Voyage: L’expérience de la nature

L’expérience de la natureNous vous proposons un voyage à travers les grands espaces de l’ouest américain, grâce à la découverte d’auteurs incontournables et des gens qui vivent dans ces grands espaces. Le décor est planté maintenant place aux personnages…

Le Rodéo

 La semaine dernière nous vous parlions de la musique country. Nous allons vous initier à l’art du rodéo dont les règles ne se limitent finalement pas à tenir le plus longtemps possible sur le dos d’un cheval.

Le mot rodéo provient de l’espagnol rodear qui signifie encercler, tourner autour. D’après les historiens, le Rodéo est apparu dans les années 1860-1870. A l’origine, le rodéo consiste à rassembler le bétail afin de le marquer, de le soigner ou de le vendre. Cet événement saisonnier était l’occasion d’organiser une compétition informelle entre les participants. Devant le succès grandissant de ces manifestations,  le rodéo est devenu aujourd’hui non seulement un spectacle mais  aussi une véritable compétition sportive composée de plusieurs épreuves :

Les épreuves de dressage : telle que le Bareback Riders : chevauchée a cru, sans harnais ni licou, agrippé à une poignée rivée à une sangle passant sous la panse du cheval. C’est une épreuve où le cavalier doit réussir à tenir 8 secondes sur le dos du cheval.

Les épreuves de vitesse : tel que le Barrel Racing qui consiste à courir autour de trois tonneaux selon un parcours en trèfle en un minimum de temps.

Les épreuves d’habileté : tel que le Roping : capture de veau au lasso.

A vos montures !

Calamity

(sources image : Pixabay-gay2016)

Country music of course ! Hi Ha !!!

Trouvant ses sources profondes dans les folklores irlandais et anglais, la musique Country est née dans la région des montagnes Appalaches au cours du 18ème siècle.

Créé par les immigrants anglais et irlandais, ce nouveau style musical très imprégné des folklores anglo-saxons s’est , au fil des années, considérablement enrichi et diversifié sous l’influence de nombreux autres styles musicaux populaires.

On peut définir la country music par l’addition de mélodies (que l’on retient aisément), de textes simples, une manière de chanter et surtout une voix.

Cette musique raconte des histoires de tous les jours, la musique de la terre et des hommes. Elles se ressemblent toutes un peu mais ne sont jamais les mêmes. C’est la musique du peuple pour le peuple, celle qui vient du cœur, c’est le mélange de cultures raciales et ethniques différentes. On pourrait affirmer qu’elle n’aurait jamais existé sans ce brassage anglo-irlandais, écossais, franco-acadiens, allemands, polonais, hispano-mexicains, peaux-rouges, Italiens, africains….

Cette musique accompagnait les fêtes de villages et familiales ce qui a donné naissance à la toute première danse country en couple, qui pouvait être exécuté en cercle.

C’est l’époque de la conquête de l’ouest, des cow-boys, des chevaux, des bottes en cuir, des chapeaux. Le décor de la danse country y trouve son origine.

Petit extrait pour vous mettre en appétit, c’est ICI.

Wild Bill

(sources images : Pixabay-RyanMcGuire / Pixabay-Skeeze / Pixabay-Skitterphoto)

Mille femmes blanches, Jim Fergus

« Si vous êtes une jeune femme en bonne santé, prête au mariage, et en âge de donner la vie, si vous aimez l’aventure, l’exotisme et les voyages, présentez-vous à l’adresse suivante mardi matin, douzième jour du mois de février de l’année 1875 de Notre Seigneur, à 9 heures précises. »

Jim Fergus, Mille femmes blanches, le cherche midi éditeur, 2000, p. 49.

Cette petite annonce, apparemment tirée du courrier rose d’un journal, inaugure en fait un programme atypique lancé par les autorités américaines à la fin des années 1870 : le FBI, ou « Femmes Blanches pour les Indiens » (BFI, « Brides For Indians » dans la version originale). En 1875, une vaste campagne de « recrutement » de mille femmes blanches a en effet lieu aux États-Unis. Mille femmes blanches tenues d’épouser un homme indien, dans le but officiel de sceller ainsi la paix entre les peuples, et dans celui officieux de civiliser les « Sauvages » en leur inculquant les valeurs des Blancs. Mais bien peu de véritables volontaires acceptent l’aventure, et le gouvernement américain est contraint de se tourner vers les prisons et asiles psychiatriques, où les femmes internées se voient proposer le mariage en échange de leur liberté…

Source : Electre

Une galerie de portraits de femmes

Ce premier roman de Jim Fergus prend la forme d’un journal intime, les carnets de la jeune May Dodd. Internée par sa propre famille à Chicago, celle-ci accepte en effet de partir vivre dans le Grand Ouest américain parmi le peuple cheyenne. Là, elle devient la troisième épouse du chef de la tribu, Little Wolf. Un personnage ayant réellement existé, et qui a effectivement rencontré le président Ulysses S. Grant au début des années 1870, bien qu’il n’existe aucune trace de leur échange.

À sa parole se mêlent les voix de ses compagnes d’aventure, l’occasion pour Jim Fergus de peindre une galerie de portraits de femmes singulières et attachantes. À travers leurs yeux, l’auteur nous fait découvrir les mœurs et les coutumes de la civilisation indiennes, au cœur des plaines de l’Ouest américain.

Un autre rapport à la nature

Au-delà des différences avec les « Blancs » (avec des principes  parfois étonnantes, comme l’obligation pour une femme respectable de s’asseoir les pieds tournés vers la droite dans un tipi), il nous révèle une autre façon de voir et d’appréhender l’Autre, qu’il soit animal, végétal ou inerte.

« Franchement, vu la façon dont j’ai été traitée par les gens dits « civilisés », il me tarde finalement d’aller vivre chez les sauvages. »

Jim Fergus, Mille femmes blanches, le cherche midi éditeur, 2000, p. 60.

Les Indiens entretiennent ainsi un tout autre rapport avec la nature : ils savent reconnaître et utiliser les plantes sauvages, tant en cuisine, en médecine ou en peinture, ils considèrent l’être humain non comme un être supérieur, mais comme un être parmi les autres êtres de la nature, où les frontières entre les espèces s’efface. Deux sœurs jumelles irlandaises sont assimilées à des renardes de par leur chevelure rousse et leur malice, et May Dodd à une hirondelle après un spectaculaire plongeon dans la rivière.

Les jeunes femmes se voient d’ailleurs affublées de nouveaux noms indiens, à la fois pragmatiques et poétiques, telles des paraphrases descriptives :

  • Mesoke, ou « l’Hirondelle », pour May Dodd,
  • « Celle qui tombe par terre », pour Martha, la douce mais maladroite amie de May,
  • « Celle qui peint les oiseaux », pour Helen Flight, une britannique naturaliste passionnée par les oiseaux, aux talents de peintre à faire pâlir Audubon
  • « Parle avec une voix forte » pour la solide et robuste Gretchen.

 

Renaissance de femmes, fin d’un peuple

Ces femmes, malgré ou grâce à leurs doutes, leurs appréhensions, leurs interrogations, s’adaptent peu-à-peu à leur nouvelle vie, et acquièrent courage, abnégation et respect. Une renaissance même, pour certaines, comme la jeune Sara, muette après une terrible épreuve, qui réapprend à parler auprès de sa famille indienne, ou de Phemie, ancienne esclave noire, qui devient une figure forte et admirée de tous.

Cet ouvrage, prix du Premier roman étranger en 2000 en France, met cependant en lumière une véritable tragédie : la disparition des peuples indiens. Des 12 millions présents au XVe siècle, il n’en restait plus que 200 000 en 1900, leur « liberté » contenue dans des réserves créées pour les recevoir. Une tragédie que l’auteur dépeint plus en détails dans la suite de ce premier opus, La Vengeance des mères…

FERGUS Jim. Mille femmes blanches : les carnets de May Dodd. (Traduction de Jean-Luc PININGRE). Paris : le cherche midi éditeur, 2000. 396 pages. (Collection Romans).

Mathilde Chicaud
Mathilde L’Arbre-en-ciel
lonesome dove

Lonesome Dove – Larry McMurtry

En route pour le Texas !! C’est là que vous allez découvrir la vie des cow-boys. Larry McMurtry est un romancier, essayiste et scénariste américain. Son roman, Lonesome Dove, que nous avons choisi de vous présenter a reçu le prix Pulitzer en 1986 et a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique. 

   A Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Augustus McCrae et Woodrow Call ont remisé leurs armes après de longues années passées à combattre les Comanches. En cette année 1880, pourtant, l’aventure va les rattraper lorsqu’ils décident de voler du bétail au Mexique et de le convoyer jusque dans le Montana pour y établir un ranch. Commence alors un périple inédit de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Ouest. 

 De nombreuses épreuves attendent encore le convoi lors de cet extraordinaire périple à travers l’Ouest. Les hommes devront tour à tour affronter les éléments déchaînés, des pillards et leurs propres démons. Quand, au bout d’un piste longue et périlleuse, ils arriveront enfin dans le Montana, certains manqueront à l’appel. 

Notez que Lonesome Dove a été réédité par les éditions Gallmeister en 2011 et à nouveau en 2017 dans la collection Totem. Nous vous conseillons avec enthousiasme cette maison d’édition qui effectue un travail éditorial passionnant pour les amoureux de littérature américaine. C’est par ici.

Vous trouverez un article sur l’auteur ici et un article sur la série TV ici.

  
Lonesome Dove est un roman dont on a dû mal à se séparer. Les personnages sont attachants, authentiques et truculents. Du Nouveau-Mexique au Montana on est littéralement transporté dans les grand espaces américains. Mais je n’en dirais pas plus, je vous laisse le soin de juger par vous-même…

Bonne traversée de l’ouest et bonne lecture!

Zabo 

(source: electre)

whitefish

Whitefish de Dorothy M. Johnson

Quand toi et moi étions jeunes, Whitefish de Dorothy Mary Johnson : sans en avoir l’air, un mémorial, une élégie, un récit à mi-voix sur un monde disparu, où passe l’ivresse des grands espaces, et le rire narquois des durs à qui on ne la fait pas :

« En octobre 1904, on vit s’installer dans notre bourgade en pleine expansion, des indiens, quelques trappeurs montagnards puis, étaient arrivés les authentiques pionniers, des garçons sérieux qui étaient capables de vivre du produit de leur terre, qu’ils commençaient à exploiter.

Ces hommes construisirent des maisons, s’approprièrent des parcelles de bois, bien avant l’établissement d’un cadastre. Ils avaient fait l’inventaire des richesses : du bois dans tous les coins, de l’eau, un réseau de rivières, et deux lacs, permettant de transporter les troncs jusqu’au marché, dans le sud de la vallée qui s’ouvrait au commerce.

On vit s’installer un ou deux petits magasins généraux. Quelques hommes firent venir leur femme… »

Voici la ville, Whitefish, où a grandi Dorothy M. Johnson. Ville située dans le Montana, cet état où la nature s’impose à vous. Comme vous le découvrirez dans ce livre, Dorothy M. Johnson était une femme indépendante, une écrivaine reconnue, une personnalité importante de cet esprit « Ouest américain ».  L’homme qui tua Liberty Valence, Un homme nommé Cheval, La Colline des potences sont quelques uns de ses romans à avoir été adaptés au cinéma.

(source images: Electre)

Bienvenue dans le Wyoming

 

Nous évoquons depuis quelques semaines les grands espaces américains. Arrêtons-nous un instant sur l’état du Wyoming !

Carte d’identité du Wyoming 

Capitale : Cheyenne
Nombre d’habitants : 563 000
Superficie : 250 000 m² (soit la moitié de la France)
Date d’entrée dans l’Union : 10/07/1890 (44ème état)

 

Des espaces naturels d’exception

C’est une grande région aux paysages magnifiques à la jonction des Hautes Plaines et des rocheuses. Sur ces territoires très variés, le climat est capricieux. Aride ou montagneux, il offre peu de place à l’agriculture. Le ranching (méthode d’élevage avec une faible densité d’animaux), la production de foin, de betteraves à sucre, de céréales et de laine sont les seules activités terriennes.

Le premier monument national y est consacré : Devil’s Tower. En 1872, la création du Parc National de Yellowstone marqua la naissance du concept de Parc National dans le monde. Il est le deuxième plus grand parc des Etats-Unis (presque 9000 km²). Véritable temple des phénomènes géothermiques, on peut y apprécier la beauté de presque 10 000 geysers et sources chaudes. Avec un peu de chance, on y fait la rencontre de quelques mythiques mammifères : ours noirs, élans, wapitis, grizzlis… Quelques photos ici.

Parmi les autres sites majeurs, le Parc National de Grand Teton est composé d’une impressionnante cuvette glaciaire et de nombreux lacs où l’on aperçoit des pélicans et des wapitis.

Des particularités multiples

Son nom, Wyoming, vient d’une contraction du mot indien Mecheweamiing qui signifie « Les Grandes Plaines ».

Par ailleurs, le Wyoming fut le premier état américain à accorder le droit de vote aux femmes en 1869. Il fut aussi à l’avant-garde en élisant une femme gouverneur en 1925.

Cheyenne, la capitale, est considérée comme la capitale de l’Ouest Sauvage, qui produit chaque année le plus grand rodéo du monde. On y trouve également Cody, ville mythique fondée par « Buffalo Bill », célèbre homme de spectacle.

Le Wyoming comme source d’inspiration

On connaît cet état pour ses histoires de cow-boys, trappeurs, guerres indiennes et caravanes de pionniers. Ces récits romanesques et la nature particulière inspirent fortement les artistes, écrivains et cinéastes. On le voit réellement à travers tous les documents présentés sur ce blog.

D’autres informations ici sur le site de l’Office de tourisme des Etats-Unis.

 

Epona

(sources images : une : Pixabay/tpsdave, carte et images billet : Wipikedia)

« Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Leone

 

Voici une scène extraite de  » Il était une fois dans l’Ouest » et pas n’importe laquelle, celle de l’affrontement final entre L’homme à l’harmonica et Franck. Cette scène mythique se focalise sur un règlement de compte, à quelques minutes de la fin du film (qui dure environ 3 heures…).

Pour visionner cette scène cliquez ici

Au fil des séquences (jusqu’à cette scène), le spectateur réalise progressivement que ces personnages ont un sérieux différent, un lourd secret que l’un des deux va payer. L’homme à l’harmonica est arrivé dans la région pour régler ses comptes… L’affrontement parait inévitable et promet d’être formidable. La tension palpable tout au long du film, est sur le point d’éclater…

En découvrant cette scène, le spectateur n’est pas déçu. La confrontation est à la hauteur des espérances, les deux protagonistes sont prêts à en découdre, mais sait-on seulement pourquoi L’homme à l’harmonica défie Franck?

Le thème musical dédié au personnage à la tonalité inquiétante et fascinante, que l’on entend dès le début de la scène, nous donne un indice… L’harmonica, l’instrument est la clé du mystère…

La mélodie jouée avec cet instrument, est la marque d’une vengeance. L’homme à l’harmonica l’échafaude depuis des années… depuis son enfance…

Le morceau « L’Homme à l’harmonica » introduit donc cette scène, rythmant le jeu des deux acteurs dans une danse funèbre. Effectivement, on a réellement l’impression qu’ils entament une danse. L’alternance des plans renforce cette impression. La tension est à son comble, les regards graves nous le rappellent constamment. La musique semble porter les deux protagonistes même si les mouvements paraissent très lents et mesurés.

A deux reprises, des flash-back éclairent le spectateur sur le passé de L’homme à l’harmonica et sur les origines de sa rancœur.

L’issue est fatale pour Franck qui s’écroule à terre, une balle en plein cœur…. En portant son instrument à la bouche de Franck, L’Homme à l’harmonica révèle sa véritable identité.

Le spectateur réalise alors que cette mélodie récurrente, « sa mélodie » est intimement liée à sa vie privée. Franck le comprend aussi alors qu’il rend son dernier soupir…

Evidemment les compositions musicales d’Ennio Morricone occupent une place centrale dans la compréhension de ce film. La musique semble jouer une rôle, introduisant chacun des personnages avec un thème qui lui est propre. Bien souvent dans ce long métrage, les paroles et répliques deviennent superflus, la musique et le silence prennent alors le pas et raconte l’histoire.

Dans cette scène, les images associées à la musique nous révèlent enfin qui est L’homme à l’harmonica…

Cette scène est très certainement l’une de mes préférées, tous films confondus. Je vous conseille donc vivement de découvrir ou redécouvrir le chef-d’oeuvre de Sergio Leone et sa bande-originale signée Ennio Morricone!

Elias

(source photo : Allociné)

Le Signal de Ron Carlson

Pour poursuivre votre découverte de l’ouest américain, voici un livre qui devrait vous passionner. Le Signal de Ron Carlson met en scène un couple qui part en expédition dans les montagnes du Wyoming.

Pour la dernière fois, Mack et sa femme partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée.
Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu’il exécute pour le compte d’un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Mais cette mission se révélera bien plus périlleuse que prévu : il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d’un survol de la région.

Dans ce roman, Ron Carlson nous invite à découvrir le Wyoming grâce aux magnifiques descriptions. De plus, les 6 jours de randonnée sont ponctués de flash-back qui nous aident à comprendre le couple et pourquoi il vient à se séparer.  C’est un roman qu’on lit d’une traite, où le suspens est garanti.

Bonne lecture !

Epona et Belly Boat

(sources images : Wikipedia / Electre pour la couverture)