Voyage: Le monde à l’envers

Voyage : Le monde à l'enversD’Alphonse Allais à Pierre Desproges en passant par Jean-Loup Chiflet ou Anouk Ricard, découvrez comment ces grands auteurs, humoristes ou illustrateurs ont abordé l’absurde par l’humour et l’humour par l’absurde.

Les Shadocks

Dans les années 60, de petits animaux sont apparus dans le poste de télévision; ils s’appelaient les Shadocks. Ils ressemblaient à de gros poulets pas très malins. D’ailleurs, les seuls mots qu’ils connaissaient, étaient : « Ga, Bu, Zo, Meu ». Dès leur apparition, ils ont fait rire une partie de la France. L’autre moitié s’offusquait de cet humour absurde.

En exclu pas mondiale, voilà les deux premiers épisodes de la saison 1.  Eh ben oui ! (on peut dire «eh ben », on est en Vendée) les Shadocks, c’est comme une série américaine d’aujourd’hui, il y a un arc narratif et un résumé des épisodes précédents !Image de prévisualisation YouTube

Le petit plus des Frisettes :

Si vous voulez tout savoir sur les Shadocks, cliquez ici. En revanche, si vous préférez ne rien savoir sur les Shadocks, cliquez .

Les Frisettes

Fin de partie, Samuel Beckett

« Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. »

BECKETT Samuel, Fin de partie, Paris : Les Éditions de Minuit, 1957, p.13.

Imaginez… un personnage voûté et claudiquant sur une scène vide, assénant dès le lever de rideau cette sentence qui sonne comme une conclusion ou du moins une terrible échéance. Il s’agit pourtant du début de la pièce de théâtre Fin de partie, de Samuel Beckett (1906-1989), poète et dramaturge irlandais. Écrite à l’origine en français  en 1957, puis traduite en anglais par Beckett lui-même, la pièce est jouée pour la première le 1er avril 1957 à Londres, au Royal Court Theatre, mise en scène par Roger Blin.  Une pièce en un seul acte, sans subdivisions en scènes, qui se rattache au « théâtre de l’absurde », selon la définition du critique littéraire Martin Esslin, bien que Beckett ait toujours réfuté cette affiliation. Un théâtre qui met à bas tous les codes de la dramaturgie, hérités pour la plupart de l’Antiquité. Les personnages s’ennuient et le font savoir en baillant aux corneilles et en prenant le public à partie, il ne sa passe pas grand-chose, et la fin est déjà annoncée dès le début…

Source : Electre

« La fin est dans le commencement et cependant on continue. »

BECKETT Samuel, Fin de partie, Paris : Les Éditions de Minuit, 1957, p.89.

Un quatuor de bras cassés

Quatre personnages sont présents sur scène, tous lourdement handicapés physiquement, au point que trois d’entre eux ne peuvent plus bouger et restent statiques tout le long de la pièce. Hamm, aveugle et paraplégique, trône au centre de la scène, tel un roi déchu. Ses parents, Nell et Nagg, logent dans deux poubelles remplies de sable, et ont perdu leurs jambes dans un malencontreux accident de tandem dans les Ardennes. Seul Clov, le valet et fils adoptif de Hamm, parvient à se déplacer, quoique difficilement, mais ne peut plus s’asseoir.

Fin de partie, texte de Samuel Beckett, mise en scène de Gildas Bourdet, le 15 octobre 1988 à la Comédie Française, avec Michel Aumont (Clov), Bérangère Dautun (Nell), Roland Bertin (Hamm) et Jean-Paul Moulinot (Nagg). Photographie de Daniel Cande, 1988. Source : Gallica, BNF.

Une mise en scène de la fin du monde ?

Tout ce joli monde vit dans une maison vide, sorte de blockhaus isolé dans un environnement apocalyptique. Mais nous n’en saurons pas plus. Sont-ils les rescapés de la fin du monde ? Se sont-ils eux-mêmes isolés du reste du monde ? Sont-ils enfermés, mis à l’écart en raison de leur folie ?

« HAMM (sursautant). – Gris ! Tu as dit gris ?

CLOV. – Noir clair. Dans tout l’univers. »

BECKETT Samuel, Fin de partie, Paris : Les Éditions de Minuit, 1957, p.46.

Des relations « je t’aime moi non plus »

Les personnages entretiennent d’ailleurs entre eux des relations très ambiguës. Clov veut quitter voir tuer Hamm, mais ne s’y résout jamais. De même, Hamm est tour-à-tour cruel puis presque affectueux avec Clov. Il est nostalgique d’un passé révolu et vit dans la peur du nouveau, du renouveau : il faut « exterminer » les autres êtres vivants, de ses propres géniteurs à la moindre petite puce.

Fin de partie, texte de Samuel Beckett, mise en scène de Gildas Bourdet, le 15 octobre 1988 à la Comédie Française, avec Michel Aumont (Clov), Bérangère Dautun (Nell), Roland Bertin (Hamm) et Jean-Paul Moulinot (Nagg). Photographie de Daniel Cande, 1988. Source : Gallica, BNF.

Fin de Partie de Samuel Beckett, mise en scène de Roger Blin, au Studio des Champs-Elysées, 1957. © Roger Pic/ BnF, Arts du spectacle, cliché Michel Urtado.

Un discours sans queue ni tête : silences et répétitions

Outre la singularité de ses personnages, la pièce se caractérise par un discours sans logique, très répétitif, et ponctué de silences récurrents, spécifiés dans le texte par la didascalie « Un temps ». Les répétitions tournent quant à elles toujours autour des mêmes thèmes : le vieillissement, l’incompréhension, la dépendance et l’amertume : Hamm réclame à de nombreuses reprises son calmant (mais il n’y en a plus), Clov répète qu’il quitte Hamm (sans le faire). Tous ces procédés mettent en évidence une faillite du langage, qui ne permet pas d’exprimer le monde et les sentiments, un thème cher à Samuel Beckett, qui a lui-même souffert de mutisme au cours de sa vie.

Jeux de mots et clins d’œil

Néanmoins, la lecture de la pièce ou sa représentation est un régal pour les yeux et les oreilles, à travers de subtils jeux de mots et références essaimés çà et là, autour par exemple des épisodes du Déluge ou du Jugement Dernier dans l’Ancien Testament, ou encore au jeu. Samuel Beckett était en effet adepte des échecs.

Le choix des noms des personnages a lui aussi été sans doute mûrement réfléchi, et a donné lieu à de nombreuses hypothèses :

  • Hamm signifie « cabotin, cabochard » en anglais, c’est-à-dire un mauvais acteur.
  • Hamm peut aussi se lire comme l’abréviation de « hammer », « marteau » en anglais. Dès lors, Clov serait une déformation de « clou » en français. Nell pourrait aussi être une déformation de l’anglais « nail », qui signifie là aussi « clou », et Nagg l’abrévation de « nagel », « clou » en allemand. Cette hypothèse sonne juste pour ces personnages enfoncés dans leur mur de lamentations, immobiles et inertes, martelant encore et toujours les mêmes litanies…

Fin de partie, texte de Samuel Beckett, mise en scène de Gildas Bourdet, le 15 octobre 1988 à la Comédie Française, avec Michel Aumont (Clov), Bérangère Dautun (Nell), Roland Bertin (Hamm) et Jean-Paul Moulinot (Nagg). Photographie de Daniel Cande, 1988. Source : Gallica, BNF.

 

Fin de partie ?

Le début annonçant la fin, qu’en est-il du dénouement ? Eh bien, il semblerait qu’il soit à l’image du commencement, à moins que…

« CLOV.- […] Voyons voir… (Il promène la lunette.) Rien… rien… bien… très bien… rien… parf – (Il sursaute, baisse la lunette, l’examine, la braque de nouveau. Un temps.) Aïeaïeaïe !

HAMM.- Encore des complications ! (Clov descend de l’escabeau.) Pourvu que ça ne rebondisse pas !

[…]CLOV (regardant).- Je t’en foutrai des tomates ! Quelqu’un ! C’est quelqu’un ! […] »

BECKETT Samuel, Fin de partie, Paris : Les Éditions de Minuit, 1957, p.101.

 

 

BECKETT Samuel. Fin de partie. Paris : Les Éditions de Minuit, 1957. 112 pages. 1re représentation le 1er avril 1957 au Royal Court Theatre de Londres, mise en scène par Roger Blin. 1re représentation en France le 27 avril 1957 au studio des Champs-Élysées à Paris.

Lire un extrait en ligne

Regarder des extraits de la pièce sur le site de l’INA

Source de l’image à la une : Pixabay

Mathilde Chicaud
Mathilde L’Arbre-en-ciel

Le nez de Nicolas Gogol

Nous vous proposons à présent un petit voyage dans le temps, au cœur de la Russie du XIXème siècle, qui a vu émerger l’un de ses auteurs les plus influents : Nicolas Gogol.

D’origine ukrainienne, né en 1809 et décédé en 1852, Gogol passa une partie de son existence en Russie et dans les principales capitales européennes, sans cesse en mouvement, recherchant l’inspiration partout au gré de ses voyages.

Son œuvre, imposante, teintée de scandale, sanctionnée à plusieurs reprises par la censure, est considérée généralement comme une forme de satire sociale et politique du régime tsariste, ce qui semble-t-il, n’était pas l’intention de l’auteur qui s’est, d’ailleurs, toujours considéré comme incompris…

Parmi ses écrits, une nouvelle, au ton résolument absurde : « Le nez ».


Cette nouvelle fantastique rédigée au cours des années 1830 est finalement publiée en 1843 dans le recueil des « Nouvelles de Pétersbourg » issu des Œuvres complètes de Nicolas Gogol.

Nous y découvrons une histoire édifiante, celle de M. Kovaliov, assesseur du collège à Pétersbourg, découvrant avec stupeur, un matin, que son nez a disparu. Aucunes cicatrices, aucunes traces ne peuvent témoigner d’une amputation. Il faut se rendre à l’évidence, le nez s’est volatilisé…

Au même moment, à l’autre bout de la ville, Ivan Yakovlévitch découvre avec étonnement dans son pain au petit déjeuner, un nez… Effrayé par cette vision, il tente de s’en débarrasser…

M. Kovaliov, désemparé, entreprend alors des démarches pour retrouver son nez. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il entrevoit au détour d’une rue, son nez, en uniforme brodé d’or !

Ce récit est totalement déroutant ! Les événements, aussi loufoques qu’improbables d’ailleurs, s’enchaînent sans que l’on puisse en dégager un sens, une logique !

Bref, un petit chef d’œuvre de littérature absurde !

A lire absolument !

(sources images : Electre)

Monsieur Cyclopède et Epona

Epona

« La cité de la peur » : Un film de les Nuls

A l’instar de « Autant en emporte le vent », « La fureur de vivre », « A bout de souffle » ou encore « La soupe aux choux », « La cité de la peur » de les Nuls est devenu le film culte de toute une génération de cinéphiles, et de gens, qui aiment bien rigoler…

Mais avant de vous présenter ce film, quelques mots sur le groupe d’humoristes à qui l’on doit la genèse de ce chef-d’oeuvre :

Les Nuls!

Ils sont un mythe du petit écran ! L’humour absurde et décapant des Nuls a marqué bien de téléspectateurs (j’en fais parti) ! Leur bonne humeur et leur enthousiasme étaient communicatifs ! C’est toujours un plaisir de revoir Alain Chabat, Bruno Carette, Chantal Lauby et Dominique Farrugia côte à côte dans un sketch ! Des images qui ne replongent quelques années en arrière…

C’est en 1987, que les Nuls débarquent sur Canal+ avec leur série parodiant Star Trek : « Objectif Nul ». L’originalité du ton, des situations et des personnages imaginés par les Nuls rencontrent très rapidement un grand succès auprès du public. Ce qui permet au quatuor (Malheureusement Bruno Carette disparaît en décembre 1989) de proposer d’autres programmes, sketchs et parodies aussi loufoques et drôles qu’improbables : Le JTN, Les Nuls : l’émission, ABCD Nuls…

Bon bien sûr (c’est évident) tout le monde se souvient de quelques « fausses pubs » des Nuls comme : « Le chat », « Kwiskas », « Robert Tripoux, c’est possible », « Royal Rabbin », « Wishfish » ou bien encore « Magnum choucroute »…

Malgré leur très grande popularité les Nuls décident de tourner la page et cessent les réalisations pour la télévision en 1992…

Par la suite, les Nuls feront quelques apparitions ensemble, notamment dans le film d’Alain Berbérian « La cité de la peur » en 1994!!!

Alors « La cité de la peur« , c’est un film super avec :

Plusieurs acteurs, des décors de cinéma, des effets spéciaux, des chats, un gars qui ressemble à Eddy Mitchell, un cours de suédois, des cascades un peu dangereuses, un commissaire qui se prend pour Rick Hunter, une faucille, un marteau, un record de saut en longueur, une grille d’arbre, une tapette géante et un tueur à la saucisse de morteau…

Voilà!

La cité de la peur

Cliquez ici ou pour visionner la bande annonce et accéder à une présentation correcte du film.

Bon film!

Elias

Elias
Elias

Ces « choses » que l’on ne regarde pas…

Un humour de mise à distance

Jacques A. Bertrand a forgé son humour à force d’observation, d’épreuves et de distance – humour indissociable d’un sens aigu de la langue, de la littérature et de la culture. Il en témoigne régulièrement dans l’émission  Des papous dans la tête sur France culture, une émission dont je vous recommande fortement l’écoute ! Avec ses comparses, ils tordent la langue dans tous les sens et nous font apprécier sa subtilité. Bref retournons à notre Brève histoire des choses. 

Comme il le dit dans la première « histoire » : « On célèbre régulièrement l’imprimerie, la locomotive à vapeur, la montgolfière, le fusil à répétition et toute une théorie d’inventions mortifères, mais il n’est jamais fait mention du parapluie dans les manuels d’histoire de l’industrie. »

Les « Journées de… »

Avec tout son talent, Jacques A. Bertrand nous parle des choses de notre quotidien, auxquelles on ne porte plus d’attention tant elles paraissent insignifiantes…Il passe ainsi en revue les petites histoires du savon, du rond-point, des prévisions météorologiques, du fonds sonore ou encore des « Journées de » ,  à propos desquelles il dit : « Naturellement, il est difficile de penser à penser tous les jours. Cette année,  j’ai encore oublié de penser à l’oubli lors de la Journée internationale contre l’Oubli ».

A propos du savon : « Rien ne ressemble plus à l’Homo sapiens sapiens que le savon (…) leurs carrières sont parallèles. Tous eux commencent à exhaler une certaine fraîcheur. On prend plaisir à les caresser. Rapidement, ils en profitent pour se faire mousser. Ils font des bulles.(…) Inexorablement, l’Homme et le savon vont en diminuant. Ils moussent de moins en moins. Ils deviennent tous mous. Ou alors ils sèchent. Ils se fendillent (…). Bref ils n’ont plus forme humaine. (…)On embaume l’Homme. On jette le savon. »

Jacques A. Bertrand parvient à détourner le quotidien, s’en amuser et nous faire rire. Il a reçu le prix Alexandre Vialatte en 2015 pour ces Brèves histoires des choses. De quoi adopter un autre regard, sur  ces objets modestes du quotidien que nous appelons simplement « choses ».

Célia

[Sources ill : Pixabay/Pexels-Electre]

Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro

 

Alors qu’il se présente à la caisse d’un magasin pour régler ses courses, Fabrice réalise l’impensable. Il a oublié sa carte de fidélité dans la poche de son autre pantalon !!! Comment a-t-il pu ??? Qui pourrait comprendre ???

Gardant tant bien que mal son sang-froid, il tente de s’expliquer auprès de la caissière. La tension monte d’un cran lorsqu’un vigile intervient. C’est clair désormais, Fabrice est dans de sales draps…

Le vigile tente de l’interpeller mais Fabrice réagit en s’armant d’un poireau tout juste acquis ! Puis, la situation dégénère complètement. Le vigile menaçant, annonce même au client qu’il s’apprête à réaliser une roulade arrière (figure qu’il maîtrise pourtant moyennement) mais en vain… Fabrice s’enfuit du magasin (en marchant très rapidement comme quelqu’un qui court).

En quelques secondes seulement Fabrice, auteur de BD sans histoires, est devenu l’ennemi public n°1…

Entamant une fuite effrénée (parfois en voiture mais plus souvent à pied), le fugitif solitaire part à la recherche d’une planque, dans un endroit perdu et coupé monde. Il choisit la Lozère…

Zaï Zaï Zaï Zaï (un titre qui parlera à tous les fans de Joe Dassin et ils sont nombreux) est un road movie farfelu délirant et jubilatoire!

Au fil des pages, Fabcaro nous inondent de répliques et de dialogues aussi absurdes qu’insensés pour notre plus grand bonheur! Chaque planche est prétexte à un nouveau gag mettant en scène Fabrice ou d’autres personnages en marge de l’histoire.

Le comportement et les commentaires de ces individus révèlent les travers de notre société. Avec Zaï Zaï Zaï Zaï, l’auteur se moque gentiment de ces concitoyens en détournant les grands débats qui animent la France d’aujourd’hui : impact des médias, oppositions politiques, intégrations des minorités, tensions sociales, individualisme…

Bref si vous appréciez l’humour absurde et la satire sociale (et Joe Dassin), je vous recommande vivement la lecture de cette bande dessinée d’humour!

Et puisque vous avez pris le temps de lire mon billet, voici une petite récompense, quelques planches de Zaï Zaï Zaï Zaï !!!

Bonne lecture !

Elias

Elias
Elias

(sources photos : electre – actuabd.com – BDZoom)

 

Wayne’s World de Penelope Spheeris

 

Récemment j’ai fait du tri dans ma collection de cassettes vidéos (pour vérifier qu’elles soient bien rembobinées) et je suis tombé sur un film que je n’ai pas visionné depuis des années… Je l’ai regardé pourtant des dizaines de fois lorsque j’étais adolescent. C’est un film mythique avec des répliques mémorables. En voici quelques unes, reconnaissez-vous ce film?

(Pour info, ce jeu ne présente aucun intérêt puisque la réponse est le titre de l’article.)

« Un jour elle sera mienne, oh oui ! Un jour elle sera mienne ! »

« Qu’est-ce qu’il y a Chouchou ? Quoi ? Les plutoniens ont enlevé Wayne ? Ah non, j’avais mal compris… Wayne est dehors. »

« Garth ! t’as fait un haiku ! … Excellent ! »

« -Stacy, on s’est séparés depuis deux mois, tu sais ça ?                                                                               -ça veut pas dire qu’on peut pas sortir ensemble                                                                                             -Mais si au contraire, c’est exactement ça la séparation »

« Garth ! le mariage dans plusieurs pays est un substitut à la peine de mort ! »

« Vous trouvez ça normal ? pourquoi il est venu avec des contrats lui… Vous avez vu la 4ème dimension ? Celui où le type signe un contrat et on lui coupe la langue. Elle meure pas, elle devient énorme et turgescente et elle fait des bébés langues. Plutôt cool non? »

J’espère que ce florilège de répliques permettra à ceux n’ayant jamais vu Wayne’s World de mieux cerner le ton du film…

Présenter et résumer Wayne’s World en quelques lignes est une entreprise délicate et compliquée mais je vais tenter… Non je plaisante, le synopsis est très simple : c’est une histoire d’amitié sur fond de Rock’n’Roll (il y a également un peu de romance) !!!

Wayne’s World est une comédie culte du début des années 90 dans laquelle on suit le quotidien mouvementé de Wayne Campbell et Garth Algar. Tous deux partagent la même passion dévorante pour la culture Rock et animent une émission télévisée sur une chaîne locale d’Aurora dans la banlieue de Chicago, elle s’appelle Wayne’s World (d’où le titre du film, choix judicieux). La réalisation est quelque peu artisanale mais le dynamique duo assurent lors de ses prestations ! Cette notoriété naissante attise la convoitise d’hommes d’affaires peu scrupuleux…

Et puis Wayne rencontre Cassandra, c’est le coup de foudre ! Il est temps pour lui de sortir de l’adolescence et de s’émanciper…  L’émission Wayne’s World est-elle menacée ??? Qu’en est-il de l’amitié entre Wayne et Garth ???

Wayne’s World est un film qui vous fera (surement) rire et bouger la tête frénétiquement (comme tout bon rockeur chevelu devant un mur d’enceintes)!

Pourquoi rire? Parce que le film est drôle tout simplement ! Les personnages sont gentiment déjantés, inconscients, pas vraiment responsables mais très sympathiques. Bref, à l’image de beaucoup d’entre nous à l’adolescence (et même un peu plus tard). L’humour est absurde, loufoque, présent dans chaque séquence, efficace en somme.

Et puis vous bougerez frénétiquement le tête à l’écoute de la bande sonore du film ! Elle est composée de titres de Jimi Hendrix, The Red Hot Chili Peppers, Queen et d’Alice Cooper !!! De nombreux clins d’œil à la scène Rock sont d’ailleurs disséminés dans ce film !

Cliquez ici pour visionner un extrait.

Pour être honnête, Wayne’s World a quelque peu vieilli… Il fête cette année ces 25 bougies.  Mais il n’a rien perdu de son énergie et constitue toujours un excellent moment de détente! Pour la génération des trentenaires d’aujourd’hui, il reste indémodable !

Et puis sincèrement, un film associant le Rock’n’Roll à l’humour, quoi de plus plaisant ?

Mégateuf

Elias

(source photos : Fan de ciné – allociné)

Noblesse oblige ou les 8 vies d’Alec Guiness

L’humour noir anglais réserve de nombreuses pépites, autant dans le cinéma contemporain qu’au début du cinéma. Le film Noblesse oblige de Robert Hamer, datant de 1949, est un des classiques du genre.

Au début du XXème siècle, le 10ème duc de Chalfont, Louis Mazzini, est emprisonné pour meurtre. Il décide alors d’écrire ses mémoires, où il raconte comment il est passé de simple roturier à duc de Chalfont. Fils d’une descendante de duc, cette dernière est reniée par sa famille pour avoir épousé un homme sans argent. Elle meurt sans jamais obtenir que son fils puisse entrer dans cette famille. Louis Mazzini ne s’avoue pas vaincu : il ne veut plus simplement être accepté par cette famille qui le méprise mais devenir duc (à la place du duc !). Pour cela, il devra éliminer 8 personnes qui le séparent de ce titre tant convoité. Emprisonné pour un meurtre qu’il n’a pas commis (pour une fois !), il va alors raconter comment il a mis ses plans à exécution.

Inutile de souligner que Noblesse oblige respire l’humour noir et réserve de nombreuses surprises, dont l’une (qui n’est pas des moindres !) réside dans le casting pour le moins… étonnant ! Car l’acteur Alec Guiness joue les rôles de chaque membre de la famille qui est assassiné, ce qui représente tout de même pas moins de 8 personnages, dont une femme ! L’acteur arrive à rendre crédible chaque personnage et à les rendre comique même si le spectateur sait déjà que la mort les attend (mais grâce à quel « accident malheureux », cela il l’ignore).

Cliquez ici pour avoir un avant-goût (attention, c’est la bande-annonce originale !)

Et vous, quels films à l’humour noir vous ont particulièrement plu ?

Corisande

(Crédits photo : Mrs Brown – Pixabay / Allociné)