Voyage: Le monde à l’envers

Voyage : Le monde à l'enversD’Alphonse Allais à Pierre Desproges en passant par Jean-Loup Chiflet ou Anouk Ricard, découvrez comment ces grands auteurs, humoristes ou illustrateurs ont abordé l’absurde par l’humour et l’humour par l’absurde.

Wayne’s World de Penelope Spheeris

 

Récemment j’ai fait du tri dans ma collection de cassettes vidéos (pour vérifier qu’elles soient bien rembobinées) et je suis tombé sur un film que je n’ai pas visionné depuis des années… Je l’ai regardé pourtant des dizaines de fois lorsque j’étais adolescent. C’est un film mythique avec des répliques mémorables. En voici quelques unes, reconnaissez-vous ce film?

(Pour info, ce jeu ne présente aucun intérêt puisque la réponse est le titre de l’article.)

« Un jour elle sera mienne, oh oui ! Un jour elle sera mienne ! »

« Qu’est-ce qu’il y a Chouchou ? Quoi ? Les plutoniens ont enlevé Wayne ? Ah non, j’avais mal compris… Wayne est dehors. »

« Garth ! t’as fait un haiku ! … Excellent ! »

« -Stacy, on s’est séparés depuis deux mois, tu sais ça ?                                                                               -ça veut pas dire qu’on peut pas sortir ensemble                                                                                             -Mais si au contraire, c’est exactement ça la séparation »

« Garth ! le mariage dans plusieurs pays est un substitut à la peine de mort ! »

« Vous trouvez ça normal ? pourquoi il est venu avec des contrats lui… Vous avez vu la 4ème dimension ? Celui où le type signe un contrat et on lui coupe la langue. Elle meure pas, elle devient énorme et turgescente et elle fait des bébés langues. Plutôt cool non? »

J’espère que ce florilège de répliques permettra à ceux n’ayant jamais vu Wayne’s World de mieux cerner le ton du film…

Présenter et résumer Wayne’s World en quelques lignes est une entreprise délicate et compliquée mais je vais tenter… Non je plaisante, le synopsis est très simple : c’est une histoire d’amitié sur fond de Rock’n’Roll (il y a également un peu de romance) !!!

Wayne’s World est une comédie culte du début des années 90 dans laquelle on suit le quotidien mouvementé de Wayne Campbell et Garth Algar. Tous deux partagent la même passion dévorante pour la culture Rock et animent une émission télévisée sur une chaîne locale d’Aurora dans la banlieue de Chicago, elle s’appelle Wayne’s World (d’où le titre du film, choix judicieux). La réalisation est quelque peu artisanale mais le dynamique duo assurent lors de ses prestations ! Cette notoriété naissante attise la convoitise d’hommes d’affaires peu scrupuleux…

Et puis Wayne rencontre Cassandra, c’est le coup de foudre ! Il est temps pour lui de sortir de l’adolescence et de s’émanciper…  L’émission Wayne’s World est-elle menacée ??? Qu’en est-il de l’amitié entre Wayne et Garth ???

Wayne’s World est un film qui vous fera (surement) rire et bouger la tête frénétiquement (comme tout bon rockeur chevelu devant un mur d’enceintes)!

Pourquoi rire? Parce que le film est drôle tout simplement ! Les personnages sont gentiment déjantés, inconscients, pas vraiment responsables mais très sympathiques. Bref, à l’image de beaucoup d’entre nous à l’adolescence (et même un peu plus tard). L’humour est absurde, loufoque, présent dans chaque séquence, efficace en somme.

Et puis vous bougerez frénétiquement le tête à l’écoute de la bande sonore du film ! Elle est composée de titres de Jimi Hendrix, The Red Hot Chili Peppers, Queen et d’Alice Cooper !!! De nombreux clins d’œil à la scène Rock sont d’ailleurs disséminés dans ce film !

Cliquez ici pour visionner un extrait.

Pour être honnête, Wayne’s World a quelque peu vieilli… Il fête cette année ces 25 bougies.  Mais il n’a rien perdu de son énergie et constitue toujours un excellent moment de détente! Pour la génération des trentenaires d’aujourd’hui, il reste indémodable !

Et puis sincèrement, un film associant le Rock’n’Roll à l’humour, quoi de plus plaisant ?

Mégateuf

Elias

(source photos : Fan de ciné – allociné)

Noblesse oblige ou les 8 vies d’Alec Guiness

L’humour noir anglais réserve de nombreuses pépites, autant dans le cinéma contemporain qu’au début du cinéma. Le film Noblesse oblige de Robert Hamer, datant de 1949, est un des classiques du genre.

Au début du XXème siècle, le 10ème duc de Chalfont, Louis Mazzini, est emprisonné pour meurtre. Il décide alors d’écrire ses mémoires, où il raconte comment il est passé de simple roturier à duc de Chalfont. Fils d’une descendante de duc, cette dernière est reniée par sa famille pour avoir épousé un homme sans argent. Elle meurt sans jamais obtenir que son fils puisse entrer dans cette famille. Louis Mazzini ne s’avoue pas vaincu : il ne veut plus simplement être accepté par cette famille qui le méprise mais devenir duc (à la place du duc !). Pour cela, il devra éliminer 8 personnes qui le séparent de ce titre tant convoité. Emprisonné pour un meurtre qu’il n’a pas commis (pour une fois !), il va alors raconter comment il a mis ses plans à exécution.

Inutile de souligner que Noblesse oblige respire l’humour noir et réserve de nombreuses surprises, dont l’une (qui n’est pas des moindres !) réside dans le casting pour le moins… étonnant ! Car l’acteur Alec Guiness joue les rôles de chaque membre de la famille qui est assassiné, ce qui représente tout de même pas moins de 8 personnages, dont une femme ! L’acteur arrive à rendre crédible chaque personnage et à les rendre comique même si le spectateur sait déjà que la mort les attend (mais grâce à quel « accident malheureux », cela il l’ignore).

Cliquez ici pour avoir un avant-goût (attention, c’est la bande-annonce originale !)

Et vous, quels films à l’humour noir vous ont particulièrement plu ?

Corisande

(Crédits photo : Mrs Brown – Pixabay / Allociné)

The autobiography of me too de Guillaume Bouzard

 

Si vous êtes amateur de bande dessinée, la sortie du tout nouvel album de Lucky Luke en janvier dernier ne vous a certainement pas échappé.

Entre nous, se voir confier l’une des aventures de « L’homme qui tire plus vite que son ombre » ne doit pas être une mince affaire pour un auteur de BD ! Mieux vaut avoir une bonne expérience du métier, quelques albums de qualité à son actif et du talent (au moins un peu)!

Pas de doute Guillaume Bouzard, la référence de la BD underground française, était l’homme de la situation ! Dans son album Jolly Jumper ne répond plus, il nous offre une vision inédite et drôle de Lucky Luke. On y retrouve la touche personnelle de l’auteur, son style bien à lui. Mais quel est-il ?

Réponse, le style de Guillaume Bouzard c’est :

-Un style graphique moderne et spontané

-Une bonne dose d’humour (dans le scénario et le dessin). Un humour inspiré, absurde, présent à chaque case et super efficace!

-des références rock de -ci de-là (et que du bon : Motörhead, The Ramones…)

Pour découvrir un peu plus l’univers de Guillaume Bouzard, je vous conseille la lecture de The autobiography of me too :

C’est une trilogie en trois volumes (ce qui est tout à fait cohérent) dans laquelle Guillaume Bouzard nous confie les péripéties de son quotidien, le tout avec beaucoup d’humour et de dérision !

A noter la présence incroyable d’un chien doué de la parole nommé Floppi !!!

Bref, un moment de lecture bien sympathique !

Elias

De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages

La période des vacances arrive. Aussi, je vous propose aujourd’hui de découvrir un livre que je conseille à tous les voyageurs (et même à ceux qui n’ont pas la chance de partir en vacances) : De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages de Matthias Debureaux.

Car le voyage en lui-même ne serait rien sans les préparatifs qui l’accompagnent et surtout, surtout… sans les innombrables discussions autour de ce périple lors du retour à la maison. Vous aviez peur d’être intéressant en racontant votre plus grand moment ? Vous tremblez d’effroi à l’idée d’oublier ne serait-ce qu’une seconde de votre voyage ?  Alors, ce petit manuel est fait pour vous ! L’auteur donne de précieux conseils pour tous ceux qui souhaitent devenir les pires narrateurs de leurs aventures, et par ricochet des conseils également pour ceux qui sont invités à la soirée de retour du-dit voyageur.

Aurais-je oublié de vous dire que ce livre est aussi drôle qu’irrévérencieux ? Alors oui, l’auteur pousse sciemment le trait, mais vous trouverez forcément une anecdote qui vous fera penser à des personnes que vous connaissez (ou vous-même !) Le rire fuse dès la quatrième de couverture avec seulement deux phrases courtes qui font mouche : « Chaque année, un milliard de touristes parcourent le monde. En 2020, ils seront un milliard et demi à vous assommer avec leur récit de voyage. » Et pour les voyageurs, sachez que Sylvain Tesson a bien ri en lisant ce livre (ça peut rassurer, tout de même).

Vous pouvez également aller voir une interview très intéressante de l’auteur et de son éditeur ici.

Bonne lecture (et je vous laisse découvrir la première phrase de l’oeuvre qui donne le ton… Ah, Joachim du Bellay !)

Corisande

(Crédits photos : Ertz – Pixabay / Electre)

Eddie the Eagle de Dexter Fletcher

Bonjour chers Voyageurs,

Pour illustrer le voyage Monde à l’envers aujourd’hui, pas une oeuvre forcément hilarante, mais une histoire qui commence presque à l’envers… Je vais vous parler du film Eddie the Eagle de Dexter Fletcher.

Eddie Edwards vit au Royaume-Uni et ne rêve que d’une chose : participer à des Jeux Olympiques. Il s’entraîne alors à plusieurs sports différents pour avoir une chance d’être qualifié. Après avoir été recalé pour le ski et prêt à abandonner son rêve, il décide de commencer le saut à ski car il n’y a aucun champion en Angleterre et les frais sont moindres. Il rencontrera alors un ancien champion qui l’aidera à s’améliorer pour avoir enfin une chance de participer aux Jeux Olympiques d’hiver de Calgary de 1988.

Ce film est une vraie bouffée d’oxygène, avec un casting attachant (Hugh Jackman au top, vraiment !) et une musique elle aussi très entraînante (j’y ai entendu des références à la musique des Chariots de feu, à vous de juger). Qualifié de « Fell good movie » par la critique, le spectateur ne peut en effet qu’espérer l’accomplissement du rêve d’Eddie.

Cette histoire est d’autant plus extraordinaire que le héros est réel, même si, comme il le dira lui-même, le film ne ressemble qu’à 10% à la réalité : Eddie Edwards a vraiment voulu participer aux Jeux Olympiques d’hiver, mais par manque d’argent, il passe du ski au saut à ski. Je vous invite à aller visiter son site officiel (in english dans le texte) pour en savoir plus sur son histoire et ses engagements.

Alors avis à ceux qui n’ont pas le vertige (et même ceux qui l’ont, avec un petit effort, ça devrait aller !), empressez-vous de visionner ce film aussi drôle qu’émouvant !

Corisande

(Crédits photos : 3dman_eu – Pixabay / Allociné)

« L’os à moelle », le journal de Pierre Dac.

 

Cette semaine, nous mettons une nouvelle fois à l’honneur le talent comique de l’excellent Pierre Dac. Pour ceux qui ont oublié les précédents billets (ou pire! pour ceux qui ne les auraient pas lu !), cliquez ici pour découvrir un autre article consacré à Pierre Dac.

N’y voyez surtout pas un manque d’inspiration, non, non, bien au contraire !

journauxLa carrière du » maître du loufoque » a été longue! Nous n’avons pas tout dit à son sujet. Il est de notre devoir de rectifier le tir en vous proposant un nouvel ouvrage sur une période très intéressante de sa vie !

On le savait animateur d’émissions de radio et interprète de sketchs avec son ami Francis Blanche mais Pierre Dac a également été rédacteur en chef d’un journal ! Il était intitulé L’os à moelle, organe officielle des loufoques et a été publié à partir de 1938. Son nom donne le ton du contenu. Ce journal se voulait humoristique, décalé, profondément anti-fasciste et parodiait avec bonne humeur les journaux d’informations  !

Il disparaîtra d’ailleurs aux premières heures du second conflit mondial… Mais il sera relancé à plusieurs reprises par la suite !

Chaque vendredi, le lecteur avait le plaisir de découvrir une nouvelle sélection d’articles déjantés et de petites annonces complètement farfelues dans ses colonnes.

Même si L’os à moelle est tombé quelque peu dans l’oubli depuis, les articles de Pierre Dac et des autres rédacteurs nous sont parvenus jusqu’à aujourd’hui. Ils sont même réédités dans un recueil intitulé :

« L’os à moelle : 13 mai 1938 – 7 mai 1940 »

pierre-dac

Dans cet ouvrage, vous découvrirez une sélection d’articles et contenus des plus mémorables de L’os à moelle sur cette période. En introduction de chaque numéro, un bref rappel du contexte historique permet de mieux les appréhender.

En voici un petit avant goût…

Conseils pratiques : Pour détruire les fourmis.

L’expérience démontre que, jusqu’à présent, toutes les méthodes chimiques de destruction des fourmis s’avèrent sinon inopérantes, du moins insuffisamment efficaces. Il faut procéder par ruse et de la manière suivante :

Sur une porte de placard, mettez une pancarte ainsi libellée:

Cinéma réservé aux fourmis – Spectacle permanent

Les fourmis, qui adorent le cinématographe, se précipiteront en foule pour voir le film qu’elles espèrent ; quand votre placard en sera rempli, mettez-y le feu, et vous serez débarrassé à tout jamais de ces bestioles,intelligentes, certes, mais indésirables à tous égards.

Des contenus idéales pour réaliser des lectures lors de vos soirées en bibliothèques !

Elias

(sources photos : ChristopherPluta-Pixabay, Electre)

Le grand livre des Monty Python

 

Pour achever cette année sur une note joviale et détendue, je vous propose de pénétrer dans l’univers délirant et absurde de la fameuse troupe anglo-saxonne de comiques : les Monty Python !

john-cleeseDurant vingt ans, de 1969 à 1989, ils ont donné à l’humour britannique un nouvel élan et un ton résolument moderne pour la plus grande joie des sujets de la Couronne britannique!

Sketchs, télévision, chansons, long-métrages… Les Monty Python se sont essayés à tout! Leur talent paraissait sans limite! Puis en 1989, l’aventure a pris fin…

Mais les Monty Python, passés à la postérité, continuent encore aujourd’hui  d’inspirer les humoristes et marquent de leur empreinte bien des films et sketchs. Au Royaume-Uni et ailleurs bien-sûr!

De l’autre côté de la Manche (le bras de mer, pas la pièce de tissu) les Nuls, Kad et Olivier, les Robins des Bois ou plus récemment le Palmashow se sont revendiqués de cet humour « pythonesque »!

Chacun d’entre nous garde en mémoire un petit quelque chose des Monty Python (sauf les malheureux qui ne les connaissent pas évidemment!). Pour ma part, j’apprécie vraiment le film Sacré Graal ! Pour les amateurs d’humour absurde, c’est une référence incontournable! Comme oublier les chevaliers qui disent Ni et l’effrayant lapin tueur???!

Bref le talent incontestable des Monty Python méritait bien que quelques auteurs y consacrent des livres. C’est justement l’un d’entre eux que je vous propose de découvrir aujourd’hui:

Le grand livre des Monty Python aux éditions du Cherche-Midi.

le-grand-livre-des-monty-python

 

Ce document propose un large aperçu de l’oeuvre de la troupe mythique à travers une sélection de textes, de répliques et d’illustrations tirée de leurs sketchs, de leurs livres et de leurs disques.

Bonne lecture! Et bonne année 2017!

Elias

(sources photos : dassel-Pixabay, Electre)

Quand le diable sortit de la salle de bain de Sophie Divry

Sophie Divry

Un roman explosif en 3 parties

Dans Quand le diable sortit de la salle de bain (août 2015), Sophie Divry nous raconte l’histoire de Sophie, chômeuse empêtrée dans l’écriture de son roman et dans sa recherche d’emploi. Le lecteur est dans une première partie confronté à son errance, à ses petites combines pour s’en sortir (payer les factures, manger…). Sophie Divry nous met face à l’exclusion. Puis une deuxième partie nous fait rencontrer la famille de Sophie : une mère, 6 frères et son impossibilité à leur dire la vérité sur ce qu’elle vit en ce moment (mais l’occasion de manger à sa faim, jusqu’à l’indigestion !). Enfin, sa situation change mais va-t-elle pour autant s’en sortir ?

Un style littéraire libre

Ce roman contient de nombreux passages comiques même si le thème est grave et émouvant (mais pas plombant). Les chapitres sont courts, nerveux et le style de Sophie Divry est foisonnant.  Elle joue avec la typographie dès que celle-ci apporte de l’énergie au roman et peut prêter à sourire. Elle veut « décrire le monde dans lequel on vit et opposer la fermeture sociale à l’ouverture des possibles littéraires », d’où toutes ces libertés stylistiques qu’elles s’autorisent.

Extrait :  » Et tant pis, si avec un euro cinquante, j’aurais pu m’acheter du pain, un de ces bons pains denses qui nourrissent bien, un kilo de pommes, les faire mijoter en compote – pour tenir le coup, rien de mieux que du pain complet  et une compote de pommes – mais manger du pain et de la compote pendant huit jours, voilà justement ce qu’on ne peut pas faire, quand on est pauvre, sans craquer pour une barquette de frites, une glace, quelque chose qui vous donne l’impression de vivre un peu plus« .

Quand le diable sortit de la salle de bain, un OLNI ?

Sophie Divry a voulu s’amuser en écrivant ce roman. Pour autant, « ce n’est pas le chômage qui est drôle mais la littérature qui est une fête, on peut tout se permettre ».

Elle qualifie elle-même son roman d’Objet Littéraire Non Identifié !

Pari réussi !

Luz

(Source photo : Electre)