réellement à travers tous les documents présentés sur ce blog.

D’autres informations ici sur le site de l’Office de tourisme des Etats-Unis.

 

Epona

(sources images : une : Pixabay/tpsdave, carte et images billet : Wipikedia)

« Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Leone

 

Voici une scène extraite de  » Il était une fois dans l’Ouest » et pas n’importe laquelle, celle de l’affrontement final entre L’homme à l’harmonica et Franck. Cette scène mythique se focalise sur un règlement de compte, à quelques minutes de la fin du film (qui dure environ 3 heures…).

Pour visionner cette scène cliquez ici

Au fil des séquences (jusqu’à cette scène), le spectateur réalise progressivement que ces personnages ont un sérieux différent, un lourd secret que l’un des deux va payer. L’homme à l’harmonica est arrivé dans la région pour régler ses comptes… L’affrontement parait inévitable et promet d’être formidable. La tension palpable tout au long du film, est sur le point d’éclater…

En découvrant cette scène, le spectateur n’est pas déçu. La confrontation est à la hauteur des espérances, les deux protagonistes sont prêts à en découdre, mais sait-on seulement pourquoi L’homme à l’harmonica défie Franck?

Le thème musical dédié au personnage à la tonalité inquiétante et fascinante, que l’on entend dès le début de la scène, nous donne un indice… L’harmonica, l’instrument est la clé du mystère…

La mélodie jouée avec cet instrument, est la marque d’une vengeance. L’homme à l’harmonica l’échafaude depuis des années… depuis son enfance…

Le morceau « L’Homme à l’harmonica » introduit donc cette scène, rythmant le jeu des deux acteurs dans une danse funèbre. Effectivement, on a réellement l’impression qu’ils entament une danse. L’alternance des plans renforce cette impression. La tension est à son comble, les regards graves nous le rappellent constamment. La musique semble porter les deux protagonistes même si les mouvements paraissent très lents et mesurés.

A deux reprises, des flash-back éclairent le spectateur sur le passé de L’homme à l’harmonica et sur les origines de sa rancœur.

L’issue est fatale pour Franck qui s’écroule à terre, une balle en plein cœur…. En portant son instrument à la bouche de Franck, L’Homme à l’harmonica révèle sa véritable identité.

Le spectateur réalise alors que cette mélodie récurrente, « sa mélodie » est intimement liée à sa vie privée. Franck le comprend aussi alors qu’il rend son dernier soupir…

Evidemment les compositions musicales d’Ennio Morricone occupent une place centrale dans la compréhension de ce film. La musique semble jouer une rôle, introduisant chacun des personnages avec un thème qui lui est propre. Bien souvent dans ce long métrage, les paroles et répliques deviennent superflus, la musique et le silence prennent alors le pas et raconte l’histoire.

Dans cette scène, les images associées à la musique nous révèlent enfin qui est L’homme à l’harmonica…

Cette scène est très certainement l’une de mes préférées, tous films confondus. Je vous conseille donc vivement de découvrir ou redécouvrir le chef-d’oeuvre de Sergio Leone et sa bande-originale signée Ennio Morricone!

Elias

(source photo : Allociné)

Le Signal de Ron Carlson

Pour poursuivre votre découverte de l’ouest américain, voici un livre qui devrait vous passionner. Le Signal de Ron Carlson met en scène un couple qui part en expédition dans les montagnes du Wyoming.

Pour la dernière fois, Mack et sa femme partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée.
Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu’il exécute pour le compte d’un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Mais cette mission se révélera bien plus périlleuse que prévu : il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d’un survol de la région.

Dans ce roman, Ron Carlson nous invite à découvrir le Wyoming grâce aux magnifiques descriptions. De plus, les 6 jours de randonnée sont ponctués de flash-back qui nous aident à comprendre le couple et pourquoi il vient à se séparer.  C’est un roman qu’on lit d’une traite, où le suspens est garanti.

Bonne lecture !

Epona et Belly Boat

(sources images : Wikipedia / Electre pour la couverture)

 

L’Or de Blaise Cendrars

L’œuvre de Frédéric Louis Sauser (Blaise Cendrars) est une invitation au voyage. Le romancier et poète suisse arpente le monde et s’en inspire.  La plupart de ses ouvrages en sont les témoins : Moravagine ( 1926), Bourlinguer (1948), jusqu’au dernier Emmène-moi au bout du monde  (1956).

Publié en 1923, L’Or est dédié « à Madame Woehringen », exploratrice et « curieuses d’aventures ».

Le roman s’inspire de de l’histoire vraie de Johan Sutter, citoyen suisse comme Cendrars, et archétype du self-made man du rêve américain, qui pousse des millions d’Européens à franchir l’Atlantique et à repousser « la frontière ».

Sutter s’installe en Californie en 1840 et devient en peu de temps un des hommes les plus riches de la région, régnant sur plus de 20 000 hectares, sur un domaine agricole à qui il donne le nom de Nouvelle Helvétie.

Paradoxe de l’infortune, Sutter finira ruiné par la découverte de mines d’or, en 1848, sur ses terres. La nouvelle se répand…comme une trainée de poudres et des milliers d’hommes investissent les propriétés de Sutter saccageant les récoltes et tuant le bétail.

Jusqu’à sa mort en 1880, Sutter tentera en vain de recouvrer ses droits et sa fortune. Sa déchéance est devenue un symbole de cette ruée vers l’Ouest. Elle fut étudiée par l’universitaire américain James Peter Zollinger en 1939 par une biographie remarquable sur le plan historique, traduite en français sous le titre : À la conquête de la Californie. La vie et les aventures du colonel Sutter, roi de la Nouvelle Helvétie2.

Stefan Sweig retraça l’itinéraire de John Sutter dans la nouvelle intitulée La Découverte de l’Eldorado, issue du livre Les Très riches heures de l’humanité (1939).

La conquête de l’Ouest et la ruée vers l’or furent des sources d’inspirations pour de très nombreux écrivains, cinéastes ou chanteurs. Plus proche de nous, Pierre Guénard, jeune chanteur du groupe Radio Elvis écrivait en 2015 dans son single Juste avant la ruée, des mots que Johan Sutter aurait pu méditer :

Juste avant la ruée, la rage et l’ornement de nos cris

Car nos voix ne suffisent pas à dérouter les géants

La fièvre et la folie soulèvent-elles seules des légions de soupirs ?

Oscar

(Crédits photos : Electre & Wikimedia Commons)

Homesman de Glendon Swarthout

Homesman

Aujourd’hui nous nous tournons vers l’ouest des Etats-Unis. Sauvage et extrême, cette région inhospitalière, où la nature est omniprésente, est le passage obligé de tous ces pionniers partis chercher le bonheur promis à l’Ouest.

Homesman traite de ce sujet sous un angle particulier en narrant le destin de femmes déracinées qui quittent l’Ouest.

Résumé : le lecteur suit Mary Bee Cuddy dans son périple pour ramener vers l’est quatre femmes ayant perdu la raison. En effet la vie qu’elles ont découvertes à l’Ouest ne correspondait en rien à la vie qu’on leur avait promis. Ce voyage retour marque aussi une étape importante pour elle car elle rencontre un malfrat qui décidera de les accompagner.

Cette histoire magnifique est intéressante parce qu’elle met en avant la détresse des épouses soumises à la recherche de prospérité de leurs maris. Ce récit se pose en porte-à-faux du rêve américain. Il nous montre l’envers du décor et le difficile, voire impossible, retour à la civilisation.

Alors montez sur votre cheval et pour une fois galopez vers l’est.

Et si vous souhaitez poursuivre cette aventure passionnante, nous vous invitons également à découvrir l’adaptation en long-métrage du roman !

Un excellent film réalisé par Tommy Lee Jones s’il vous plait! On y retrouve Tommy Lee Jones dans le rôle du malfrat et Hilary Swank (Million dollar baby) dans celui de Mary Bee Cuddy.

Zabo et Elias

(Sources images : Jing – Pixabay, Editions Gallmeister, Allociné)

La Vengeance des mères de Jim Fergus

Bonjour chers voyageurs,

Partons aujourd’hui à la redécouverte de plaines que vous avez sûrement déjà traversées lors de la lecture de Mille Femmes blanches. Et oui, retrouvons avec plaisir l’univers de ce roman dans sa suite : La Vengeance des mères, écrit par Jim Fergus.

L’histoire nous emmène directement à la fin du précédent roman où une catastrophe avait bouleversé la vie du camp. Le lecteur retrouve Margaret et Susan Kelly, qui décident de venger leur famille en combattant l’armée américaine. Mais de nouvelles femmes blanches arrivent, sans connaître le massacre qui vient de se dérouler. Le lecteur suit donc à nouveau le destin de femmes blanches, qui auront le choix d’intégrer une tribu ou de repartir vers un destin bien pire.

Hymne aux Indiens d’Amérique sans pour autant oublier leur caractère guerrier, ce roman sous forme de carnets intimes donne la parole à des femmes qui découvrent un nouveau monde tout en sachant que ce monde est voué à disparaître. Et c’est bien là le grand changement par rapport au précédent roman : la catastrophe est arrivée, et l’avenir à présent semble aussi noir que l’aile d’un corbeau.

Le style du roman est tout à fait en adéquation avec son histoire, l’auteur modifiant allègrement sa plume suivant les femmes qui s’expriment. C’est cette multiplicité de points de vue qui offre sa richesse au texte, avec les préoccupations quotidiennes s’entremêlant de réflexions sur le bien et le mal, ou encore sur le pardon.

La Vengeance des mères permet au lecteur de continuer son voyage au côté de ces femmes et de découvrir avec elles un nouveau monde.

Bonne lecture à tous,

Corisande

(Crédits photos : tpsdave – Pixabay / couverture : Electre)