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La trilogie de Riff Reb’s

 

Partons aujourd’hui à l’aventure avec Riff Reb’s !!!

Riff Reb’s est à la fois auteur de bande dessinée, illustrateur d’albums jeunesse et collaborateur occasionnel pour diverses parutions. Bref, c’est un artiste plutôt sollicité et créatif !

Riff Reb’s est aussi et surtout l’auteur d’une remarquable trilogie en BD dédiée à la littérature maritime. Chacun des tomes est en fait une adaptation en one-shot d’un roman ou de nouvelles.

Et pas des moindres !

Pêle-même, nous croisons au fil de ces trois BD les récits de Jack London, Robert Louis Stevenson, Victor Hugo, Pierre Mac Orlan

L’univers graphique de Riff Reb’s se marie à merveille avec chacun d’entre eux. L’utilisation de la bichromie participe à révèler les diverses ambiances animant ces histoires. Le trait semi-réaliste de Riff Reb’s rend le faciès des personnages très expressif. Ces individus rongés et usés par la vie en mer, apparaissent bien souvent sinistres et tourmentés quand ils ne sont pas en proie à la folie..

La mer s’immisce toujours en toile de fond dans les visuels et la narration. Tantôt déchaînée ou calme en apparence, elle semble toujours intimidante pour ne pas dire inquiétante et oppressante…

Voici une courte présentation de chaque tome :

A bord de l’Etoile Matutine (librement adapté du roman de Pierre Mac Orlan)

Nous suivons l’histoire d’un jeune voyou et criminel qui, pour échapper à la justice, décide d’embarquer à bord d’un navire. L’aventure commence pour lui…

 

Le loups des mers (librement adapté du roman de Jack London) :

La raison du plus fort : telle est la devise de Loup Larsen, capitaine de la goélette phoquière Le Fantôme. Recueilli à la suite d’un naufrage, Humphrey Van Weyden, un homme de lettres, va être contraint de vivre dans l’enfer de la goélette du violent Loup Larsen…

 

Hommes à la mer (huit nouvelles librement adaptées)

Huit récits graphiques tirés de nouvelles d’auteurs célèbres, dont l’action se déroule sur les océans et entrecoupés de doubles pages illustrées de grands textes : Kernok le pirate, Le sphinx des glaces…

 

Bonne lecture !

Elias

Elias
Elias

(sources visuels : electre)

Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro

 

Alors qu’il se présente à la caisse d’un magasin pour régler ses courses, Fabrice réalise l’impensable. Il a oublié sa carte de fidélité dans la poche de son autre pantalon !!! Comment a-t-il pu ??? Qui pourrait comprendre ???

Gardant tant bien que mal son sang-froid, il tente de s’expliquer auprès de la caissière. La tension monte d’un cran lorsqu’un vigile intervient. C’est clair désormais, Fabrice est dans de sales draps…

Le vigile tente de l’interpeller mais Fabrice réagit en s’armant d’un poireau tout juste acquis ! Puis, la situation dégénère complètement. Le vigile menaçant, annonce même au client qu’il s’apprête à réaliser une roulade arrière (figure qu’il maîtrise pourtant moyennement) mais en vain… Fabrice s’enfuit du magasin (en marchant très rapidement comme quelqu’un qui court).

En quelques secondes seulement Fabrice, auteur de BD sans histoires, est devenu l’ennemi public n°1…

Entamant une fuite effrénée (parfois en voiture mais plus souvent à pied), le fugitif solitaire part à la recherche d’une planque, dans un endroit perdu et coupé monde. Il choisit la Lozère…

Zaï Zaï Zaï Zaï (un titre qui parlera à tous les fans de Joe Dassin et ils sont nombreux) est un road movie farfelu délirant et jubilatoire!

Au fil des pages, Fabcaro nous inondent de répliques et de dialogues aussi absurdes qu’insensés pour notre plus grand bonheur! Chaque planche est prétexte à un nouveau gag mettant en scène Fabrice ou d’autres personnages en marge de l’histoire.

Le comportement et les commentaires de ces individus révèlent les travers de notre société. Avec Zaï Zaï Zaï Zaï, l’auteur se moque gentiment de ces concitoyens en détournant les grands débats qui animent la France d’aujourd’hui : impact des médias, oppositions politiques, intégrations des minorités, tensions sociales, individualisme…

Bref si vous appréciez l’humour absurde et la satire sociale (et Joe Dassin), je vous recommande vivement la lecture de cette bande dessinée d’humour!

Et puisque vous avez pris le temps de lire mon billet, voici une petite récompense, quelques planches de Zaï Zaï Zaï Zaï !!!

Bonne lecture !

Elias

Elias
Elias

(sources photos : electre – actuabd.com – BDZoom)

 

Bastien Vivès, jeune prodige de la bande-dessinée française.

 

Né le 11 février 1984, Bastien Vivès représente une nouvelle génération d’auteur de bande dessinée. Salué par la critique pour ses romans graphiques Le Goût du chlore et Polina, il entre en 2012 dans la collection « Shampooing » dirigée par Lewis Trondheim, aux éditions Delcourt.

Bastien Vivès y décline en plusieurs tomes des strips issus de son blog  « Comme quoi » des thèmes qui lui sont chers : les jeux vidéo, l’amour, la famille, la bande-dessinée…Il fait preuve de beaucoup d’autodérision et d’un humour décapant.

On y appréciera un dessin épuré et délicat, ce qui tranche parfois avec le propos de l’auteur qui tourne en dérision l’univers de la bande-dessinée, les auteurs confrontés à leurs obligations : dédicaces, conférences….On y devine les frustrations et complexes d’un  Bastien Vivès qui laisse ici libre cours à son imagination, parfois…débridée.

Il nous parle ici de sa façon de travailler.

Voici ce qu’il dit de son art :

« Je voulais raconter des histoires qui me tenaient à cœur, c’était mon cinéma du pauvre. Mais j’ai découvert une puissance différente des autres arts, celle de l’ellipse. On peut raconter la disparition du monde en deux vignettes. »

Un auteur de BD qui a 32 ans, a déjà reçu deux prix du festival d’Angoulême , en 2009 pour Le goût du chlore, l’album qui l’a fait connaître au grand public, puis de nouveau en 2015 pour la série Lastman co-écrite avec Balak et Michaël Sanlaville. Un jeune auteur prometteur donc dont on entendra encore  parler à coup sûr dans les prochaines années.

Célia

[Sources ill. : Le goût du chlore/Bastien Vivès-Electre]

Marjane Satrapi fait son cinéma

 

Le film dont je vais vous parler aujourd’hui est l’adaptation de la bande-dessinée éponyme Poulet aux Prunes de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, parue en 2004 aux éditions de l’Association.

L’histoire

Nasser Ali Khan, violoniste et musicien reconnu n’a plus goût à la vie. En difficulté dans son couple, il décide de mettre fin à ses jours. Ne sachant comment y parvenir, il se met au lit et attend que la mort vienne à lui. Il laisse ses idées vagabonder et se remémore ce que fut sa vie, sa rencontre avec l’amour et la musique, ses enfants…

Une adaptation réussie

Marjane Satrapi nous avait déjà enchantés avec Persépolis. Elle nous surprend ici avec Poulet aux prunes, dont la narration et l’onirisme font penser à un conte oriental.

Lectrice de la première heure de Marjane Satrapi, je n’ai pas beaucoup aimé l’adaptation au cinéma de Persépolis car pour moi les quatre tomes de la série ne pouvaient être résumés en une heure et demie…Et le charme n’opérait pas.

Au contraire, il me semble que Poulet aux prunes  est une vraie réussite à tous points de vue : esthétique, narratif, interprétation des personnages par des acteurs bouleversants… Il faut quand même souligner la présence d’acteurs tels que Mathieu Amalric, Maria de Medeiros, Golshifteh Farahani, Eric Caravaca, et Isabella Rossellini…Le rôle du conteur revient à Edouard Baer qui nous berce de sa voix suave et chaleureuse.

C’est un conte oriental car la tragédie et l’humour  s’entremêlent avec volupté…Nous y découvrons aussi le secret du génie de Nasser Ali…Mais je ne vais pas tout vous raconter. Laissez le charme opérer… !

Célia

[Source ill. : Le Pacte-Pixabay/Uskyherz]

Pénélope Bagieu, une femme qui ne fait que ce qu’elle veut

Avec sa belle couverture orange flamboyant, le tome 2 des Culottées : des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, écrit et illustré par Pénélope Bagieu, est paru le 26 janvier dernier aux éditions Gallimard Bande dessinée. Tout comme le premier tome (à la belle couverture bleu azur), publié en septembre 2016, nous découvrons quinze portraits de femmes « culottées », à la personnalité bien trempée et au destin peu ordinaire. L’occasion de mettre en lumière leur auteure, Pénélope Bagieu, une femme qui ne fait elle aussi que ce qu’elle veut.

 

©Mathilde Chicaud

Il était une fois…

Une vocation précoce

Pénélope Bagieu est née le 22 janvier 1982 dans le 14e arrondissement de Paris. Elle commence à dessiner dès qu’elle est en âge de tenir un crayon et se lance dans l’écriture de livres qu’elle confectionne de A à Z (jusqu’à la reliure au scotch ou à l’agrafeuse). Son avenir est déjà clairement défini : elle sera dessinatrice (elle ne divergera de cet objectif qu’entre 5 et 6 ans, en rêvant de devenir reine d’Amérique, souhait vite enterré pour revenir à ses premières amours graphiques…).

Une histoire de nez

Après des études à l’École nationale supérieur des arts décoratifs de Paris, puis au Central Saint Martins College of Art and Design, elle trouve rapidement un agent, sans doute subjugué par ses nombreux talents. La jeune femme possède en effet de nombreuses cordes à son ar[t], du dessin à l’animation en passant par le graphisme. Tout l’inspire : de la marque de produits surgelés à la lingerie, en passant par son quotidien qu’elle relate sur son blog « Ma vie est tout-à-fait fascinante », sous le pseudonyme de Pénélope Jolicoeur. Mais elle aime surtout croquer l’être humain dans sa diversité, par des personnages hauts en couleurs. Petit détail amusant : elle commence toujours par dessiner leur nez… un cap à passer sans doute… (« C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! ») !

Des culottées

Ses personnages sont à son image : modernes, pimpantes et déterminées à se battre pour s’émanciper des préjugés et des diktats, de Joséphine à Charlotte, en passant par le florilège des Culottées… Ces culottées, des femmes qui ont comme point commun d’avoir pris en main leur destin malgré les nombreux obstacles qui se sont dressés sur leur chemin, au-delà de leur époque, de leur culture, de leur nationalité, de leur métier. Des artistes, des impératrices, certes, mais aussi des gardiennes de phare, des travailleuses sociales, des gynécologues. Le tome 1 s’ouvre ainsi avec Clémentine Delait, femme à barbe née au XIXe siècle, ce qui introduit bien le propos selon l’auteure : des femmes qui ont des c… se considèrent à juste titre aussi libres que les hommes.

Ce projet, à l’origine sous la forme d’un blog hébergé par LeMonde.fr, lui a demandé des mois de documentation, de la lecture d’épaisses biographies au mince filet dans la presse locale. Autour, il a fallu broder une histoire, la mettre sur papier, sur quelques pages, en images. S’imaginer confrontée aux mêmes situations, se transporter dans un contexte parfois très différent de la sienne, incarner le personnage. Un exercice de taille, mais qui fait écho aux propres combats de Pénélope Bagieu. Armée de sa plume et de son bagou, elle n’hésite en effet pas à dénoncer le sexisme dans la profession et dans la société en général, la surexploitation des ressources terrestres ou encore le racisme. Sa plus grande fierté est de donner envie d’apprendre, d’en savoir plus, comme dans ses chroniques dynamiques promouvant la bande dessinée sur le site MadmoiZelle.com. En 2013, elle est ainsi nommée Chevalier des arts et des lettres lors du festival d’Angoulême par la ministre de la Culture. Parions que dans quelques années, quelques pages lui seront consacrées dans le dernier tome des Culottées !

Pour aller plus loin :

Le blog des Culottées
Pénélope Bagieu sur Twitter

Source des premières de couverture : Electre

 

Mathilde Chicaud
Mathilde l’Arbre-en-ciel

 

 

Mourir partir revenir, le jeu des hirondelles de Zeina Abirached

 

Avec cette nouvelle étape du voyage, nous quittons l’Allemagne de Kinderland (cliquez ici pour lire l’article) pour le Liban avec le roman graphique Mourir partir revenir, le jeu des hirondelles. Même si les deux récits sont différents sous bien des aspects, ils ont pourtant quelques points communs.

Tout d’abord les histoires se déroulent à la même époque, c’est-à-dire au cours des années 80. L’autre similarité est plus dramatique. Dans les deux récits, la population est déchirée et séparée par une ligne de démarcation… D’un côté les tristement célèbres Mur de Berlin et Rideau de fer, de l’autre la Ligne verte de Beyrouth…

La comparaison s’achève là bien entendu, le contexte n’étant pas du tout le même. Alors que dans Kinderland, la Guerre froide vit ses dernières heures, dans Mourir partir revenir, le jeu des hirondelles le territoire du Liban lui, est à feu et à sang…

Avec ce roman graphique très personnel, Zeina Abirached témoigne du quotidien de cette population civile alors plongée dans la tourmente de la Guerre du Liban. Nous y découvrons une évocation de son enfance à l’époque où sa famille habitait à Beyrouth Est.

C’est à proximité de la ligne de démarcation entre Beyrouth Ouest et Est que se déroule le récit. En 1984, les affrontements armés et les bombardements de diverses factions sont omniprésents . La vie citadine s’organise au cœur du champs de bataille…

Un jour, alors que les combats s’intensifient, les habitants d’un immeuble se retrouvent une fois encore pour se mettre à l’abri. L’endroit le plus sûr et le moins exposé est alors le hall d’entrée d’un appartement du premier étage. C’est ici que vivent Zeina et son petit frère. Ils sont seuls, leurs parents ne sont pas encore rentrés. Ils ont sans doute trouvé refuge ailleurs, les enfants l’espèrent en tout cas… Petit à petit les résidents arrivent dans l’appartement, à la grande joie des enfants. Les adultes se donnent de la peine pour créer une atmosphère chaleureuse et conviviale.

Ce roman graphique prend la forme d’un huis clos se déroulant essentiellement dans le hall de cet appartement. La tension ainsi que la peur sont palpables. Mais les personnages s’adaptent tant bien que mal à cette situation. L’entraide et la bienveillance de chacun leur permettent de résister avec dignité. L’auteure se focalise sur le ressenti de ces quelques individus tout à fait ordinaires, qui subissent le conflit à l’image de milliers d’autres. La mort plane sans cesse. La population complètement démunie, ne peut faire autre chose que survivre et espérer des jours meilleurs…

L’univers graphique de Zeina Abirached, avec cette touche orientale et l’utilisation du noir et blanc, n’est pas sans rappeler celui de Marjane Satrapi.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet épisode de l’histoire libanaise, je vous conseille également de découvrir le roman graphique et le film d’animation Valse avec Bachir d’Ari Folman en cliquant ici et là.

(sources photos : electre, pixabay-nutznutzen, allociné)

Elias.

Julio Popper : le dernier roi de Terre de Feu

 

Dans un précédent billet, je vous ai présenté un ouvrage compilant plusieurs récits d’explorateurs en Patagonie intitulé « Fous de Patagonie : quatre découvreurs du bout du monde ». Les expéditions relatées datent du XIXème siècle. A cette époque la Patagonie et la Terre de Feu étaient quasiment inexplorées et inconnues des occidentaux et n’avaient pas encore révélé leurs secrets et leurs paysages grandioses (même si aujourd’hui encore, ces espaces conservent bien des mystères).

Cette semaine, je vous propose de découvrir une autre histoire, fascinante elle aussi, se déroulant à la même époque et dans la même région du monde. C’est une bande dessinée cette fois-ci, elle est intitulée:

« Julio Popper : le dernier roi de Terre de Feu » de Matz et Chemineau.

julio-popper

Julio Popper est un personnage d’exception à plus d’un titre. Avant de s’aventurer aux confins de la Patagonie à 29 ans, il a parcouru les quatre coins du monde. Originaire de Roumanie, il achève ses études à Paris en obtenant son diplôme d’ingénieur. Il part ensuite pour l’Asie puis l’Amazonie en 1885. C’est là qu’il apprend qu’une ruée vers l’or débute en Terre de Feu. Son choix est fait, il décide d’y tenter sa chance. Dans un premier temps, il prospecte tout en effectuant un travail de cartographie de la Patagonie.

Pour assouvir ses ambitions, il joue de ruse et d’ingéniosité, fréquentant les élites savantes et politiques d’Argentine. Son entreprise prospère et son pouvoir s’étend dans cette région tant et si bien qu’il va jusqu’à frapper monnaie et éditer ses propres timbres. Mais progressivement, son influence et sa soif de pouvoir dérangent… Il est finalement arrêté et meurt peu de temps après dans des circonstances obscures…

Une vie à la fois tragique, mouvementée, riche en actions et en découvertes, bref une vie d’aventurier et pas n’importe laquelle, celle du dernier roi de Patagonie !

Le scénariste Matz propose ici un récit de vie passionnant à la rencontre de ce personnage difficile à saisir, au comportement complexe et énigmatique. Le dessin de Léonard Chemineau transcrit merveilleusement bien l’immensité et la rudesse de cette région du monde.

Bonne lecture!

Elias

(source photo : Electre)

A la rencontre de Camille Claudel… en BD

Bonjour à tous,

Aujourd’hui je vais vous faire découvrir une sculptrice mais à travers un support original: la BD! Publiée chez Glénat en 2012, la BD « Camille Claudel », écrite par Eric Liberge et dessinée par Vincent Gravé est innovante dans la conception de son histoire.

  • L’histoire

Camille Claudel a fait couler beaucoup d’encre. Nombreux sont les documents existants relatant sa vie. De plus, il est difficile de parler de cette artiste sans tomber dans un classicisme.  C’est le pari pourtant gagné par Eric Liberge et Vincent Gravé! Ils ont choisi un angle nouveau: partir du témoignage du frère de Camille, Paul Claudel, pour découvrir la vie de sa sœur façon flash-back. L’exhumation de ce témoignage recueilli en 1951 à la veille d’une exposition rétrospective en l’honneur de Camille Claudel,  nous transporte dans un récit romanesque qui ne peut laisser insensible.CAMILLE CLAUDEL[BD].indd.pdf

  • Le dessin

En adoptant un dessin rugueux et dérangeant à la manière des illustrateurs de presse de la fin du XIXe siècle, Vincent Gravé n’entre pas seulement dans une époque dont il campe les décors de jolie manière. Il renforce la proximité avec le style des deux artistes au cœur de cette biographie.  Il fallait cette originalité alliée à quelques folies graphiques et aux fines aquarelles d’Éric Liberge pour sublimer ce récit qui aborde un véritable mythe avec ses parts d’ombres et de mystères, voire ses polémiques.

Difficile de refermer cet album sans ressentir un vif sentiment d’injustice envers une femme qui n’eut sans doute pas la reconnaissance légitime que son génie réclamait. Être femme et une artiste aux débuts du siècle passé n’allait pas de soi…

Je vous propose de découvrir cette BD à travers cette vidéo qui met en scène la réalisation de cette oeuvre. C’est par ici!

« De tous les arts, la sculpture est celui qui promet le moins de succès temporel »

Paul Claudel.

Bonne lecture,

Sunray

(Sources: Camille Claudel sculptrice : Wikipédia; couverture : Electre)