Voyage: New York

New York : croquons la grosse pommeVertigineuse, gigantesque, exubérante, cosmopolite, autant de qualificatifs pour New York, ville de tous les possibles. Elle n’est pas la plus peuplée du monde, ni même la capitale des Etats Unis, New York est cependant une référence pour toutes les générations. Ce voyage vous propose d’explorer toutes les facettes de New York pour découvrir la réalité de « la ville qui ne dort jamais ».

Gimme The Loot – Adam Leon

Gimme The Loot est un film d’Adam Leon réalisé en 2012. On y suit Malcolm et Sofia, 2 graffeurs à la recherche d’argent. C’est l’occasion pour le spectateurs de découvrir le Bronx à travers les pérégrinations de ces 2 jeunes.

gimme the lootMalcom et Sofia sont de jeunes graffeurs qui arpentent les rues de New York pour couvrir de leurs noms les murs de la ville. Lorsque l’un de leurs tags disparaît sous un autre graffiti, les deux adolescents se lancent le défi de leur vie : tagguer la pomme géante du Shea Stadium. Pour cela, une contrainte et pas des moindres : trouver les 500 dollars nécessaires pour que le gardien de nuit les fasse entrer incognito… Entre rivalités de gangs et petites combines, parviendront-ils à prendre leur revanche ?

Nous vous proposons ici un film très rafraîchissant, bourré d’humour et où tous les personnages s’avèrent être attachants. Une très bonne façon de se faire un rapide aperçu du Bronx et de ses habitants!

Adam Leon à propos de Gimme The Loot : « Quand ils ne courent pas, mes personnages prennent la voiture, le métro, font du vélo… En un sens, il s’agit d’un voyage épique à travers les différents quartiers de New York. »

Voici un aperçu du film:Image de prévisualisation YouTube

Et si vous souhaitez en savoir plus sur le Bronx, cliquez là!

 

 

Le Bronx, berceau du hip hop

Les membres de Ghetto Brother, gang pacifiste et multiracial du Bronx, furent les premiers à inviter d’autres gangs sur leur territoire, festoyant en musique et sans animosité. Cette époque vit l’émergence d’une culture urbaine nommée hip hop.

Définition

On peut parler de hip hop, musique rap ou encore musique hip hop. Il s’agit d’un genre musical, et plus largement d’un mouvement artistique, regroupant 5 disciplines principales : le MCing (autrement dit le chant rap, chant scandé sur le sample du DJ), le beatboxing (bruitage avec la bouche souvent raccrocher au DJing), le DJing (mixer et « scratcher » des disques), la danse avec les styles breakdance et electric boogie, les graffitis.

Les pionniers du hip hop et du DJing

Le hip hop se développe au début des années 1970 dans le Bronx. DJ Kool Herc est considéré comme le père fondateur du hip hop à New York. Il organisa les 1ères block parties (fêtes de quartiers hip hop) dans le Bronx, où de nombreuses battles (concours) se tenaient entre MCing (rappeurs), DJing (disc jockey), et B-Boying (danseurs).

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A la suite de DJ Kool Herc, le phénomène dépasse les frontières de West Bronx et du Bronx. Il fait des émules et apparaissent des crew (souvent issus de gangs existants) c’est-à-dire des équipes de danseurs, avec un MC (maître de cérémonie, le plus souvent un rappeur) à leur tête et un DJ. Le plus célèbre étant le Rock Steady Crew fondé en 1977.

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Suivant le sillage de DJ Kool Herc, le DJ Afrika Bambaataa permet au courant hip hop naissant de se développer dans le tout New York. Il fit de son gang une des toutes premières crew du hip hop, la Universal Zulu Nation, organisation pour la prise de conscience hip hop. Il récuse les gangs et adopte la devise « peace, love, unity and having fun » (paix, amour, unié et festivités)

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Avec The SugarHill Gang, le hip hop se fait connaître auprès d’un public toujours plus large. Il joue un rap festif influencé par le disco. Il entre dans le top 40 américain avec le titre « Rapper’s delight ».

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Originaire des ghettos noirs et latinos de New York, d’abord musical, le hip hop se développe très vite en tant que mouvement culturel, artistique, voir même contestataire et sociétal au point de devenir une culture urbaine incontournable et universelle aujourd’hui.

Ghetto Brother – Julian Voloj et Claudia Aherling

« Ghetto Brother » est un roman graphique dont l’histoire se déroule dans le Bronx des années 1960. Où comment un jeune immigré portoricain a créé son gang, pacifiste et solidaire, face à l’ultra-violence dans le Bronx, connu alors pour être l’un des arrondissements les plus violents de New-York.

ghetto brotherVoici l’histoire vraie de Benjy Melendez, fils d’immigrants portoricains, qui grandit dans le Bronx ravagé par la drogue, la pauvreté, la violence et les guerres de gangs. Influencé par les mouvements contestataires, tels que les Black Panthers et à cause de la mort de son ami Black Benjy, Melendez fera de son gang un groupe multi-racial et pacifiste, à la fin des années 60. Benjy Melendez tentera d’enrayer la criminalité entre gangs de quartier. Leur quête identitaire, politique et musicale constitue les prémisses de la culture hip hop.

« Les Ghetto Brothers vont proposer un traité de paix. A tous les gangs ».

Ce roman graphique, réalisé à quatre mains, nous plonge dans le Bronx et son ultra-violence. Le dessin brute, en noir et blanc, illustre parfaitement l’histoire, et la rudesse de la vie dans cet arrondissement. Le récit est de grande qualité et montre, au-delà de la violence, les réalités sociétales complexes de l’époque, et encore, trop souvent actuelles. Le tout est accompagné d’un carnet documentaire, en fin d’ouvrage, apportant des informations sur Benjy Melendez, la vie des gangs, et l’émergence de cultures urbaines comme le hip hop.

Matthew Thomas écrivain du Queens

Les romans, dont la fiction se déroule New York en général, ont en particulier Manhattan pour cadre. Un peu Brooklyn. Et très rarement le Queens. Aujourd’hui, nous souhaitons vous présenter un roman de la rentrée littéraire de janvier 2015, dont l’histoire se déroule dans cet arrondissement de New York : « Nous ne sommes pas nous même » de Matthew Thomas.

Résumé :

Eileen Tumulty vit son enfance dans un minuscule appartement du Queens, entourée d’un9782714457226,0-2488703 père camionneur idole du quartier et d’une mère alcoolique et dépressive. De cette période, elle se fait une promesse : toujours viser plus haut, ne jamais renoncer à sortir de sa condition. Elle va obtenir son diplôme d’infirmière, trouver du travail, se marier avec Ed. De cette union naîtra Connell, à qui Eileen transmettra sa soif d’ambition. Sur 50 ans, voici le portrait de cette femme qui a des rêves pour elle, pour sa famille et aucune intention de les brader.

Avis :

Nous avons aimé en toile de fond de ce roman le portrait de l’American Dream dans le New York des années 1940 aux années 90. Nous avons aimé découvrir la vie d’Eileen, héroïne à la fois ordinaire, sublime, et bouleversante dans sa soif de devenir quelqu’un. Nous avons aimé l’écriture juste et limpide que nous nuancerons par la longueur du livre (787 pages).

AVT_Matthew-Thomas_1065L’auteur :

Matthew Thomas est né dans le Bronx mais a été élevé dans le Queens. Professeur de collège, à 40 ans, « Nous ne sommes pas nous même » est le premier roman de Matthew Thomas. Fiction maîtrisée, histoire parfaitement charpentée, il aura fallu dix ans à son auteur pour écrire ce roman. Celui-ci a été sélectionné pour le prix du 1er roman de Flaherty-Dunnan et pour le prix du 1er livre du Guardian. En espérant que ce ne sera pas son dernier, car la littérature américaine vient de voir naître un nouveau talent.

Nous vous invitons à découvrir Matthew Thomas qui présente son livre dans cette vidéo :

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Bonne lecture à tous !

Il était une fois dans le Queens – Dito Montiel

Inspiré de la vie de Dito Montiel, Il était une fois dans le Queens raconte, le temps d’un été, les événements qui ont poussé celui-ci à fuir son quartier et à couper les ponts avec tous ses proches. Le réalisateur nous emmène à la découverte du Queens au milieu des années 80. Cet arrondissement de New York est le plus étendu et c’est surtout l’un des plus multi-ethniques.

QueensAprès 15 ans d’absence, Dito retrouve le Queens, le quartier le plus violent de New York, pour faire face à son père, gravement malade. C’est dans ces rues où il a grandi, qu’il va retrouver ses anciens camarades – tout du moins ceux qui ne sont pas en prison ou morts assassinés – et son ancien amour d’enfance, Laurie. Dito va tenter de comprendre les événements tragiques survenus pendant l’été 1986 qui ont provoqué son départ précipité.

On a adoré ce film et surtout les scènes pendant l’adolescence de Dito. Il était une fois dans le Queens vaut le détour pour le jeu des acteurs (jeunes et confirmés) et pour l’ambiance années 80. 

Un petit aperçu ?

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Et si vous souhaitez en savoir plus sur le Queens, c’est par ici.

L’architecture de la Grosse Pomme

La skyline de Manhattan, le pont de Brooklyn, l’Empire State Building, …. sont autant de lieux mythiques de l’architecture de New York. Plutôt que de dresser un inventaire architectural de la Grosse Pomme, nous vous proposons une sélection d’ouvrages brossant le portrait de l’architecture new-yorkaise, et notamment ses gratte-ciel.

Des documentaires :

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« Culture New York » de Françoise et Pauline Bayle

Ce livre vous emmènera dans une promenade architecturale et culturelle à travers des lieux incontournables de New-York. Les plus : des photographies grand format ; une carte recto-verso avec les informations pratiques pour se repérer en un coup d’oeil.

« New York toujours » de Richard Berenholtz

Ce livre présente une vision unique de l’architecture de la Grosse Pomme grâce à une sélection de clichés panoramiques. Richard Berenholtz a lui-même travaillé pendant dix ans comme architecte de grandes firmes new-yorkaises avant de s’orienter vers une carrière de photographe. Le plus : les nombreuses photographies en double page qui font de cet ouvrage un très beau livre.

Pour compléter : « Architecture de New York » d’Amanda Johnson ; « New York New York » de Richard Berenholtz ; « Comprendre New York : décoder l’architecture de la Grosse Pomme » de Will Jones ;  » New York : une histoire d’architecture » de Yann Arthus-Bertrand.

Des romans :

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« Chasseurs de nuages » de Richard Rayner

Voici le destin d’Esko. Au début du 20ème siècle, après avoir participé à la lutte d’indépendance de son pays, la Finlande, il s’exile aux Etats-Unis. Eté 1928, Manhattan. Esko a su s’imposer comme un architecte de gratte-ciel surdoué que le tout New-York s’arrache. De la Finlande déchirée au New-York de la Prohibition, du jazz et des permiers gratte-ciel, Esko, bien que cachant jalousement son passé, n’aura de cesse de retrouver son amour de jeunesse perdu.

« Ciel d’acier » de Michel Moutot

New York, 11 septembre 2001. Au moment où les Twin Towers s’effondrent, John LaLiberté, dit Cat, Indien Mohawk et ironworker (monteur d’acier), travaille sur le chantier d’un nouveau building à Manhattan. Il rejoint le lieu de la catastrophe, appelé en renfort comme tous ses collègues pour s’atteler au premier déblaiement des gravats en vue de sauver d’hypothétiques survivants. Cette saga retrace l’histoire des ironworker, en partie grâce à qui les gratte ciel habitent le cile de New York.

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Des bandes dessinées :

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« Le sculpteur » de Scott McCloud

David Smith consacre sa vie à l’art… jusqu’à l’extrême. Grâce à un pacte avec le diable, le jeune artiste voit son rêve d’enfance se réaliser : pouvoir sculpter tout ce qu’il touche. Mais ce pouvoir hors norme à un prix… Au delà de l’histoire, ce roman graphique de Scott McCloud interpelle le lecteur par ses planches représentant l’architecture vertigineuse de New York, que David Smith souhaite modeler pour sculpter l’inoubliable.

« Un homme de joie (tome 1) : La ville monstre » de David François et Régis Hautière

New York, début du 20ème siècle, à l’heure de la construction des premiers gratte-ciel. Sacha, jeune émigré, est prêt à vivre son rêve américain. Devant lui s’étend une ville mirage, une ville tentaculaire… qui se remplit de gratte-ciel et de gangsters mafieux à l’heure de la Prohibition. Une ville monstre.

Pour compléter cette sélection d’ouvrages :

Vous voulez découvrir ou redécouvrir une sélection (non exhaustive) de monuments et autres lieux architecturaux de New York, alors cliquez ici !

 

 

 

Robert Moses, le maître caché de New-York – Pierre Christin et Olivier Balez

Le Lincoln Center, le pont Verrazano, Flushing Meadows ou encore le gratte-ciel des Nations Unies, voilà autant de réalisations architecturales de Robert Moses à New York. Personnalité incontournable et critiquée, la ville lui doit des piscines et plages publiques, des stades et aires de jeux mais aussi des autoroutes au milieu de la ville et des quartiers populaires remisés à sa périphérie.

robert moses« À New York, il est presque impossible de marcher, de rouler, de nager, de pratiquer un sport, de s’asseoir ou même de dormir sans utiliser la création d’un certain Robert Moses », véritable équivalent new-yorkais du baron Haussmann. De 1930 à 1970, cet architecte va littéralement transformer le visage de la Grande Pomme. Grand urbaniste, il créera également de nombreuses aires de jeux, des piscines ou des écoles et bâtira 150 000 logements, remplaçant ainsi ceux qu’il avait fait détruire pour dégager de soi-disant taudis et faire passer ses routes… Car par ses grands travaux, Robert Moses deviendra un homme controversé, faisant peu de cas des populations défavorisées et des minorités en se rendant notamment responsable de la « ségrégation invisible ».

Cette bande dessinée nous fait découvrir la transformation de New York au XXième siècle à travers cet homme qui longtemps fut indispensable mais ne sut pas partir au bon moment. On a aimé l’ambiance graphique créée par Olivier Balez qui reproduit avec brio l’architecture de New York.

Brooklyn fait son cinéma

Nous avons déjà évoqué Brooklyn dans la littérature, et Brooklyn en musique. La part belle est faite aussi à cet arrondissement de New York dans le cinéma. Et ceci dans des réalisations en tout genre : film réaliste avec « Le petit fugitif », film policier avec « L’élite de Brooklyn », ou encore film de gangster avec « Les affranchis ». 

« Le petit fugitif » de Morris Engel

A Brooklyn, dans les années 50, alors que leur mère doit s’absenter, Lennie doit s’occuper de son petit frère, Joey. Embêter par cela, Lennie joue un mauvis tour à Joey. Ce dernier s’enfuit alors à Coney Island, immense plage de Brooklyn. Il va y passer 1 journée et 1 nuit d’errance et d’amusement au milieu de la foule et des attractions.

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Ce film a été tourné en 1953 en décors réels, avec des acteurs amateurs, et en caméra discrète placée parmi les badauds inconscients de prendre part à un tournage. « Le petit fugitif » est un monument du cinéma « réaliste » et du cinéma indépendant américain d’après-guerre, qui influencera « La nouvelle vague » française.

« L’élite de Brooklyn » d’Antoine Fuqua

Eddie, Sal et Tango sont trois policiers du 65ème district, l’un des plus dangereux du nord de Brooklyn. Travaillant dans des brigades différentes, ces trois flics n’auraient jamais dû se croiser. Jusqu’à cette nuit, où la violence ordinaire, devient dantesque dans cette zone de Brooklyn…

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Le tournage, qui a duré 41 jour, s’est principalement déroulé sur place dans l’East Brooklyn, dans le quartier de Brownsville, où la violence et la corruption règnent. Antoine Fuqua : « Les policiers ne voulaient pas nous laisser aller dans le quartier parce qu’ils disaient que c’était un endroit où régnaient la violence et la corruption. (…) Je voulais filmer dans le quartier et rendre l’histoire la plus réaliste possible. ». En ressort un polar maîtrisé et ultra-tendu du début à la fin.

« Les affranchis » de Martin Scorsese

Henri Hill rêve de devenir gangster et d’appartenir à la mafia. Il adule la famille Luchese, une famille de gangsters de son quartier ouvrier de Brooklyn. Il commence à travailler pour ces affranchis et est pris sous l’aile du parrain de la pègre locale, Paulie Cicero et son proche associé, Jimmy Conway. De 1955 à 1980, l’histoire retrace l’ascension et la chute, d’associés des Luchese, d’Henry Hill et ses amis.

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Ce film raconte l’histoire vraie d’Henry Hill, gangster américain né à Brooklyn en 1943, et associé à la famille Luchese, l’une des cinq familles de la Cosa Nostra des Etats Unis. Ce film est basé sur le livre « Wiseguy » de Nicholas Pileggi.

Pour finir, évoquons le dernier film de Sergio Leone « Il était une fois en Amérique ». Une des scènes les plus célèbres du film est la mort d’un des adolescents de la bande, Dominic, au pied du pont de Manhattan, à l’angle de Water Street et d’Adams Street, scène sublimée par la musique d’Ennio Morricone et le ralenti.

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Avec une affiche du film inspirée de cette séquence, les touristes viennent nombreux se photographier. Actuellement, ce quartier de Brooklyn, Dumbo, devenu culte grâce au film, offre un accès limité aux touristes et diverses sociétés de production.

affiche il était une fois en amérique