Voyage: Une petite gourmandise ?

Source de plaisir, sujet de conversation inépuisable, la gourmandise réunit tous les curieux… Une recette gourmande vous attend, composée des meilleurs ingrédients : littérature, musique, cinéma… Une pincée de ceci, une goutte de cela, suivez ce voyage culinaire haut en saveurs et dégustez une sélection d’œuvres qui vous mettra l’eau à la bouche.

Délices d’automne

L’automne est certainement la plus poétique des saisons.

Les arbres se parent de leurs plus beaux atours avant de s’effeuiller pour s’assoupir, enfin.

La clarté vespérale s’éteint prestement laissant nos foyers étinceler un à un.

L’automne est une bien belle saison, une période où la cuisine change, elle devient plus chaleureuse, plus réconfortante.

Pour vous permettre de profiter de cette saison, je vous propose tout un assortiment de plats à déguster.

Les soupes :

Velouté de champignons à la crème fraîche

Soupes à l’oignon, comté avec sa tranche de pain de campagne

Velouté de cresson

Soupe de carottes au cumin

Soupe aux choux fleurs et aux poireaux

Soupe de potimarron au lait de coco

Les plats principaux :

Pintade rôtie aux pommes de terre et châtaignes sautées

Parmentier de haddock à l’ail

Dinde, purée de patates douces et épis de maïs (inspiré du Thanksgiving américain)

Filet de volaille à la normande et sa fondue de poireaux

Lapin à la moutarde aux salsifis poêlés

Limande aux amandes avec ses pommes de terre persillées

Gratin de chou-fleur, pommes de terre et crème fraîche

Gratin d’endives au jambon

Lasagnes aux champignons

Quiche aux cêpes

Potée  aux choux

Tarte aux oignons confits et sa croûte fromagère

Les desserts :

Tarte normande aux pommes

Carpaccio de poires et sa sauce aux deux chocolats

Compote pommes et cannelle aux éclats de meringues

Tarte aux citrons meringuée

Fromage frais et son coulis de fruits rouges

Pain d’épices au glaçage d’automne

Cake au potimarron et sa crème anglaise

Mousse de marron sur son lit de pommes caramélisées

Pour vous donner d’autres idées de plats, voici une petite sélection de livres de cuisine :

Je ne pouvais pas vous laisser sans vous proposer d’écouter l’Automne de Vivaldi

Je vous souhaite à tous un bel automne !

Bastet

[Sources : Pixabay pour les coloquintes (Alexas_Fotos) et les feuilles d’automne (Cocoparisienne)]

De l’été aux couleurs de l’automne

Tomates d’hier et d’aujourd’hui

Documentaire de Louis Albert de Broglie et de Dominique Guérault

Photos de Marc Dantan

Editions HOEBEKE, disponible à la Bibliothèque départementale : 635.6 BRO

Cette ouvrage, centré sur la tomate présente ce fruit sous différents aspects : une grande voyageuse évoquant l’histoire et le chemin parcouru à travers les continents, un lieu où elle est mise en avant « Le Conservatoire de la Tomate de la Bourdaisière », son aspect botanique, sa culture, les différentes variétés, les tomates d’aujourd’hui et sans oublier un chapitre avec de délicieuses recettes. La préface écrite par Jacques Puisais, vice-Président de l’Institut du Goût, est un très beau texte qui nous met en appétit, il peut être lu lors d’animations sur la gourmandise estivale dans les bibliothèques. En voici un extrait en guise d’apéritif :

ça fleure bon la tomate !

L’usage de ce fruit s’est spontanément et tranquillement répandu dans le temps sur l’ensemble de notre terre sans avoir besoin de recourir aux publicités tapageuses. Il s’est fait connaître très simplement par ses propriétés caractéristiques, par le plaisir qu’il procure, par son goût aux riches sensations polysensorielles. Son aspect est varié, puisqu’il peut ressembler à une cerise, donnant envie de jouer avec ces petites billes enfantines, ou à un gros melon (on cite un record de poids dépassant les 3 kilos !). Par ses formes des plus diverses, cette tomate vous attire, elle peut être ronde, aplatie allongée, côtelée, ovoïde…

Les couleurs ne sont pas en reste et si le rouge cerise est la variété la plus répandue, on rencontre une large gamme de nuances chatoyantes, allant du jaune plus ou moins safrané à l’orangé de l’abricot, du rose pourpré au garance, du pourpre royal au laqué carminé, voire des teintes bistrées. En conséquence, un fruit qui s’éloigne de toute monotonie. Mais en le touchant, alors on rencontre une similitude par le contact avec une peau lisse, un grain extrêmement fin conduisant vers un incomparable glissant.

Tout ceci nous donne envie de couper ce fruit en deux. On découvre alors une masse colorée, aux apparences pulpeuses, juteuses, luisantes de loges qui peuvent être nombreuses (allant jusqu’à douze). A l’intérieur de chacune d’elles, selon les variétés, un liquide albuminoïde entoure des petites graines légèrement translucides.

Alors se dégagent des odeurs : ça fleure bon la tomate ! L’intensité est variable selon les espèces qui doivent être adaptées à la nature des sols et du climat de l’endroit, car c’est le milieu qui est le véritable porteur du goût authentique. 

En bouche, la tomate nous propose des saveurs plus ou moins sucrées ou acides, selon le stade de maturité. La structure peut être accompagnée d’une certaine astringence, mais c’est par son « toucher » que la tomate nous séduit. Elle est charnue avec une chair fine se déclinant selon les diverses natures de fermeté. Parfois se devine un caractère farineux, mais dans tous les cas les impressions de « juteux », parfois de « moelleux » vont libérer progressivement les arômes de la tomate, cela est certain. On pourra également reconnaître des notes rappelant celles du foin frais, de la groseille à maquereau, de la pomme de terre (rien d’étonnant puisque ces plantes appartiennent à la même famille), sans oublier les notes musquées ou muscadées.

Oui, la tomate est bavarde, lorsqu’elle a pu mûrir entre ciel et terre sans ces artifices qui conduisent à des satisfactions plus quantitatives que qualitatives. Nous dirons que cet ensemble de propriétés organoleptiques de la tomate nous satisfait par ses apports rafraîchissants, voir apéritifs. Mais ce fruit qui est le plus souvent utilisé comme légume aime s’abandonner à des mains expertes pour de multiples et délicieuses préparations.

Tout d’abord, la simplicité avec le sel, ce sel de la vie qui exhausse les caractères sensoriels et fait sourire la tomate. Puis en salade ou sel et acidité viennent compléter la palette des saveurs ; ou encore cuites, favorisant la perte de l’eau de végétation rendant le fruit plus moelleux et vif, rehaussant ainsi nos plaisirs de table. Que la tomate soit servie froide ou chaude, elle demeure un acteur très présent de la gastronomie, pouvant se présenter dans tous ses états : sautée, gratinée, soufflée, farcie, confite, en sorbet, en potage, en jus, séchée selon les circonstances et les saisons.

Ainsi on comprend pourquoi ce fruit « facile », qui engendre gaieté, bonté et gourmandise, est appelé « pomme d’amour » dans le Midi de la France et « pomme d’or » en Italie.

Texte extrait de la préface par Jacques Puisais, vice-Président de l’Institut du Goût

Et si vous cuisiniez des monstres ? : « Gloutons et dragons » de Kui Ryoko

« Gloutons et dragons » est le 1er tome d’une série créée par une talentueuse mangaka japonaise : Ryoko Kui.

Ne cherchez pas la vraisemblance du récit, il n’y en a pas, et franchement, ce n’est pas important !

Une jeune équipe combat un dragon dans un donjon, malheureusement, un de leur copain se fait lentement digérer par ledit dragon. Il va bien sûr falloir le combattre et sauver le malheureux compagnon d’une absorption lente et douloureuse. Mais il y a un mais ! Comment trouver de l’énergie quand les estomacs de nos héros sont désespérément vides !

[Attention pour l’extrait de BD qui va suivre, comme c’est un manga, on lit à l’envers !]

Grâce aux talents culinaires d’un nain gastronome rencontré en chemin, couplé avec un système Débrouille efficace, notre valeureuse équipe pourra se régaler des nombreuses bêbêtes plus ou moins féroces qu’elle rencontrera en chemin.

Cette petite équipe perpétuellement affamée est terriblement attachante, et, brin de persil sur museau gluant, vous serez  non seulement étonnés par le nombre incroyable des êtres vivants comestibles plus ou moins prêts à être consommés (plutôt moins que plus), mais aussi par l’humour qui imprègne chaque page, nous laissant un rictus bête et permanent sur le visage tout au long de notre lecture !

En phrase bilan, je dirai que j’attends la suite avec impatience, que ce manga d’heroic-fantasy est très très sympathique et que, feuille de romarin sur dard mortel mais goûteux, cela nous donne envie de manger équilibré (le nain ne transigeant pas sur la quantité de légumes et sur l’importance des protéines).

Bastet

[Sources : Couverture du manga : Electre // 1ère page de BD : Manganews // 2ème page de BD : Bodoi.info // image de notre courageuse équipe : Mangamag]

 

Désir de chocolat de Care Santos

Si comme moi vous aimez le chocolat, vous apprécierez le roman de l’auteure espagnole Care Santos, Désir de Chocolat. A travers trois personnages, on retrouve l’histoire du chocolat, des Temps modernes jusqu’à sa grande vogue, au XVIIIe siècle.

Dans ce roman, on fait la connaissance de trois femmes qui, à trois époques bien différentes, ont possédé un même objet : un chocolatière fabriquée au XIIIe siècle. Passant de main en main, la chocolatière nous fait entrer dans l’histoire de Sara, Cándida et Mariana.

Sara, propriétaire d’une boutique de chocolat au coeur de Barcelone, a une aventure avec le meilleur ami de son mari.
Cándida, jeune fille de bonne famille, vit a la fin du XIXe siècle. Elle épouse le fils d’un chocolatier qui reprend les rênes de la boutique familiale. En quête de sensations fortes, elle s’enfuit avec un ténor napolitain.
Mariana tient une boutique de chocolat à Barcelone sous le règne de Louis XV. Cette femme lutte pour garder sa boutique alors que son mari est décédé. Elle devient la cible d’une série de complots quand les rois de France et d’Angleterre veulent s’approprier sa merveilleuse machine à broyer les fèves de cacao.

Dans Désir de chocolat, la chocolatière apparaît comme un objet liant 3 histoires différentes. Ce roman très documenté nous apprend aussi beaucoup sur l’histoire du chocolat et comment il a été apprécié depuis son arrivée en Europe.

(sources images : Electre, fontaine à chocolat Pixabay/vargazs, chocolatière wikipédia)

Epona

Epona

Je ne sais pas quoi faire de mes blancs d’œufs, qu’œuf dois-je faire ?

Le problème avec les œufs, c’est qu’on n’utilise pas forcément et le blanc et le jaune.

Le jaune sert par exemple à dorer une tourte, à faire des palets bretons, certains biscuits, de la crème pâtissière, des gnocchis mais c’est aussi un bon liant pour la peinture, le saviez-vous (on l’appelle la tempera)?

Quand vous et moi nous décidons de réaliser notre recette avec jaune d’œuf intégré (réussie forcément, on est des champions) inévitablement, on finit par regarder bêtement nos blancs d’œufs en se disant : bon, petite chose gluante, que vais-je faire de toi ?

Et là, plusieurs choix s’offrent à nous, saurez-vous choisir les bons ? :

  • les jeter dans l’évier (intéressant de voir que ça ne s’écoule pas, ben oui, c’est visqueux quand même).
  • Ouvrir ta fenêtre et les balancer sur la tête du premier quidam qui passe (mieux s’il n’a ni chapeau, ni casquette, +1 pour un brushing).
  • Faire un masque visage pour rendre ta peau fraîche et belle (penser tout de même à l’enlever, la momie-face n’étant pas à la mode en 2017).
  • Les congeler en notant la quantité de blancs et la date de congélation.
  • Les cuisiner : faire des financiers, de délicieuses meringues  (notez les références culturelles), des rochers coco, des amaretti, des pavlova, ou encore des langues de miaou, etc.

Pour cuisiner les blancs d’œufs, je vous conseille un ouvrage chez Hachette cuisine « Recettes anti-gaspi », il vous apprendra aussi à cuisiner les restes de toutes sortes.

J’espère vous avoir aidé un peu, évidemment, les deux premiers choix ne sont pas forcément les meilleurs, mais je me suis limitée dans ma bêtise, je n’ai parlé ni de batailles d’œufs, ni de pièges visqueux dans les chaussures.

Bastet (on a l’humour qu’on a)

[Sources : Pixabay -> Buecherwuren_65 pour les oeufs et Azkia_am pour le poussin; Fanpop.com pour Bob l’éponge; Electre pour la couverture du livre]

Mãn, Kim Thúy

Mãn… derrière ce titre laconique et mystérieux se cache un roman délicat et sensoriel, qui nous plonge dans les effluves de la cuisine vietnamienne, tout en nous faisant vivre le quotidien d’une jeune femme vietnamienne réfugiée au Canada. Un récit paré de blanc, le blanc du riz et de la noix de coco, d’une peau de porcelaine, d’une écriture entrecoupée de silences et de respirations.

Source : éditions Liana Lévi

« Celle pour qui il ne reste plus rien à désirer »

Mãn est une jeune femme vietnamienne qui a été abandonnée à la naissance. Déposée dans le potager d’un temple bouddhiste, elle est alors recueillie par une moniale qui la nourrit d’eau, de lait et de riz. Elle est ensuite confiée à une autre femme, une enseignante qui lui transmet son amour des mots, et lui apprend le français en lui lisant chaque soir des extraits d’Une Vie de Guy de Maupassant. Trois mères donc : celle qui met au monde, celle qui recueille et celle qui élève.

Mariée à un restaurateur vietnamien, Mãn part vivre au Canada, à Montréal, où elle aide son mari dans son petit restaurant de plats traditionnels, fréquenté par une maigre clientèle d’immigrés. Une vie faire de renonciation et d’abnégation, entrecoupée de petites joies : le réconfort des plats de son enfance, l’amitié fusionnelle avec une jeune femme nommée Julie, la naissance de ses enfants… Poussée par son amie Julie, elle devient finalement une cheffe renommée et trouve le véritable amour en la personne de Luc, un jeune chef français.

« (…) je m’appelle Mãn, qui veut dire “parfaitement comblée” ou “qu’il ne reste plus rien à désirer” ou “que tous les vœux ont été exaucés”. Je ne peux rien demander de plus, car mon nom m’impose cet état de satisfaction et d’assouvissement. »

THÚY Kim, Mãn, Paris : éditions Liana Levi, 2013, p. 34-35.

(Dans notre culture judéo-chrétienne, difficile de ne pas faire le rapprochement avec la « manne », la nourriture miraculeuse Hébreux dans le désert pendant l’Exode, une nourriture fine et blanche tombée du ciel…)

Une immersion dans la culture vietnamienne

L’écriture est ici marquée par la propre histoire de l’auteur, Kim Thúy, née à Saïgon en 1968 pendant la guerre du Vietnam, qu’elle fuit avec ses parents en tant que boat-people à l’âge de 10 ans pour le Québec. Après des études de linguistique et de droit, elle exerce de nombreux métiers, dont celui de restauratrice, avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. Son premier roman, Ru, (« petit ruisseau » en français), rapporte d’ailleurs ses souvenirs en tant que réfugiée vietnamienne, au fil de sa pensée, ruisselante comme l’eau.

Source : Pixabay

À travers l’histoire de Mãn, nous découvrons aussi la cuisine vietnamienne, le rapport presque cérémonial à la nourriture, à travers des gestes précis et réfléchis, que ce soit dans la préparation ou dans la dégustation.

« Les mères enseignaient à  leurs filles à cuisiner à voix basse, en chuchotant afin d’éviter le vol des recettes par les voisines, qui pourraient séduire leurs maris avec les mêmes plats. Les traditions culinaires se transmettaient en secret, tels des tours de magie, entre maître et apprenti, un geste à la fois, selon le rythme du quotidien. Dans l’ordre naturel, les filles apprenaient donc à mesurer la quantité d’eau pour le riz avec la première phalange de l’index, à tailler les « piments vicieux » (ót hiêm) avec la pointe du couteau pour les transformer en fleurs inoffensives, à éplucher les mangues de la base à la pointe pour ne pas contredire le sens des fibres… »

THÚY Kim, Mãn, Paris : éditions Liana Levi, 2013, p. 12.

Blancheur : pureté et silence

Le roman est construit sous la forme de courts chapitres avec un court titre en vietnamien, accompagné de sa traduction, dans la marge latérale : chuôi, « banane » ; con sóc, « écureuil »; tho, « poème », màu, « couleur », mùa, « saison »… L’écriture est à l’image de ces titres concis mais évocateurs. Très particulière, elle procède en petites touches sensorielles et poétiques. Ce discours laconique, sans fioritures, laisse place à l’imaginaire.

Source : Pixabay

La couleur blanche prédomine aussi dans ce roman : blancheur de la peau de porcelaine de Mãn, des spécialités culinaires vietnamiennes à base de riz et de noix de coco, blancs laissés volontairement dans la page, dans l’histoire. Dès lors, le roman se ressent plus qu’il ne se lit.

« Elle m’emmenait chez la marchande de ces crêpes vietnamienne pour la regarder étendre le mélange de farine de riz sur une toile de coton déposée directement au-dessus d’un immense chaudron d’eau bouillante. Elle étalait le liquide en tournant sa louche sur la toile sur la recouvrir entièrement. En quelques secondes, la crème se transformait en une peau fine et translucide qu’elle décollait avec sa tige de bambou aiguisée en palette longue et mince. Maman prétendait qu’elle était la seule mère à savoir envelopper sa fille de cette crêpe pendant sa sieste pour que sa peau puisse se comparer au reflet de la neige et à l’éclat de la porcelaine. »

THÚY Kim, Mãn, Paris : éditions Liana Levi, 2013, p. 34-35.

THÚY Kim. Mãn. Paris : éditions Liana Levi, 2013. 144 pages.

Lire un extrait sur le site de l’éditeur

Mathilde Chicaud
Mathilde l’Arbre-en-ciel
l'appel gourmand de la forêt

L’Appel gourmand de la forêt, Linda Louis

Délaissez vos caddies pour des paniers en osier, et vos listes de courses contre un herbier. Armés de bottes en caoutchouc et de gants rembourrés, succombez à L’Appel gourmand de la forêt, titre du très bel ouvrage de l’auteure culinaire et photographe Linda Louis, paru en 2011 aux éditions La Plage. À mi-chemin entre le guide de cueillette sauvage, le manuel d’herboristerie et le carnet de recettes, ce livre nous invite à arpenter les sentiers boisés et à redécouvrir les trésors sylvestres.

l'appel gourmand de la forêt
Source : éditions La Plage, texte et image Linda Louis

Ail des ours, sureau, ortie, violettes, cynorhodons… autant de plantes sauvages comestibles facilement identifiables et accommodables dans nos plats. Vivant en plein cœur d’une forêt dans l’Allier, Linda Louis est familière de la cueillette et de la « cuisine sauvage ». Elle partageait d’ailleurs ses astuces et ses recettes sur son site Cuisine Campagne. Par cette ouvrage, elle nous initie à la reconnaissance des plantes le plus courantes, à leur utilisation culinaire, ainsi qu’à leurs nombreux bienfaits.

Source : éditions La Plage, texte et image Linda Louis

Chaque chapitre est consacré à une plante ou à un champignon, et se compose d’une brève introduction historique, d’une fiche d’identité détaillée et enfin d’une ou plusieurs recettes. Ces dernières sont toutes plus alléchantes les unes que les autres, servies par les sublimes photographies de l’auteure : quiche aux orties, beignets aux fleurs de sureau, tapenade de trompettes-de-la-mort, crème glacée à la mûre, eau de bouleau, riz-au-lait au sucre de violette, kéfir de fraises des bois, crème de châtaignes… Elles redonnent goût à une cuisine simple, plus végétale, riche en saveurs mais aussi en bienfaits nutritionnels, puisque ces plantes possèdent toutes de nombreuses propriétés médicinales, et nous rappellent l’adage d’Hippocrate, « médecin » grec des Ve et IVe siècles avant notre ère :

« Que ton alimentation soit ta première médecine. »

Colorée et ludique, la cuisine sauvage n’en est pas moins gourmande, et est aussi synonyme de partage et de convivialité. En feuilletant le livre de Linda Louis, en s’arrêtant sur la photographie d’un superbe paysage, d’un panier rempli de châtaignes ou de mûres, qui ne se souvient pas d’une escapade en forêt, suivi d’un festin sylvestre, de l’omelette aux champignons aux châtaignes rôties au feu de bois, en passant par la confiture de mûres ?

Source : éditions La Plage, texte et image Linda Louis

Vous n’aurez ensuite plus qu’une envie : intégrer ces délices végétaux dans vos repas, et en profiter pour faire une belle promenade à l’ombre des arbres. Je partage d’ailleurs avec vous une recette tirée de mes propres carnets, très simple à réaliser (avec un peu de patience) et parfaite pour les beaux jours ensoleillés : une citronnade/limonade parfumée aux fleurs de sureau, aussi appelée « Champagne des fées ». Par leur fermentation, les fleurs de sureau permettent ainsi d’obtenir une boisson gazeuse naturelle absolument délicieuse.

Citronnade aux fleurs de sureau, ou champagne des fées

Limonade sureau
Photographie Mathilde Chicaud

Pour un litre :

  • 2 à 3 corymbes de fleurs de sureau
  • 1 citron non traité
  • 40 à 60 g de sucre en poudre, selon les goûts
  • 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre
  • 1 litre d’eau

Partir cueillir des fleurs de sureau vers mai-juin, récolter quelques corymbes (sortes de grappes aplaties de fleurs). Attention ! Ne pas confondre le sureau noir, comestible, avec le sureau hièble, toxique : un moyen très simple pour les distinguer est de s’assurer que le sureau choisi est un arbre, possède de fait une écorce et mesure plus de deux mètres de haut. Le sureau hièble est en effet une plante herbacée, avec une tige donc, ne dépassant pas les deux mètres. En outre, le sureau hièble fleurit plus tardivement, vers juillet-août.

Dans un grand bocal en verre, effleurer les corymbes de fleurs de sureau pour retirer les petites tiges, qui pourraient apporter un peu d’amertume.

Ajouter le sucre, le citron coupé en tranches et le vinaigre de cidre.

Recouvrir d’eau.

Mélanger à l’aide d’une cuillère en bois jusqu’à la complète dissolution du sucre.

Recouvrir le bocal d’un voile fin de type gaze à l’aide d’un élastique, et laisser fermenter 4 à 5 jours au soleil, en remuant la préparation tous les soirs à l’aide d’une cuillère en bois.

Au bout de 4 ou 5 jours, filtrer le tout et mettre en bouteille. Veiller à utiliser des bouteilles  avec capsule à vis ou bouchon à clipser, en raison du gaz contenu dans la boisson.

Servir bien frais, après une nuit minimum au frigo. Vous pouvez aussi la laisser se gazéifier davantage pendant quinze jours avant de la consommer. Elle se conserve ensuite plusieurs mois en cave.

Découvrez aussi une recette de galettes de pommes de terre à l’ortie sur mon site L’Arbre-en-ciel.

Photographie Mathilde Chicaud

LOUIS Linda. L’Appel gourmand de la forêt. Paris : La Plage, 2011. 324 pages.

Découvrir quelques pages sur le site de l’éditeur

Mathilde Chicaud
Mathilde L’Arbre-en-ciel

C’est bientôt l’été : vive les barbecue et plancha !

Rien de tel qu’un barcebue pour profiter pleinement de l’été. Dans le livre Plancha et barbecue, vous trouverez 50 recettes pour agrémenter vos plats estivaux. Des recettes facilement réalisables, pour lesquelles il ne faut pas hésiter à utiliser les marinades proposées.

Brochettes de porc aux pommes

Ingrédients :
-500 g de filet mignon ou rôti de porc
– 4 pommes rouges
– sel, poivre

et Marinade :
– 5 feuilles de basilic hachées
– 5 brins de coriandre hachés
– 15 cl de jus de citron
– 15 cl d’huile de tournesol

Il faut laisser la marinade agir 1 heure au réfrigérateur avant de cuire les brochettes 5 min de chaque côté.

Cabillaud au curry et épinards frais

Ingrédients :
– 500 g de cabillaud
– 150 g de pousses d’épinards
– 1 cuillerée à café de curry
– le jus d’un citron
– 10 cl d’huile de tournesol
– sel, poivre

Coupez le poisson en gros tronçons sur lequel on ajoute la marinade. Ensuite, cuire le poisson 5 minutes en le retournant régulièrement. Quant aux épinards, une minute sur la plancha suffit.

On peut aussi préparer des brochettes de fruits ou des bananes flambées au rhum pour un dessert plus copieux pour les plus groumands.

(sources images : Electre et Pixabay-moerschy et thephilippena pour les brochettes)

Epona

Epona