Voyage: Non classé

L’agent indien de Dan O’Brien

O’Brien a choisi d’opposer une grande figure,  Nuage Rouge (Red Cloud), à celle de l’agent indien qui a participé à la création de la célèbre réserve de Pine Ridge. Il s’appelait Valentine McGillycuddy et était destiné à une carrière de médecin notamment dans l’armée. Mais le gouvernement lui proposa d’occuper le poste d’agent dans la toute nouvelle réserve de Pine Ridge où étaient stationnés les Sioux et notamment la bande de Red Cloud. A l’époque c’était un poste prestigieux et bien rémunéré. Ayant une bonne expérience de la vie dans les Grandes Plaines et connaissant bien le problème indien, McGillycuddy accepte bien volontiers cette mission. Il emménage donc dans la réserve avec sa jeune femme.

A partir de là, l’écrivain nous dépeint les rapports de force entre ces deux  personnalités. Le roman débute en 1878 au moment où l’agent prend ses fonctions. Crazy Horse a été assassiné, Sitting Bull résiste toujours dans le Nord, mais les jours des indiens libres sont comptés.

Au travers des affrontements entre les deux hommes, O’Brien nous donne de précieuses indications sur le fonctionnement des réserves et la vie des Indiens. Pourquoi et comment la corruption régnait (les rations destinées aux Indiens étaient subtilisées, les ventes d’alcool avaient cours alors qu’elles étaient pourtant interdites, etc.).

Ce n’est pas un ouvrage historique mais bien un roman. En tant qu’écrivain, O’Brien a choi de mettre en lumière certains événements plutôt que d’autres, a créé des personnages secondaires, imaginé certaines situations ou dialogues bien certainement, mais l’essentiel des faits historiques est respecté. J’ai été frappée du fait qu’il n’a pas voulu prendre parti entre ces deux fortes têtes. Cependant, la personnalité de l’agent, malgré ses bonnes intentions, demeure déplaisante, et Red Cloud, bien qu’il ait lui-même été sujet à controverse, ne peut susciter que la compassion.

 Une excellente surprise, un bon roman de cet écrivain de l’Ouest qui mérite d’être enfin reconnu par les lecteurs français.

 

Alphonse Allais by les Frisettes Brother’s

Un petit « Début de siècle »

((Très) librement inspiré de « Un petit « Fin de siècle » (page 122))

-Dis donc, mon oncle ?

-Mon ami…

-Qu’est-ce que ça veut dire « Allais à se tordre » ?

-Allais, c’est le nom d’un humoriste qui écrivait dans les journaux il y a plus de 130 ans. Son petit nom s’était Alphonse. Et « A se tordre » c’est le…

-Un humoriste ? Comme les Frisettes Brother’s ? Il portait aussi une cagoule rigolote et mettait des tartes à la crème ?

-Non, lui, il écrivait des nouvelles absurdes de une à deux pages. C’était des textes faits pour être récités devant un public dans les cabarets. C’est la raison pour laquelle on retrouve souvent des monologues et…

-Un cabaret, c’est l’endroit où l’on fait pipi ?

-Non ça c’est un cabinet… Je disais donc qu’on retrouve des histoires bien troussées avec des jeux de langages, ou les personnages ne sont pas ceux que l’on croît, des combles et des devinettes et aussi de nombreux jeux de mots parfois coquins…

-Est- ce qu’il y a aussi des homophonies ?

-Comment tu connais ce mot à ton âge ?

-C’est dans le spectacle des Frisettes Brother’s !

-Bon, je suis en train de t’expliquer. Alors, s’il te plaît, cesse de m’interrompre… Hum hum… Bien sûr, depuis Alphonse Allais, le monde a changé. Son humour est un peu old school avec ces histoires de cocus, de farceurs, d’idiots du village, de potaches du quartier latin, de conscrits…

– ……

-Tu ne me demandes pas ce qu’est un conscrit ?

-Non. Un conscrit, c’est un jeune homme qui va bientôt faire son service militaire. Pourquoi ?

-Donc pour conclure, même si le titre « A se tordre » est un peu hyperbolique, on appréciera la légèreté de certaines histoires et surtout un style, car l’humour est un style et non un thème, qui inspirera jusqu’aux humoristes d’aujourd’hui…

-Comme les Frisettes Brother’s !!! Qui dans leur blog font parfois dialoguer plusieurs personnages afin de faire un commentaire de livre sans en avoir l’air !

-Je pensais plutôt à Desproges ou Jean Loup Chiflet ; (tentons le point-virgule !) mais si tu y tiens oui. Je peux reprendre ma lecture maintenant ?

– Dis tonton ? Tu m’emmèneras voir les Frisettes Brother’s le 15 juin à la salle des Salorges de Noirmoutier ?

(Le bruit d’un coup de pied dans le derrière retentit.)

Etape 10 : « A se tordre » d’Alphonse Allais

 

« Les gens qui ne rient jamais ne sont pas sérieux » Alphonse Allais

                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

 

Alphonse Allais est reconnu aujourd’hui comme le père spirituel de beaucoup d’humoristes français. Raymond Queneau, Pierre Dac, Pierre Desproges et bien d’autres ont trouvé leur inspiration dans son œuvre.

Célèbre à la Belle époque et connu pour sa plume acerbe  et son humour absurde, il appartient à la marginalité des auteurs dits « humoristiques » et « populaires ». Pourtant, il mettra du temps à se faire connaître comme « écrivain » auprès de ses pairs.

Né en 1854, dans le Calvados, Alphonse Allais, fils d’un pharmacien, se destine à la même carrière que son père. Mais très rapidement, il termine ses études de pharmacie et s’essaye au métier de journaliste en publiant des chroniques loufoques dans diverses revues parisiennes. Il devient collaborateur puis directeur en 1886 du journal Le chat noir. C’est grâce à ses récits humoristiques et à ses nouvelles écrites au jour le jour qu’il connaît le succès. En 1897, il devient rédacteur en chef d’un journal humoristique, Le Sourire. Ses œuvres courtes sont reprises dans des recueils : « A se tordre » (1891), « Vive la vie » (1892), « Ne nous frappons pas » (1900) et « Le Captain Cap » (1902) qui deviendra son personnage le plus célèbre incarnant le goût de l’absurde.

Pendant un quart de siècle, il ne cesse de publier dans la presse, des récits, chroniques, contes (plus de 1600 en 25 ans) et poèmes en tout genre. Ses contemporains le surnomment « la vache Allais ». Il devient célèbre et populaire grâce à son écriture légère, irrespectueuse et à son humour déplacé.

Il décède en 1905 d’une embolie pulmonaire après, dit-on, l’avoir prédit la veille.

Publié en 1891, « A se tordre » est un recueil de 45 histoires tirées du journal Le chat noir. Ces récits brefs visent à surprendre le lecteur par l’exploitation de nouveaux personnages, de situations inopinées ou encore de procédures narratives qui déroutent.

Une publication dans une collection de « classiques » qui le fait entrer dans le Panthéon des Lettres et le consacre premier comique du XIXème siècle.

Retrouvez Alphonse Allais dans Florilège – 18 textes savoureux disponible depuis la plateforme e-médi@ en cliquant sur l’image.

Etape 5 SPECIAL ADOS – Flibustière !

Chers moussaillons,

On ne peut évoquer la mer sans parler des PIRATES mais aussi des FLIBUSTIERS ! Alors, plongez-vous dans la lecture de Flibustière, un roman de Johan Heliot, auteur reconnu de romans pour ados. Et une fois n’est pas coutume, le héros de cette histoire est une jeune fille !

1797 – Aristide Dumas embarque à La Rochelle avec sa femme et sa fille à destination des Caraïbes. Peu avant leur arrivée, sa femme meurt en mettant au monde un garçon, et leur navire, La Destinée, est abordé par un corsaire. Le destin d’Alexia est scellé. À douze ans, déguisée en garçon, elle rejoint la communauté des frères Lafitte, célèbres flibustiers établis à l’embouchure du Mississipi, pour garantir sa survie et celle de son jeune frère… Dès lors elle sillonnera le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes pour faire sortir son père de prison, libérer le corsaire Logan des griffes de l’affreux Bonnafé et se lancer dans la flibuste à son compte. De batailles en trahisons, voici le premier livre des aventures d’Alexia Dumas, flibustière, une héroïne prise dans la tourmente de la colonisation en Amérique, avec en fil rouge le combat pour l’abolition de l’esclavage et l’émancipation par tous les moyens.

Bonne lecture !

Un habitué du Festival

Beaucoup d’artistes sont venus à Poupet, certains sont même revenus, mais l’un d’entre eux est venu 11 fois, rien que ça !

Nous voulons bien entendu parler de Yannick Noah.

Retrouvez grâce à cette vidéo, son interview réalisée en 2011 à Poupet, ainsi qu’un extrait de ses chansons sur les oreilles en balade.

Bonne écoute

Trois petites notes

« Le Front russe » de Jean-Claude Lalumière

 

Cette semaine, je vous propose de découvrir « Le Front russe » de Jean-Claude Lalumière. Vous allez me dire, qu’est-ce qu’un livre d’histoire fait dans la rubrique humour ? Lisez la suite, vous allez voir qu’absurdité et administration font parfois bon ménage

Le héros de ce roman rêve depuis l’enfance de voyager : « Réfugié dans ma chambre après avoir été délogé du canapé, je me plongeais dans la lecture de quelques Géo que mon oncle Bertrand m’avait donnés, et grâce auxquels je voyageais aux quatre coins de la planète. » C’est pourquoi, devenu adulte, il décide tout naturellement, de passer le concours d’attaché d’administration du ministère des affaires étrangères : « Je suis entré au ministère avec l’envie de parcourir le monde. Bien entendu, ce n’est pas ce que j’ai dit lors de la discussion avec le jury ». Ayant réussi de justesse le concours, il est mûté au bureau des pays en voie de création/ section Europe de l’Est et Sibérie, « – Entre-nous, on appelle cette section « le Front russe », ajouta-t-il d’un air comblé. Ce sont les seuls bureaux délocalisés dans le XIIIe arrondissement. Personne ne veut y aller. Je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs, le XIIIe, c’est plus à l’Est que le VIIe, ça rapproche de la Sibérie, c’est plus pratique ». Il découvre ses nouvelles fonctions à savoir le classement, l’organisation « d’une parade des fiertés diplomatiques », la rédaction de notes administratives en tout genre comme une demande d’enlèvement de pigeon mort :   » nous travaillons dans l’ombre, me dit-il. Au Quai d’Orsay, ils appellent cela des missions diplomatiques non officielles. Mais il s’agit en fait de prendre la suite des services secrets et de préparer l’arrivée des missions diplomatiques officielles une fois que la situation diplomatique est stabilisée. Une mission de transition en quelque sorte. » Il fait aussi la connaissance de ses collègues, Arlette, « une postsoixante-huitarde pur jus« , Marc, l’informaticien « le seul à venir travailler en jeans et en T-shirts, ce qui est le signe de distinction des informaticiens » ou encore Philippe, le maître de l’art du classement de dossiers par couleur. Autant dire que « le Front russe » est un bureau dans lequel l’administration relègue ses éléments les plus problématiques.

Dans un humour mordant, vous découvrirez les déboires de cet employé dans l’administration. Un vrai cauchemar…

 

Porteurs de peau

Chers voyageurs, notre train continue son voyage sur les routes de l’Ouest. Aujourd’hui nous traversons le Nouveau-Mexique et c’est un roman policier que nous avons décidé de vous faire découvrir.

« Porteurs de peau  » de Tony Hillerman

Les porteurs-de-peau sont les sorciers, les loups navajos qui décident d’apporter le mal a leurs congénères. Ils rodent dans les ténèbres de la grande réserve, parfois couverts d’une fourrure d’animal, et possèdent des pouvoirs surnaturels. Trois meurtres sont commis, peut-être quatre. Une nuit, Jim Chee, le policier navajo traditionaliste, est tire de son sommeil et plonge dans l’angoisse. Alors commence une enquête qui lui fera côtoyer le lieutenant Joe Leaphorn et les marquera tous deux profondément, dans leur esprit comme dans leur chair.

Amis voyageurs si vous êtes conquis à la lecture de ce roman alors n’hésitez pas à poursuivre les aventures de Jim Chee et Joe Leaphorn. En effet Tony Hillerman a écrit une série de  livres relatant leur enquêtes.

Bonne lecture  et bon voyage !

Calamity