Voyage: La mer et l’aventure

Voyage:La mer et l'aventurePartagez l’aventure humaine à travers les récits des plus grandes épopées maritimes, et embarquez sur les traces des skippers du Vendée Globe …Larguez les amarres !

Festival Etonnants Voyageurs

Amoureux de littérature et de découvertes, Saint-Malo accueille le Festival Étonnants Voyageurs du 3 au 5 juin 2017, festival international du livre et du film.

Créé en 1990, le Festival Étonnants Voyageurs attire chaque année environ 60 000 visiteurs et nous emmène à la découverte de littératures d’ici et d’ailleurs… de l’Orient à l’Amérique Latine en passant par l’Afrique. Comme chaque année, lectures, débats, cafés littéraires, expositions et bien sûr remise de prix seront au programme.

A noter :
– le prix des Gens de mer qui récompense l’auteur d’un livre récent ayant un caractère maritime
– le concours de nouvelles de jeunes allant de 11 à 18 ans.
– les apéros littéraires
– les projections
– etc.

En 2015, est paru un livre mémoire retraçant les moments forts du festival Étonnants Voyageurs : Etonnants voyageurs, 25 années d’une aventure littéraire. Ecrit par Michel le Bris, on y redécouvre tous les écrivains et courants littéraires qu’il a fait découvrir. Même s’il manque d’illustrations, il s’agit d’un document très complet et précieux sur l’historique du festival.

 

(sources images : site Étonnants Voyageurs et Electre)

Epona

Epona

 

Rendez-vous en terre inconnue

Avec  Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage nous embarque sur le Marion Dufresne, destination les TAAF, les Terres australes et antarctiques françaises dont les plus connues sont les îles Kerguelen. Véritable reportage sur les coulisses des rotations scientifiques et sur la vie à bord, Emmanuel Lepage dessine les hommes et leur courage à affronter des conditions extrêmes. L’aspect historique n’est pas en reste et on y découvre l’histoire des oubliés de Saint-Paul ou celle de Yves Joseph de Kerguelen. Le résultat graphique est époustouflant. Le dessin est contrasté, à l’image de ces paysages, à la fois hostiles mais terriblement beaux.

 

Si vous souhaitez poursuivre votre exploration du bout du monde , je ne peux que vous conseiller la lecture de La lune est blanche. Emmanuel et son frère, le photographe, François Lepage mettent à nouveau le cap au sud pour témoigner de la vie des scientifiques sur la base française Dumont d’Urville, en Terre-Adélie. Ce sera également l’occasion pour eux de mener une aventure hors norme puisqu’il participeront au grand Raid, le ravitaillement de la station Concordia, au cœur de l’Antarctique, en tant que chauffeurs. Là encore, le résultat, un album mêlant dessin et photographie, est superbe!

(Source: Electre et Pixabay)

K-19, le piège des profondeurs

La mer est par excellence le lieu de toutes les aventures. Si beaucoup de films ont traité des joutes sur l’eau (Les Révoltés du Bounty, Pirates, Master and Commander…), d’autres réalisateurs se sont plongés dans le monde sous-marin pour offrir des huis-clos de (grande) qualité. Aujourd’hui, focus sur le très bon film de Kathryn Bigelow : K-19, le piège des profondeurs.

En 1961, alors que le monde est plongé en pleine Guerre Froide, Alexei Vostrikov est le capitaine d’un sous-marin nucléaire. Il découvre en pleine navigation que le système de refroidissement du réacteur est en panne, pouvant provoquer une explosion et marquer le début des hostilités avec les USA. L’équipe à bord doit donc trouver des solutions pour empêcher une catastrophe majeure de se produire.

Ce résumé donne l’impression que ce film a été vu et revu, parfois dans des téléfilms de piètre qualité. Cependant ici deux facteurs majeurs permettent à l’histoire de devenir un très bon film : la réalisatrice et les acteurs.

Kathryn Bigelow est en effet le premier atout. Ayant à son actif plusieurs films d’action intéressants, dont le très bon Zéro Dark Thirty, elle réussit  dans K-19 à rendre l’atmosphère particulièrement oppressante tout en filmant avec brio l’intérieur du sous-marin et surtout son atmosphère. De la chaleur au froid en passant par le manque d’oxygène, le spectateur est littéralement enfermé avec les marins dans ce sous-marin qui devient piège mortel pour l’équipage et pour l’humanité. Le jeu sur les couleurs, le champ / contre-champ, est constant et donne un film qui resserre peu à peu son étau autour des spectateurs.

Les acteurs participent également activement à la réussite du film. De Liam Neeson à Peter Sarsgaard en passant par Harrison Ford (ben oui, quand même !), les acteurs trouvent une alchimie mettant en avant l’entraide qu’ils devront développer pour s’en sortir. Aucune fausse note dans les différents jeux et une intensité croissante jusqu’au dénouement.

En bref, un film de suspense marquant qui méritait mieux que sa bande-annonce (non, pas de lien parce qu’elle est vraiment trop mauvaise !).

Bon visionnage !

Corisande
Corisande

(Crédits photos : tpsdave – Pixabay / Allociné)

La trilogie de Riff Reb’s

 

Partons aujourd’hui à l’aventure avec Riff Reb’s !!!

Riff Reb’s est à la fois auteur de bande dessinée, illustrateur d’albums jeunesse et collaborateur occasionnel pour diverses parutions. Bref, c’est un artiste plutôt sollicité et créatif !

Riff Reb’s est aussi et surtout l’auteur d’une remarquable trilogie en BD dédiée à la littérature maritime. Chacun des tomes est en fait une adaptation en one-shot d’un roman ou de nouvelles.

Et pas des moindres !

Pêle-même, nous croisons au fil de ces trois BD les récits de Jack London, Robert Louis Stevenson, Victor Hugo, Pierre Mac Orlan

L’univers graphique de Riff Reb’s se marie à merveille avec chacun d’entre eux. L’utilisation de la bichromie participe à révèler les diverses ambiances animant ces histoires. Le trait semi-réaliste de Riff Reb’s rend le faciès des personnages très expressif. Ces individus rongés et usés par la vie en mer, apparaissent bien souvent sinistres et tourmentés quand ils ne sont pas en proie à la folie..

La mer s’immisce toujours en toile de fond dans les visuels et la narration. Tantôt déchaînée ou calme en apparence, elle semble toujours intimidante pour ne pas dire inquiétante et oppressante…

Voici une courte présentation de chaque tome :

A bord de l’Etoile Matutine (librement adapté du roman de Pierre Mac Orlan)

Nous suivons l’histoire d’un jeune voyou et criminel qui, pour échapper à la justice, décide d’embarquer à bord d’un navire. L’aventure commence pour lui…

 

Le loups des mers (librement adapté du roman de Jack London) :

La raison du plus fort : telle est la devise de Loup Larsen, capitaine de la goélette phoquière Le Fantôme. Recueilli à la suite d’un naufrage, Humphrey Van Weyden, un homme de lettres, va être contraint de vivre dans l’enfer de la goélette du violent Loup Larsen…

 

Hommes à la mer (huit nouvelles librement adaptées)

Huit récits graphiques tirés de nouvelles d’auteurs célèbres, dont l’action se déroule sur les océans et entrecoupés de doubles pages illustrées de grands textes : Kernok le pirate, Le sphinx des glaces…

 

Bonne lecture !

Elias

Elias
Elias

(sources visuels : electre)

Tout en haut du monde de Rémi Chayé

Mettez votre anorak et vos moufles car nous partons loin, dans le grand froid, au pays des extrêmes. Avec Tout en haut du monde, Rémi Chayé le réalisateur, nous propose un vrai film d’aventure qui nous emmène sur les glaces mouvantes et les mers gelées du pôle Nord.

Nous sommes dans la Russie de la fin du XIXème siècle. Sacha, jeune aristocrate, n’arrive pas à se remettre de la perte de son grand-père, le grand explorateur Oloukine. Ce dernier a disparu alors qu’il devait rejoindre le pôle Nord avec son navire, l’insubmersible Davaï. Persuadée que les recherches n’ont pas été effectuées au bon endroit, Sacha se lance sur ses traces tant pour le retrouver que pour redorer l’honneur de sa famille. En effet, pour tous, Oloukine a échoué dans sa mission où le tsar avait pourtant investit une importante somme d’argent.

Sacha se fait alors engager comme mousse à bord du brise-glace le Norge et convainc le capitaine de mettre le cap au Nord. Malheureusement, le navire fait naufrage en percutant un iceberg. L’équipage n’a alors plus d’autre choix que de s’enfoncer dans la banquise et retrouver le Davaï pour effectuer le chemin du retour.

Plus qu’un récit d’aventure, le film nous brosse le portrait d’une époque et de la condition féminine. Le voyage se fait également initiatique pour l’impétueuse Sacha qui s’émancipera peu à peu du carcan aristocratique pour devenir une femme libre.

Rémi Chayé et son équipe nous offre des images sublimes de paysages polaires et de navigation en utilisant un style graphique volontairement épuré.

Pour voir la bande annonce, c’est par ici 

A noter que Tout en haut du monde a reçu le prix du public au festival du film d’animation d’Annecy en 2015.

(sources: Pixabay / Allociné)

Certaines n’avaient jamais vu la mer

Dans de nombreux romans, la mer apparaît comme une passerelle pour aller vers une nouvelle vie. Avec le roman Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka nous raconte comment des milliers de Japonaises ont quitté leur pays pour épouser aux Etats-Unis un homme qu’elles n’avaient pas choisi.

 

 

En 1919, des milliers de Japonaises partent rejoindre aux Etats-Unis des compatriotes auxquels elles sont promises. C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leur futur mari. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
Bercées d’illusions, elles vont endurer de cuisantes déceptions face à des maris brutaux, la xénophobie, un travail harassant, la barrière de la langue.

Dans ce roman, on ne trouve pas une héroïne mais de nombreuses voix qui interpellent, qui bouleversent terriblement. L’émotion est réellement présente tout au long du livre, servie par une écriture tout en finesse, puissante et poétique.

Formidable écrivain, Julie Otsuka a présenté Certaines n’avaient jamais vu la mer lors de sa venue en France à l’occasion du Festival America 2012.

 

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Epona

(source images : Electre)

L’île du serment de Peter May


Peter May
est devenu un romancier écossais incontournable. Il est auteur de romans policiers et s’est fait un nom à la télévision britannique en créant des scénarios de séries télévisées, très prisées outre-Manche. Avec L’île du serment, il nous entraîne dans un voyage à travers le temps et les lieux, on découvre tout un pan de l’histoire écossaise.

L’histoire se déroule lieu sur l’île d’Entry Island, à l’est du Canada, petite île peuplée de personnes originaires d’Ecosse. Tout y est paisible jusqu’à cette nuit de tourmente où James Cowell est poignardé à mort. Sa femme prétend qu’un assaillant s’en est pris à elle avant de tuer son mari, mais tous suspectent l’épouse. L’enquêteur en place ne le pense pas coupable : il a cette impression particulière de la connaître depuis toujours.

Dans ce roman, Peter May mêle enquête policière, fantastique et souvenirs personnels. On ressent vraiment son amour pour l’Ecosse : il nous raconte la vie sur les îles Hébrides, la famine des pommes de terres, l’exil forcé des habitants vers le Canada. Au-delà de cette plongée dans le passé, il nous livre une enquête policière sur fond de paysages sauvages magnifiques et inquiétants, balayés par des vents furieux.
Un roman magnifique !

Pour en savoir plus sur Peter May, découvrez son site en français (il vit en France depuis de nombreuses années).

Epona

(source image : Electre)

Save our souls

 

Un reportage devenu livre

Emma Jane Kirby est journaliste. Elle a reçu en 2015 le prix Bayeux-Calvados pour son reportage sur le sauvetage de 47 migrants en Méditerranée . La journaliste en a tiré un livre :  L’Opticien de Lampedusa aux éditions Les Equateurs.

Un homme (extra-)ordinaire
La vie est fragile. Carmine, opticien sur l’île de Lampedusa s’en est rendu compte ce matin du 3 octobre 2013, lors d’une sortie en mer avec ses amis. Carmine entend tous les jours parler de la crise des migrants qui a lieu en Méditerranée, aux portes de chez lui. Il en entend parler, mais cela ne le concerne pas vraiment. Carmine tient un commerce et il est inquiet pour l’avenir de ses deux fils. Le week-end, il sort en mer avec ses amis.

Ce matin-là, sur le Galata, le bateau de son ami, il profite de la fraîcheur du matin et perçoit au loin des cris de mouettes… et puis non,  il s’aperçoit qu’il s’agit d’humains.

Emma-Jane Kirby transmet dans cette chronique poignante le destin d’un homme ordinaire, discret, devenu malgré lui et par la force des choses le protagoniste d’un sauvetage en mer. Il voudrait les sauver tous. L’image de ces visages restera longtemps dans son esprit, dans ses cauchemars.

La force de cette chronique parue en 2016 est de nous faire voir autrement la tragédie qui a encore lieu en Méditerranée. On en ressort bien sûr démunis et avec le goût amer d’un drame qui perdure. L’Opticien de Lampedusa interroge notre humanité et notre (in)capacité à faire face à l’un des défis de ce début de 21e siècle.

Célia

[Sources ill : Pixabay/Dron74-Electre]