Voyage: Une petite gourmandise ?

Source de plaisir, sujet de conversation inépuisable, la gourmandise réunit tous les curieux… Une recette gourmande vous attend, composée des meilleurs ingrédients : littérature, musique, cinéma… Une pincée de ceci, une goutte de cela, suivez ce voyage culinaire haut en saveurs et dégustez une sélection d’œuvres qui vous mettra l’eau à la bouche.

Et si vous cuisiniez des monstres ? : « Gloutons et dragons » de Kui Ryoko

« Gloutons et dragons » est le 1er tome d’une série créée par une talentueuse mangaka japonaise : Ryoko Kui.

Ne cherchez pas la vraisemblance du récit, il n’y en a pas, et franchement, ce n’est pas important !

Une jeune équipe combat un dragon dans un donjon, malheureusement, un de leur copain se fait lentement digérer par ledit dragon. Il va bien sûr falloir le combattre et sauver le malheureux compagnon d’une absorption lente et douloureuse. Mais il y a un mais ! Comment trouver de l’énergie quand les estomacs de nos héros sont désespérément vides !

[Attention pour l’extrait de BD qui va suivre, comme c’est un manga, on lit à l’envers !]

Grâce aux talents culinaires d’un nain gastronome rencontré en chemin, couplé avec un système Débrouille efficace, notre valeureuse équipe pourra se régaler des nombreuses bêbêtes plus ou moins féroces qu’elle rencontrera en chemin.

Cette petite équipe perpétuellement affamée est terriblement attachante, et, brin de persil sur museau gluant, vous serez  non seulement étonnés par le nombre incroyable des êtres vivants comestibles plus ou moins prêts à être consommés (plutôt moins que plus), mais aussi par l’humour qui imprègne chaque page, nous laissant un rictus bête et permanent sur le visage tout au long de notre lecture !

En phrase bilan, je dirai que j’attends la suite avec impatience, que ce manga d’heroic-fantasy est très très sympathique et que, feuille de romarin sur dard mortel mais goûteux, cela nous donne envie de manger équilibré (le nain ne transigeant pas sur la quantité de légumes et sur l’importance des protéines).

Bastet

[Sources : Couverture du manga : Electre // 1ère page de BD : Manganews // 2ème page de BD : Bodoi.info // image de notre courageuse équipe : Mangamag]

 

Désir de chocolat de Care Santos

Si comme moi vous aimez le chocolat, vous apprécierez le roman de l’auteure espagnole Care Santos, Désir de Chocolat. A travers trois personnages, on retrouve l’histoire du chocolat, des Temps modernes jusqu’à sa grande vogue, au XVIIIe siècle.

Dans ce roman, on fait la connaissance de trois femmes qui, à trois époques bien différentes, ont possédé un même objet : un chocolatière fabriquée au XIIIe siècle. Passant de main en main, la chocolatière nous fait entrer dans l’histoire de Sara, Cándida et Mariana.

Sara, propriétaire d’une boutique de chocolat au coeur de Barcelone, a une aventure avec le meilleur ami de son mari.
Cándida, jeune fille de bonne famille, vit a la fin du XIXe siècle. Elle épouse le fils d’un chocolatier qui reprend les rênes de la boutique familiale. En quête de sensations fortes, elle s’enfuit avec un ténor napolitain.
Mariana tient une boutique de chocolat à Barcelone sous le règne de Louis XV. Cette femme lutte pour garder sa boutique alors que son mari est décédé. Elle devient la cible d’une série de complots quand les rois de France et d’Angleterre veulent s’approprier sa merveilleuse machine à broyer les fèves de cacao.

Dans Désir de chocolat, la chocolatière apparaît comme un objet liant 3 histoires différentes. Ce roman très documenté nous apprend aussi beaucoup sur l’histoire du chocolat et comment il a été apprécié depuis son arrivée en Europe.

(sources images : Electre, fontaine à chocolat Pixabay/vargazs, chocolatière wikipédia)

Epona

Epona

Je ne sais pas quoi faire de mes blancs d’œufs, qu’œuf dois-je faire ?

Le problème avec les œufs, c’est qu’on n’utilise pas forcément et le blanc et le jaune.

Le jaune sert par exemple à dorer une tourte, à faire des palets bretons, certains biscuits, de la crème pâtissière, des gnocchis mais c’est aussi un bon liant pour la peinture, le saviez-vous (on l’appelle la tempera)?

Quand vous et moi nous décidons de réaliser notre recette avec jaune d’œuf intégré (réussie forcément, on est des champions) inévitablement, on finit par regarder bêtement nos blancs d’œufs en se disant : bon, petite chose gluante, que vais-je faire de toi ?

Et là, plusieurs choix s’offrent à nous, saurez-vous choisir les bons ? :

  • les jeter dans l’évier (intéressant de voir que ça ne s’écoule pas, ben oui, c’est visqueux quand même).
  • Ouvrir ta fenêtre et les balancer sur la tête du premier quidam qui passe (mieux s’il n’a ni chapeau, ni casquette, +1 pour un brushing).
  • Faire un masque visage pour rendre ta peau fraîche et belle (penser tout de même à l’enlever, la momie-face n’étant pas à la mode en 2017).
  • Les congeler en notant la quantité de blancs et la date de congélation.
  • Les cuisiner : faire des financiers, de délicieuses meringues  (notez les références culturelles), des rochers coco, des amaretti, des pavlova, ou encore des langues de miaou, etc.

Pour cuisiner les blancs d’œufs, je vous conseille un ouvrage chez Hachette cuisine « Recettes anti-gaspi », il vous apprendra aussi à cuisiner les restes de toutes sortes.

J’espère vous avoir aidé un peu, évidemment, les deux premiers choix ne sont pas forcément les meilleurs, mais je me suis limitée dans ma bêtise, je n’ai parlé ni de batailles d’œufs, ni de pièges visqueux dans les chaussures.

Bastet (on a l’humour qu’on a)

[Sources : Pixabay -> Buecherwuren_65 pour les oeufs et Azkia_am pour le poussin; Fanpop.com pour Bob l’éponge; Electre pour la couverture du livre]

Mãn, Kim Thúy

Mãn… derrière ce titre laconique et mystérieux se cache un roman délicat et sensoriel, qui nous plonge dans les effluves de la cuisine vietnamienne, tout en nous faisant vivre le quotidien d’une jeune femme vietnamienne réfugiée au Canada. Un récit paré de blanc, le blanc du riz et de la noix de coco, d’une peau de porcelaine, d’une écriture entrecoupée de silences et de respirations.

Source : éditions Liana Lévi

« Celle pour qui il ne reste plus rien à désirer »

Mãn est une jeune femme vietnamienne qui a été abandonnée à la naissance. Déposée dans le potager d’un temple bouddhiste, elle est alors recueillie par une moniale qui la nourrit d’eau, de lait et de riz. Elle est ensuite confiée à une autre femme, une enseignante qui lui transmet son amour des mots, et lui apprend le français en lui lisant chaque soir des extraits d’Une Vie de Guy de Maupassant. Trois mères donc : celle qui met au monde, celle qui recueille et celle qui élève.

Mariée à un restaurateur vietnamien, Mãn part vivre au Canada, à Montréal, où elle aide son mari dans son petit restaurant de plats traditionnels, fréquenté par une maigre clientèle d’immigrés. Une vie faire de renonciation et d’abnégation, entrecoupée de petites joies : le réconfort des plats de son enfance, l’amitié fusionnelle avec une jeune femme nommée Julie, la naissance de ses enfants… Poussée par son amie Julie, elle devient finalement une cheffe renommée et trouve le véritable amour en la personne de Luc, un jeune chef français.

« (…) je m’appelle Mãn, qui veut dire “parfaitement comblée” ou “qu’il ne reste plus rien à désirer” ou “que tous les vœux ont été exaucés”. Je ne peux rien demander de plus, car mon nom m’impose cet état de satisfaction et d’assouvissement. »

THÚY Kim, Mãn, Paris : éditions Liana Levi, 2013, p. 34-35.

(Dans notre culture judéo-chrétienne, difficile de ne pas faire le rapprochement avec la « manne », la nourriture miraculeuse Hébreux dans le désert pendant l’Exode, une nourriture fine et blanche tombée du ciel…)

Une immersion dans la culture vietnamienne

L’écriture est ici marquée par la propre histoire de l’auteur, Kim Thúy, née à Saïgon en 1968 pendant la guerre du Vietnam, qu’elle fuit avec ses parents en tant que boat-people à l’âge de 10 ans pour le Québec. Après des études de linguistique et de droit, elle exerce de nombreux métiers, dont celui de restauratrice, avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. Son premier roman, Ru, (« petit ruisseau » en français), rapporte d’ailleurs ses souvenirs en tant que réfugiée vietnamienne, au fil de sa pensée, ruisselante comme l’eau.

Source : Pixabay

À travers l’histoire de Mãn, nous découvrons aussi la cuisine vietnamienne, le rapport presque cérémonial à la nourriture, à travers des gestes précis et réfléchis, que ce soit dans la préparation ou dans la dégustation.

« Les mères enseignaient à  leurs filles à cuisiner à voix basse, en chuchotant afin d’éviter le vol des recettes par les voisines, qui pourraient séduire leurs maris avec les mêmes plats. Les traditions culinaires se transmettaient en secret, tels des tours de magie, entre maître et apprenti, un geste à la fois, selon le rythme du quotidien. Dans l’ordre naturel, les filles apprenaient donc à mesurer la quantité d’eau pour le riz avec la première phalange de l’index, à tailler les « piments vicieux » (ót hiêm) avec la pointe du couteau pour les transformer en fleurs inoffensives, à éplucher les mangues de la base à la pointe pour ne pas contredire le sens des fibres… »

THÚY Kim, Mãn, Paris : éditions Liana Levi, 2013, p. 12.

Blancheur : pureté et silence

Le roman est construit sous la forme de courts chapitres avec un court titre en vietnamien, accompagné de sa traduction, dans la marge latérale : chuôi, « banane » ; con sóc, « écureuil »; tho, « poème », màu, « couleur », mùa, « saison »… L’écriture est à l’image de ces titres concis mais évocateurs. Très particulière, elle procède en petites touches sensorielles et poétiques. Ce discours laconique, sans fioritures, laisse place à l’imaginaire.

Source : Pixabay

La couleur blanche prédomine aussi dans ce roman : blancheur de la peau de porcelaine de Mãn, des spécialités culinaires vietnamiennes à base de riz et de noix de coco, blancs laissés volontairement dans la page, dans l’histoire. Dès lors, le roman se ressent plus qu’il ne se lit.

« Elle m’emmenait chez la marchande de ces crêpes vietnamienne pour la regarder étendre le mélange de farine de riz sur une toile de coton déposée directement au-dessus d’un immense chaudron d’eau bouillante. Elle étalait le liquide en tournant sa louche sur la toile sur la recouvrir entièrement. En quelques secondes, la crème se transformait en une peau fine et translucide qu’elle décollait avec sa tige de bambou aiguisée en palette longue et mince. Maman prétendait qu’elle était la seule mère à savoir envelopper sa fille de cette crêpe pendant sa sieste pour que sa peau puisse se comparer au reflet de la neige et à l’éclat de la porcelaine. »

THÚY Kim, Mãn, Paris : éditions Liana Levi, 2013, p. 34-35.

THÚY Kim. Mãn. Paris : éditions Liana Levi, 2013. 144 pages.

Lire un extrait sur le site de l’éditeur

Mathilde Chicaud
Mathilde l’Arbre-en-ciel
l'appel gourmand de la forêt

L’Appel gourmand de la forêt, Linda Louis

Délaissez vos caddies pour des paniers en osier, et vos listes de courses contre un herbier. Armés de bottes en caoutchouc et de gants rembourrés, succombez à L’Appel gourmand de la forêt, titre du très bel ouvrage de l’auteure culinaire et photographe Linda Louis, paru en 2011 aux éditions La Plage. À mi-chemin entre le guide de cueillette sauvage, le manuel d’herboristerie et le carnet de recettes, ce livre nous invite à arpenter les sentiers boisés et à redécouvrir les trésors sylvestres.

l'appel gourmand de la forêt
Source : éditions La Plage, texte et image Linda Louis

Ail des ours, sureau, ortie, violettes, cynorhodons… autant de plantes sauvages comestibles facilement identifiables et accommodables dans nos plats. Vivant en plein cœur d’une forêt dans l’Allier, Linda Louis est familière de la cueillette et de la « cuisine sauvage ». Elle partageait d’ailleurs ses astuces et ses recettes sur son site Cuisine Campagne. Par cette ouvrage, elle nous initie à la reconnaissance des plantes le plus courantes, à leur utilisation culinaire, ainsi qu’à leurs nombreux bienfaits.

Source : éditions La Plage, texte et image Linda Louis

Chaque chapitre est consacré à une plante ou à un champignon, et se compose d’une brève introduction historique, d’une fiche d’identité détaillée et enfin d’une ou plusieurs recettes. Ces dernières sont toutes plus alléchantes les unes que les autres, servies par les sublimes photographies de l’auteure : quiche aux orties, beignets aux fleurs de sureau, tapenade de trompettes-de-la-mort, crème glacée à la mûre, eau de bouleau, riz-au-lait au sucre de violette, kéfir de fraises des bois, crème de châtaignes… Elles redonnent goût à une cuisine simple, plus végétale, riche en saveurs mais aussi en bienfaits nutritionnels, puisque ces plantes possèdent toutes de nombreuses propriétés médicinales, et nous rappellent l’adage d’Hippocrate, « médecin » grec des Ve et IVe siècles avant notre ère :

« Que ton alimentation soit ta première médecine. »

Colorée et ludique, la cuisine sauvage n’en est pas moins gourmande, et est aussi synonyme de partage et de convivialité. En feuilletant le livre de Linda Louis, en s’arrêtant sur la photographie d’un superbe paysage, d’un panier rempli de châtaignes ou de mûres, qui ne se souvient pas d’une escapade en forêt, suivi d’un festin sylvestre, de l’omelette aux champignons aux châtaignes rôties au feu de bois, en passant par la confiture de mûres ?

Source : éditions La Plage, texte et image Linda Louis

Vous n’aurez ensuite plus qu’une envie : intégrer ces délices végétaux dans vos repas, et en profiter pour faire une belle promenade à l’ombre des arbres. Je partage d’ailleurs avec vous une recette tirée de mes propres carnets, très simple à réaliser (avec un peu de patience) et parfaite pour les beaux jours ensoleillés : une citronnade/limonade parfumée aux fleurs de sureau, aussi appelée « Champagne des fées ». Par leur fermentation, les fleurs de sureau permettent ainsi d’obtenir une boisson gazeuse naturelle absolument délicieuse.

Citronnade aux fleurs de sureau, ou champagne des fées

Limonade sureau
Photographie Mathilde Chicaud

Pour un litre :

  • 2 à 3 corymbes de fleurs de sureau
  • 1 citron non traité
  • 40 à 60 g de sucre en poudre, selon les goûts
  • 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre
  • 1 litre d’eau

Partir cueillir des fleurs de sureau vers mai-juin, récolter quelques corymbes (sortes de grappes aplaties de fleurs). Attention ! Ne pas confondre le sureau noir, comestible, avec le sureau hièble, toxique : un moyen très simple pour les distinguer est de s’assurer que le sureau choisi est un arbre, possède de fait une écorce et mesure plus de deux mètres de haut. Le sureau hièble est en effet une plante herbacée, avec une tige donc, ne dépassant pas les deux mètres. En outre, le sureau hièble fleurit plus tardivement, vers juillet-août.

Dans un grand bocal en verre, effleurer les corymbes de fleurs de sureau pour retirer les petites tiges, qui pourraient apporter un peu d’amertume.

Ajouter le sucre, le citron coupé en tranches et le vinaigre de cidre.

Recouvrir d’eau.

Mélanger à l’aide d’une cuillère en bois jusqu’à la complète dissolution du sucre.

Recouvrir le bocal d’un voile fin de type gaze à l’aide d’un élastique, et laisser fermenter 4 à 5 jours au soleil, en remuant la préparation tous les soirs à l’aide d’une cuillère en bois.

Au bout de 4 ou 5 jours, filtrer le tout et mettre en bouteille. Veiller à utiliser des bouteilles  avec capsule à vis ou bouchon à clipser, en raison du gaz contenu dans la boisson.

Servir bien frais, après une nuit minimum au frigo. Vous pouvez aussi la laisser se gazéifier davantage pendant quinze jours avant de la consommer. Elle se conserve ensuite plusieurs mois en cave.

Découvrez aussi une recette de galettes de pommes de terre à l’ortie sur mon site L’Arbre-en-ciel.

Photographie Mathilde Chicaud

LOUIS Linda. L’Appel gourmand de la forêt. Paris : La Plage, 2011. 324 pages.

Découvrir quelques pages sur le site de l’éditeur

Mathilde Chicaud
Mathilde L’Arbre-en-ciel

C’est bientôt l’été : vive les barbecue et plancha !

Rien de tel qu’un barcebue pour profiter pleinement de l’été. Dans le livre Plancha et barbecue, vous trouverez 50 recettes pour agrémenter vos plats estivaux. Des recettes facilement réalisables, pour lesquelles il ne faut pas hésiter à utiliser les marinades proposées.

Brochettes de porc aux pommes

Ingrédients :
-500 g de filet mignon ou rôti de porc
– 4 pommes rouges
– sel, poivre

et Marinade :
– 5 feuilles de basilic hachées
– 5 brins de coriandre hachés
– 15 cl de jus de citron
– 15 cl d’huile de tournesol

Il faut laisser la marinade agir 1 heure au réfrigérateur avant de cuire les brochettes 5 min de chaque côté.

Cabillaud au curry et épinards frais

Ingrédients :
– 500 g de cabillaud
– 150 g de pousses d’épinards
– 1 cuillerée à café de curry
– le jus d’un citron
– 10 cl d’huile de tournesol
– sel, poivre

Coupez le poisson en gros tronçons sur lequel on ajoute la marinade. Ensuite, cuire le poisson 5 minutes en le retournant régulièrement. Quant aux épinards, une minute sur la plancha suffit.

On peut aussi préparer des brochettes de fruits ou des bananes flambées au rhum pour un dessert plus copieux pour les plus groumands.

(sources images : Electre et Pixabay-moerschy et thephilippena pour les brochettes)

Epona

Epona

Marre de préparer les repas : recettes faciles de salades

Le documentaire « Marre de préparer les repas : guide de premiers secours pour ma cuisine au quotidien » de Béatrice Carrot & Véronique Bévierre chez Scrinéo est une bonne base pour réduire le temps que l’on passe à réfléchir sur l’alimentation et les repas pour la famille.

Voici quelques idées de recettes de salades simples à réaliser qui sont extraites de cet ouvrage :

Coleslow

La moitié d’un chou blanc

2 carottes

50 g de raisins secs

La moitié d’un oignon

2 cuillères à soupe de mayonnaise

2 cuillères à soupe de yaourt

Un peu de sucre si nécessaire

Râper finement le chou, l’oignon et les carottes. Ajouter les raisins, mélanger la mayonnaise, le yaourt et le sucre le cas échéant pour la sauce.

Salade d’endives :

3 endives

1 pomme verte

12 cerneaux de noix

50 g de comté

Jus d’une demi-citron

Laver et trancher les endives en rondelles de 1 cm. Couper la pomme en dés et arroser avec le jus de citron. Ajouter les noix, le fromage en petits cubes. Assaisonner.

Salade vietnamienne au poulet :

300 g de germes de soja frais

300 g de blanc de poulet

1 carotte râpée

1 cœur de salade en lanières

La moitié d’un poivron rouge

1 petit oignon doux émincé

Vinaigrette : 2 cs de sauce de soja, 3 cs d’huile d’arachide, 1 cs d’huile de sésame, 1 cc de moutarde, poivre

Cuire le poulet à la poêle dans un peu d’eau pour éviter qu’il ne se colore. Le trancher en fines lanières. Faire blanchir les germes de soja 2 mn à l’eau bouillante. Laisser refroidir. Mélanger avec les autres ingrédients. Arroser avec la sauce.

chúc ngon miệng ! (Bon appétit en vietnamien)

Bastet

[Sources : L’image du livre > Electre; Le Coleslow > Maxpixel.freegreat.picture.com; Endives > common.wikimedia.org; Poivron > pixnio.com]

La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, Philippe Delerm

L’odeur suave des pommes sucrées dans la cave, l’arôme gourmande d’un croissant beurré encore tiède, la fraîcheur des petits pois que l’on écosse chez mamie.. et bien sûr la première gorgée de bière au soleil. Toutes ces petites gourmandises intenses mais fugaces, qui nous font fermer les yeux un temps et savourer l’instant. Dans son recueil de nouvelles justement intitulé La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, l’auteur français Philippe Delerm évoque trente-quatre de ses petites madeleines de Proust, dont la plupart mettent à l’honneur les plaisirs de la table.

Source : Gallimard

De petites touches évocatrices et sensorielles

Philippe Delerm nous dépeint des petits fragments de la vie quotidienne, à l’instar d’autres de ses ouvrages tels qu’Enregistrements pirates (2003) ou Le Trottoir au soleil (2011). Toutefois, La Première gorgée de bière se démarque par son écriture particulièrement sensorielle. Les descriptions ne sont pas seulement factuelles, mais procèdent par évocations. Évocation physique, à travers les arômes, les textures, les couleurs, les sons, et bien sûr les saveurs. Évocation temporelle, puisque ces « petits plaisirs » proustiens transportent l’auteur-narrateur dans ses souvenirs : des vacances au soleil, la maison de sa grand-mère, son enfance, un voyage… L’exceptionnel et l’imprévu côtoient et se confondent avec l’habitude et le quotidien.

Une saveur douce-amère

Dès lors, ce recueil de nouvelles s’apparenterait à un manuel de pensées positives et de pleine conscience dans son aspect le plus concret, en nous enjoignant à s’émerveiller des petits riens qui ponctuent notre vie. Se rendre compte de la beauté de la simplicité, de la simplicité de la beauté. S’il est si difficile d’exprimer ses émotions, Philippe Delerm parvient, par ces évocations, à toucher du doigt l’indicible. Néanmoins, chacune de ces réminiscences, aussi douce soit-elle, a un léger goût d’amertume. Sa fugacité en est la principale cause : à peine effleurée, elle s’est évaporée. La première gorgée de bière sera toujours la plus désaltérante et la plus agréable, les autres qui suivront ne seront que de pâles répétitions.

À la recherche de nos propres madeleines de Proust…

Cet ouvrage se lit avec gourmandise, d’une traite ou par petites gorgées, selon les goûts. Dans tous les cas, il nous invite à voyager dans nos propres souvenirs. En le refermant, des bribes sensorielles me sont revenues en mémoire, mes madeleines de Proust, je les ai ressenties comme si je les vivais à nouveau. Il y avait la saveur des tartines pain-beurre-chocolat des goûters après l’école, avec le bon gros pain complet et dense, recouvert de beurre demi-sel et de carrés de chocolat noir, les mains tachées du jus violin des mûres cueillies sur le chemin des vacances et dévorées jusqu’à en avoir mal au ventre, les énormes tomates biscornues mais si charnues de tonton Jojo, l’odeur de friture des bottereaux cuits dans le garage de mamie, qui nous suivait plusieurs heures durant en s’accrochant à nos vêtements, la compote de pommes encore tiède que l’on met en bocaux, le parfum des fleurs de sureau (dont on peut faire une délicieuse boisson gazeuse naturelle), les galettes de blé noir dégustées dans une petite crêperie bretonne typique, accompagnées d’une bolée de cidre brut bien frais… (liste non exhaustive).

Quels seront les plaisirs gourmands que la lecture de La Première gorgée de bière referont émerger en vous ?

DELERM Philippe. La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules. Paris : Gallimard, 1997. 96 pages. (Collection L’Arpenteur). 

Source de l’image à la une : Pixabay

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