Voyage: L’expérience de la nature

L’expérience de la natureNous vous proposons un voyage à travers les grands espaces de l’ouest américain, grâce à la découverte d’auteurs incontournables et des gens qui vivent dans ces grands espaces. Le décor est planté maintenant place aux personnages…

« Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Leone

 

Voici une scène extraite de  » Il était une fois dans l’Ouest » et pas n’importe laquelle, celle de l’affrontement final entre L’homme à l’harmonica et Franck. Cette scène mythique se focalise sur un règlement de compte, à quelques minutes de la fin du film (qui dure environ 3 heures…).

Pour visionner cette scène cliquez ici

Au fil des séquences (jusqu’à cette scène), le spectateur réalise progressivement que ces personnages ont un sérieux différent, un lourd secret que l’un des deux va payer. L’homme à l’harmonica est arrivé dans la région pour régler ses comptes… L’affrontement parait inévitable et promet d’être formidable. La tension palpable tout au long du film, est sur le point d’éclater…

En découvrant cette scène, le spectateur n’est pas déçu. La confrontation est à la hauteur des espérances, les deux protagonistes sont prêts à en découdre, mais sait-on seulement pourquoi L’homme à l’harmonica défie Franck?

Le thème musical dédié au personnage à la tonalité inquiétante et fascinante, que l’on entend dès le début de la scène, nous donne un indice… L’harmonica, l’instrument est la clé du mystère…

La mélodie jouée avec cet instrument, est la marque d’une vengeance. L’homme à l’harmonica l’échafaude depuis des années… depuis son enfance…

Le morceau « L’Homme à l’harmonica » introduit donc cette scène, rythmant le jeu des deux acteurs dans une danse funèbre. Effectivement, on a réellement l’impression qu’ils entament une danse. L’alternance des plans renforce cette impression. La tension est à son comble, les regards graves nous le rappellent constamment. La musique semble porter les deux protagonistes même si les mouvements paraissent très lents et mesurés.

A deux reprises, des flash-back éclairent le spectateur sur le passé de L’homme à l’harmonica et sur les origines de sa rancœur.

L’issue est fatale pour Franck qui s’écroule à terre, une balle en plein cœur…. En portant son instrument à la bouche de Franck, L’Homme à l’harmonica révèle sa véritable identité.

Le spectateur réalise alors que cette mélodie récurrente, « sa mélodie » est intimement liée à sa vie privée. Franck le comprend aussi alors qu’il rend son dernier soupir…

Evidemment les compositions musicales d’Ennio Morricone occupent une place centrale dans la compréhension de ce film. La musique semble jouer une rôle, introduisant chacun des personnages avec un thème qui lui est propre. Bien souvent dans ce long métrage, les paroles et répliques deviennent superflus, la musique et le silence prennent alors le pas et raconte l’histoire.

Dans cette scène, les images associées à la musique nous révèlent enfin qui est L’homme à l’harmonica…

Cette scène est très certainement l’une de mes préférées, tous films confondus. Je vous conseille donc vivement de découvrir ou redécouvrir le chef-d’oeuvre de Sergio Leone et sa bande-originale signée Ennio Morricone!

Elias

(source photo : Allociné)

Le Signal de Ron Carlson

Pour poursuivre votre découverte de l’ouest américain, voici un livre qui devrait vous passionner. Le Signal de Ron Carlson met en scène un couple qui part en expédition dans les montagnes du Wyoming.

Pour la dernière fois, Mack et sa femme partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée.
Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu’il exécute pour le compte d’un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Mais cette mission se révélera bien plus périlleuse que prévu : il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d’un survol de la région.

Dans ce roman, Ron Carlson nous invite à découvrir le Wyoming grâce aux magnifiques descriptions. De plus, les 6 jours de randonnée sont ponctués de flash-back qui nous aident à comprendre le couple et pourquoi il vient à se séparer.  C’est un roman qu’on lit d’une traite, où le suspens est garanti.

Bonne lecture !

Epona et Belly Boat

(sources images : Wikipedia / Electre pour la couverture)

 

L’Or de Blaise Cendrars

L’œuvre de Frédéric Louis Sauser (Blaise Cendrars) est une invitation au voyage. Le romancier et poète suisse arpente le monde et s’en inspire.  La plupart de ses ouvrages en sont les témoins : Moravagine ( 1926), Bourlinguer (1948), jusqu’au dernier Emmène-moi au bout du monde  (1956).

Publié en 1923, L’Or est dédié « à Madame Woehringen », exploratrice et « curieuses d’aventures ».

Le roman s’inspire de de l’histoire vraie de Johan Sutter, citoyen suisse comme Cendrars, et archétype du self-made man du rêve américain, qui pousse des millions d’Européens à franchir l’Atlantique et à repousser « la frontière ».

Sutter s’installe en Californie en 1840 et devient en peu de temps un des hommes les plus riches de la région, régnant sur plus de 20 000 hectares, sur un domaine agricole à qui il donne le nom de Nouvelle Helvétie.

Paradoxe de l’infortune, Sutter finira ruiné par la découverte de mines d’or, en 1848, sur ses terres. La nouvelle se répand…comme une trainée de poudres et des milliers d’hommes investissent les propriétés de Sutter saccageant les récoltes et tuant le bétail.

Jusqu’à sa mort en 1880, Sutter tentera en vain de recouvrer ses droits et sa fortune. Sa déchéance est devenue un symbole de cette ruée vers l’Ouest. Elle fut étudiée par l’universitaire américain James Peter Zollinger en 1939 par une biographie remarquable sur le plan historique, traduite en français sous le titre : À la conquête de la Californie. La vie et les aventures du colonel Sutter, roi de la Nouvelle Helvétie2.

Stefan Sweig retraça l’itinéraire de John Sutter dans la nouvelle intitulée La Découverte de l’Eldorado, issue du livre Les Très riches heures de l’humanité (1939).

La conquête de l’Ouest et la ruée vers l’or furent des sources d’inspirations pour de très nombreux écrivains, cinéastes ou chanteurs. Plus proche de nous, Pierre Guénard, jeune chanteur du groupe Radio Elvis écrivait en 2015 dans son single Juste avant la ruée, des mots que Johan Sutter aurait pu méditer :

Juste avant la ruée, la rage et l’ornement de nos cris

Car nos voix ne suffisent pas à dérouter les géants

La fièvre et la folie soulèvent-elles seules des légions de soupirs ?

Oscar

(Crédits photos : Electre & Wikimedia Commons)

Homesman de Glendon Swarthout

Homesman

Aujourd’hui nous nous tournons vers l’ouest des Etats-Unis. Sauvage et extrême, cette région inhospitalière, où la nature est omniprésente, est le passage obligé de tous ces pionniers partis chercher le bonheur promis à l’Ouest.

Homesman traite de ce sujet sous un angle particulier en narrant le destin de femmes déracinées qui quittent l’Ouest.

Résumé : le lecteur suit Mary Bee Cuddy dans son périple pour ramener vers l’est quatre femmes ayant perdu la raison. En effet la vie qu’elles ont découvertes à l’Ouest ne correspondait en rien à la vie qu’on leur avait promis. Ce voyage retour marque aussi une étape importante pour elle car elle rencontre un malfrat qui décidera de les accompagner.

Cette histoire magnifique est intéressante parce qu’elle met en avant la détresse des épouses soumises à la recherche de prospérité de leurs maris. Ce récit se pose en porte-à-faux du rêve américain. Il nous montre l’envers du décor et le difficile, voire impossible, retour à la civilisation.

Alors montez sur votre cheval et pour une fois galopez vers l’est.

Et si vous souhaitez poursuivre cette aventure passionnante, nous vous invitons également à découvrir l’adaptation en long-métrage du roman !

Un excellent film réalisé par Tommy Lee Jones s’il vous plait! On y retrouve Tommy Lee Jones dans le rôle du malfrat et Hilary Swank (Million dollar baby) dans celui de Mary Bee Cuddy.

Zabo et Elias

(Sources images : Jing – Pixabay, Editions Gallmeister, Allociné)

La Vengeance des mères de Jim Fergus

Bonjour chers voyageurs,

Partons aujourd’hui à la redécouverte de plaines que vous avez sûrement déjà traversées lors de la lecture de Mille Femmes blanches. Et oui, retrouvons avec plaisir l’univers de ce roman dans sa suite : La Vengeance des mères, écrit par Jim Fergus.

L’histoire nous emmène directement à la fin du précédent roman où une catastrophe avait bouleversé la vie du camp. Le lecteur retrouve Margaret et Susan Kelly, qui décident de venger leur famille en combattant l’armée américaine. Mais de nouvelles femmes blanches arrivent, sans connaître le massacre qui vient de se dérouler. Le lecteur suit donc à nouveau le destin de femmes blanches, qui auront le choix d’intégrer une tribu ou de repartir vers un destin bien pire.

Hymne aux Indiens d’Amérique sans pour autant oublier leur caractère guerrier, ce roman sous forme de carnets intimes donne la parole à des femmes qui découvrent un nouveau monde tout en sachant que ce monde est voué à disparaître. Et c’est bien là le grand changement par rapport au précédent roman : la catastrophe est arrivée, et l’avenir à présent semble aussi noir que l’aile d’un corbeau.

Le style du roman est tout à fait en adéquation avec son histoire, l’auteur modifiant allègrement sa plume suivant les femmes qui s’expriment. C’est cette multiplicité de points de vue qui offre sa richesse au texte, avec les préoccupations quotidiennes s’entremêlant de réflexions sur le bien et le mal, ou encore sur le pardon.

La Vengeance des mères permet au lecteur de continuer son voyage au côté de ces femmes et de découvrir avec elles un nouveau monde.

Bonne lecture à tous,

Corisande

(Crédits photos : tpsdave – Pixabay / couverture : Electre)

3h10 pour Yuma

 

affiche-3h10-pour-yumaCette semaine, place à un très bon western et chose notable, il ne date pas de l’âge d’or du genre (années 50 et 60). Non le film 3h10 pour Yuma de James Mangold a été réalisé en 2007. Pour la petite histoire, c’est un remake du film homonyme datant de 1957.On y retrouve deux pointures d’Hollywood, Christian Bale (The Dark Knight) et Russell Crowe (Gladiator).

3h10 pour Yuma est une confrontation entre deux modes de vies radicalement différents que l’univers du Far West a engendré, d’un côté l’humble paysan qui s’épuise à subvenir aux besoins de sa famille et de l’autre, le dangereux hors la loi prêt à tout pour assouvir sa soif d’or et de liberté…

Christian Bale incarne le rôle du fermier Dan Evans et Russell Crowe, celui du bandit Ben Wade. Deux esprits que tout oppose, si ce n’est la quête d’une rédemption…

3h10 pour Yuma est un film sobre, rythmé, efficace, bien interprété et surtout captivant jusqu’à la dernière seconde! Voici le synopsis :

mexico-79215_960_720Rien ne pouvait préparer Dan Evans à cette rencontre inoubliable. Alors qu’il s’occupe de son bétail avec ses fils, il assiste, impuissant à l’attaque d’une diligence. La bande de Ben Wade vient encore de frapper. Le coup est une réussite. Pourtant, peu de temps après son forfait, le chef de bande est interpellé par le Shérif. L’arrestation n’est pas dû au hasard, c’est Dan Evans, homme de principe et loyal, qui alerte les autorités et participe à sa capture.

Malgré cet acte, la situation du fermier est toujours aussi misérable. Il doit de l’argent, beaucoup d’argent. Il a beau se tuer à la tâche, ses terres ne rapportent rien. Acculé et méprisé de toute part, Dan est dans l’impasse. Même au sein de sa famille, la situation se complique. Son fils se détourne de lui et sa femme ne le regarde plus vraiment…

Malgré tout, cette arrestation peut changer la donne…

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C’est officiel, Ben Wade sera pendu à la prison du comté. Pour cela, une escorte est constituée au pied levé pour conduire le bandit à la gare de Yuma. Une récompense en dollar est promise à chacun. Dan Evans se porte volontaire sans hésitation même si l’aventure s’annonce bien trop dangereuse pour un simple paysan, estropié qui plus est… L’argent l’intéresse bien sûr, mais là n’est pas le plus important. Cette affaire est devenue un affaire d’honneur et de dignité pour lui.

Il veut montrer à son fils qu’il est un homme courageux et valeureux et jusqu’où il est capable d’aller pour assurer une vie décente à sa famille…

Mais la route à destination de Yuma est longue et Ben Wade n’a pas dit son dernier mot… Il n’y a pas de temps à perdre…

Le moindre retard du « 3h10 à destination de Yuma » pourrait être fatal!

Cliquez ici pour accéder à la bande annonce.

Elias

(sources photos : allociné, Skeeze-Pixabay, tpsdave-Pixabay)

 

Connaissez-vous Pete Fromm ?

Qui d’autre pourrait aussi bien parler de Pete Fromm que son ami éditeur Olivier Gallmeister ?

« C’est un agent qui m’a fait découvrir Pete Fromm. Il était publié dans la même maison que John Voelker, Kathleen Dean Moore, Jim Tenuto et son agent a pensé que le livre m’intéresserait. Il m’en a donc envoyé une copie,  un exemplaire à la couverture affreuse comme souvent les livres aux Etats-Unis. J’ai mis six mois à me plonger dedans et ai évidemment compris tout de suite que c’était un livre parfait pour les éditions Gallmeister.

Quelques mois après, j’ai téléphoné à Pete Fromm pour l’inviter à venir passer quelques jours en France. Son agent ne l’avait pas encore averti que son livre avait été traduit et Pete m’a pris pour un fou. Vérification faite, il a compris qui j’étais et est venu en France avec sa femme Rose : ce fut le début d’une belle amitié. Je vais chez lui à Missoula pratiquement tous les étés depuis.

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Il y a deux ans, au cours d’un voyage aux Etats-Unis, nous avons été, la famille de Pete et la mienne, visiter Indian Creek où il avait passé cet hiver à garder les saumons. Dans la cabane où Pete allait pour se laver à quelques miles de là (et qui est aujourd’hui en location pour 50$ la nuit), nous avons trouvé un exemplaire d’Indian creek, annoté par de nombreux visiteurs qui laissaient la trace de leur passage sur le livre. Quand nous nous sommes approché du lieu où était planté sa tente, nous avons croisé un garde qui se tenait là. Avec un air de guide touristique, il nous dit : « Vous venez probablement voir le lieu dont parle Pete Fromm dans son livre ?

–          Euh, oui…en réalité, c’est moi Pete Fromm, a répondu Pete.

Le garde était enthousiaste ! Visiblement, le lieu était devenu une sorte de pèlerinage pour les amateurs de littérature et de grands espaces.

En réalité, Indian creek, le livre de Pete qui a eu le plus de succès aux Etats-Unis (on a même réalisé une édition de ce livre avec couverture dorée à la feuille d’or !), était un livre de commande. Ce qui intéresse Pete en tant qu’auteur est la rédaction de ses nouvelles dont il a d’ors et déjà publié 5 recueils aux Etats-Unis (deux ont été traduits en français). Pete écrit en se laissant porter par sa plume, sans bien savoir où il va, pendant quelques heures à partir de 5 heures du matin. S’il n’en a pas fini avec les personnages imaginés à l’issue de la nouvelle, il prolonge le récit dans un roman (il en a déjà écrit 3). La prose de Pete est à mon avis encore plus belle et plus travaillée dans ces textes même si Indian creek est un petit récit plein d’humour qui comme il le dit lui-même si bien : « est une version bis d’Into the wild, sauf qu’à la fin, le crétin ne meurt pas. » »

Oliver Gallmeister

Un petit extrait pour vous donner encore plus envie de le découvrir :

Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j’avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
– Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m’expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t’en constituer toute une réserve avant que la neige n’immobilise ton camion.
Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important je me lançai :
– Heu… C’est quoi, une corde de bois?

Luz

{Source photo : Electre}

Quand la nature inspire les écrivains

On le sait tous, la nature a fortement inspiré un bon nombre d’écrivains. Dans le formidable ouvrage « Quand la nature inspire les écrivains » paru en 2015, l’auteur Elisabeth Combres nous entraîne dans une promenade au fil des siècles et nous montre à quel point Dame nature a influencé les hommes de lettres du monde entier.

quand  nature inspire

De Virgile à Michel Tournier, en passant par Jean-Jacques Rousseau, Robert Louis Stevenson et Albert Camus, l’auteur nous présente 50 écrivains du monde entier. Chaque présentation a la même structure :
– portrait-paysage réalisé à l’aquarelle par Titwane
– pensée et parcours de l’auteur (2 pages)
– extrait (2 à 3 pages)

La partie consacrée à Jim Harrison s’intitule « Nature apaisante et sauvage« . On y apprend à quel point cet auteur est passionné par la nature qui l’entoure. Elevé dans une ferme du Michigan, il est véritablement en colère contre son pays qui a défiguré les grands espaces. L’extrait de Dalva qui suit est tout à fait approprié et nous emmène dans la campagne du Wisconsin.

C’est un document remarquable à la typographie élégante, qui met réellement en avant la nature et les auteurs. On savoure ici des textes qui donnent envie de lire ou relire certains auteurs.

Cliquez ici pour parcourir une partie de l’ouvrage.

En novembre 2015, à la sortie de ce document, Elisabeth Combres a donné une interview sur France Inter. A parcourir ici.

Epona

(source image : Electre)