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Julio Popper : le dernier roi de Terre de Feu

 

Dans un précédent billet, je vous ai présenté un ouvrage compilant plusieurs récits d’explorateurs en Patagonie intitulé « Fous de Patagonie : quatre découvreurs du bout du monde ». Les expéditions relatées datent du XIXème siècle. A cette époque la Patagonie et la Terre de Feu étaient quasiment inexplorées et inconnues des occidentaux et n’avaient pas encore révélé leurs secrets et leurs paysages grandioses (même si aujourd’hui encore, ces espaces conservent bien des mystères).

Cette semaine, je vous propose de découvrir une autre histoire, fascinante elle aussi, se déroulant à la même époque et dans la même région du monde. C’est une bande dessinée cette fois-ci, elle est intitulée:

« Julio Popper : le dernier roi de Terre de Feu » de Matz et Chemineau.

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Julio Popper est un personnage d’exception à plus d’un titre. Avant de s’aventurer aux confins de la Patagonie à 29 ans, il a parcouru les quatre coins du monde. Originaire de Roumanie, il achève ses études à Paris en obtenant son diplôme d’ingénieur. Il part ensuite pour l’Asie puis l’Amazonie en 1885. C’est là qu’il apprend qu’une ruée vers l’or débute en Terre de Feu. Son choix est fait, il décide d’y tenter sa chance. Dans un premier temps, il prospecte tout en effectuant un travail de cartographie de la Patagonie.

Pour assouvir ses ambitions, il joue de ruse et d’ingéniosité, fréquentant les élites savantes et politiques d’Argentine. Son entreprise prospère et son pouvoir s’étend dans cette région tant et si bien qu’il va jusqu’à frapper monnaie et éditer ses propres timbres. Mais progressivement, son influence et sa soif de pouvoir dérangent… Il est finalement arrêté et meurt peu de temps après dans des circonstances obscures…

Une vie à la fois tragique, mouvementée, riche en actions et en découvertes, bref une vie d’aventurier et pas n’importe laquelle, celle du dernier roi de Patagonie !

Le scénariste Matz propose ici un récit de vie passionnant à la rencontre de ce personnage difficile à saisir, au comportement complexe et énigmatique. Le dessin de Léonard Chemineau transcrit merveilleusement bien l’immensité et la rudesse de cette région du monde.

Bonne lecture!

Elias

(source photo : Electre)

A la découverte de la Cordillère des Andes avec Espíritu Pampa…

 

Bonjour à tous,

Aujourd’hui nous partons direction la Cordillère des Andes en Amérique du Sud en compagnie de Sebastien Jallade. Alors prêts pour le décollage? Mais en fait….

C’est quoi les Andes ? « Un territoire inaccessible ? » « Un enchevêtrement de couleurs sans orgueil » ? « Tout se ressemble : une vallée, puis une autre, un écheveau de montagnes si monotone qu’il m’empêche de trouver mon chemin ». C’est pour essayer de répondre à ces questions, de comprendre, que Sébastien Jallade nous propose un incroyable périple dans Espíritu pampa – Sur les chemins des Andesespiritupampa.

Sébastien Jallade a parcouru les Andes durant quatre années, de l’Équateur à la Bolivie. Il s’interroge sans relâche sur le rapport à la mémoire, à l’identité, aux croyances qui ont bouleversé et continuent de façonner le Nouveau Monde. Pendant son périple, Sébastien Jallade a recueilli la voix des paysans, des mineurs et des artisans. Autant de rencontres et de lieux où les croyances se mêlent.  A travers ces lieux bien réels, mais qui tous constituent une plongée dans l’âme andine et un appel à l’imaginaire, se manifeste l’esprit de la pampa.

A la suite de ce voyage établi par Sebastien Jallade, un film documentaire intitulé Qhapaq Ñan, la voix des Andes a été réalisé. A la fois poétique et ethnographique ce documentaire est éclatant de sincérité : la bande annonce est par ici! Ce documentaire a reçu le label peru-1519980_1280d’Unifrance, l’organisme français de promotion du documentaire français à l’étranger.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture dépaysante à travers la Cordillère des Andes! A ajouter sur les étagères de récits de voyages en Amérique du Sud!

 

Sunray

(Sources : Paysage Cordillère des Andes : Pixabay/Sheeze; Couverture : Electre, Péruviennes : Pixabay/Prochalen)

 

La Patagonie par Isabelle Autissier

Bonjour chers Voyageurs,

Voyageurs, j’espère que vous l’êtes aujourd’hui, car à l’instar des navigateurs du Vendée Globe qui se rapprochent du Cap Horn (allez voir cette carte pour voir le positionnement de chacun), nous partons pour la région de la Patagonie. Nous vous avions déjà emmené en Patagonie il n’y a pas si longtemps, mais aujourd’hui qui de mieux pour nous conduire qu’une ancienne skippeuse du Vendée Globe ?

Vous l’aurez compris, nous partons sur le bateau d’Isabelle Autissier avec son roman L’Amant de Patagonie.

amantpatagonie

L’Amant de Patagonie, c’est l’histoire d’Emily, orpheline écossaise de 16 ans, qui part en Patagonie pour devenir la gouvernante des enfants d’un pasteur. Elle se retrouve alors projetée dans un monde radicalement éloigné du sien, où pourtant elle découvre une nouvelle culture qui la bouleverse autant que les paysages grandioses qui l’entourent. Il ne faut pas être un fin détective pour se douter, grâce au titre de l’oeuvre, qu’elle découvrira dans cette nouvelle contrée l’amour. Mais cette histoire d’amour est vouée au malheur…

Isabelle Autissier, dont nous avions déjà parlé sur le blog, fait preuve d’un grand talent d’auteur. Elle arrive à communiquer dans cette histoire son amour et son émerveillement pour cette contrée magnifique tout en montrant l’affrontement de deux mondes qui s’opposent. A défaut de pouvoir vous y rendre, ce roman vous permettra de découvrir, avec Emily, un monde à la beauté ravageuse.

En voici un court extrait :

Voilà mon pays ! Je me sens aussi intimidée qu’excitée à imaginer ce qui m’attend sur cette terre nouvelle. Je ne sais pas seulement combien d’années j’y passerai. Est-ce vraiment important ? Je l’ai choisie, j’ai voulu y venir, j’y suis.

Depuis deux jours il fait meilleur, même beau. Le vent est passé au nord et nous glissons sur une mer grise, parcourue seulement de trouées de lumière qui fusent entre les nuages. Des albatros aux yeux délicatement soulignés de noir nous accompagnent, furetant dans le sillage en quête de nourriture. Délivrée de l’ignoble mal de mer qui m’a tenue au lit pendant la descente depuis le Rio de La Plata, je reste sur le pont toute la journée pour fuir l’odeur de moisi de ma cabine. L’air me semble chargé d’une indéfinissable énergie, une vivacité qui m’emplit les poumons, me donne envie de chanter, conforte ce choix déraisonnable de venir fixer ici une partie de ma vie.

Alors laissez-vous embarquer pour un voyage aussi dépaysant qu’émouvant !

Corisande

(Crédits photos : Rodolfo_Llanos – Pixabay / Electre)

L’usage du monde de Nicolas Bouvier

 Bouclez vos ceintures et partez en voyage avec Nicolas Bouvier.

 

La Bible du voyageur

Paru 10 ans après son voyage (en 1963) , ce récit est considéré comme un « ouvrage culte » par le magazine Lire .

Nicolas Bouvier et Thierry Vernet voyagent entre juin 1953 et décembre 1954 en Fiat Topolino. Ils partent de Belgrade, traversent la Macédoine, la Grèce, la Turquie, l’Iran (où ils passent l’hiver 53-54 à Tabriz), le Pakistan et l’Afghanistan pour arriver au Khyr Pass aux portes de l’Inde 1 an et demi plus tard.

Pour financer leur voyage, Nicolas Bouvier écrit des articles pour des journaux suisses ou autres, fait des conférences, donne des cours de français. Il enregistre des musiciens dans les villages. Thierry Vernet vend des peintures. N. Bouvier et T. Vernet se séparent à Kaboul.

 Avis d’une lectrice (C. Gouin) : C’est un réel plaisir de parcourir ce récit de voyage. Nicolas Bouvier donne beaucoup de détails sur leurs rencontres. C’est bien écrit avec des expressions bien choisies, on a envie de le savourer … avec lenteur. Ce voyage selon N. Bouvier, est « bien différent du tourisme et du loisir, n’est néanmoins pas une fuite de soi, mais bien plutôt une quête. Quête de soi et de la diversité de l’Autre ».

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. » p.12.

Toujours d’actualité

Plus de 50 ans après sa parution, cet ouvrage remporte encore un réel succès. Il fait notamment partie des coups de cœur du Speed Boooking de la bibliothèque de Chantonnay en septembre dernier et un extrait a été choisi et lu par les bibliothécaires de St Hilaire des Loges lors de leur soirée Carnets d’Orient. Indémodable !

Luz

(Source photo Electre)

Carnets de voyage de Walter Salles

 

« Ceci n’est pas un récit d’exploits impressionnants, c’est un fragment de vie de deux êtres qui ont parcouru un bout de chemin ensemble, partageant les mêmes aspirations et les mêmes rêves. Notre vision fut-elle trop étroite? Trop partiale? Trop précipitée? Nos conclusions furent-elles trop rigides? Peut-être. Mais cette errance à travers notre Amérique m’a transformé plus que je ne croyais. Moi, je ne suis plus moi. Du moins, je ne suis plus le même qu’avant… »

affiche Carnets de voyageCes paroles sont celles d’Ernesto dit « Fuser » le personnage principal de l’excellent film de Walter Salles intitulé Carnets de voyage. Elles sont prononcées à la toute fin du film en guise de conclusion…

Ernesto est argentin, tout comme son ami Alberto. Ils sont jeunes et ne désirent qu’une chose : découvrir l’Amérique du Sud! Pour cela, ils décident d’entreprendre un périple de plusieurs milliers de kilomètres au tracé improbable avec une vieille Norton 500! L’histoire se déroule en 1952 et cette entreprise un peu folle, inquiète les proches d’Ernesto!

Au cours de cette aventure Fuser et Alberto découvrent des paysages magnifiques, de la Patagonie à La Cordillère des Andes, du Machu Picchu à la ville de Valparaiso…

paysan colombienMais là n’est pas le plus important… A plusieurs reprises, les deux amis sont confrontés à un monde qu’ils n’imaginaient pas. Un monde brutal dans lequel les populations indiennes sont dénigrées et exploitées. La détresse et la misère qu’ils ressentent au contact de certaines communautés les marquent à jamais… Partagés entre espoir et indignation, les deux hommes aspirent désormais à de nouveaux rêves…

A l’issue du voyage, les deux amis se séparent. Alberto Granado devient médecin à Caracas pour un temps tandis que Fuser, de son vrai nom Ernesto Guevara de la Serna, emprunte un autre chemin… Une voie qui le mènera à devenir l’une des personnalités les plus marquantes du XXème siècle… Un symbole de la révolte populaire…

Cette aventure est donc celle d’Ernesto Guevara. Le scénario du film est librement inspiré de ses carnets de voyage rédigés entre 1951 et 1952 et du livre d’Alberto Granado intitulé « Sur la route avec Che Guevara ».

Cependant, Carnets de Voyage n’est pas un film sur le « Che » mais bien sur Ernesto dit « Fuser », cet étudiant en médecine insouciant qui décide à 23 ans d’entreprendre un voyage en Amérique du Sud…

Entre paysages grandioses et rencontres inoubliables, ce film nous propose un voyage captivant au cœur du continent américain et nous invite à suivre une aventure humaine hors du commun portée par des acteurs talentueux. La bande originale est également très réussie (vous la connaissez j’en suis sûr).

Bref du très bon cinéma !

Pour visionner la bande annonce cliquez ici.

Elias

(sources photos : Diaphana Films, Herney-Pixabay, capobleu2a-Pixabay)

« Fous de Patagonie : quatre découvreurs du bout du monde »

 

Fous de Patagonie« Ces souvenirs mélancoliques étaient d’ailleurs en parfaite harmonie avec l’aspect désolé et pourtant grandiose de cette côte inhospitalière. Là aucune trace d’indigènes ; un rivage tourmenté, bordé de collines abruptes à végétation monotone de bouleaux, disposés comme en gradins d’amphithéâtre à mesure que, s’élevant davantage en altitude, ils étaient plus accessibles au vent régnant qui les courbait uniformément vers l’ouest ; des criques anfractueuses aux mille replis, houle puissante et sonore : en somme, magnifique et sauvage décor pour quelques fantastique drame ».

Un paysage fascinant et stupéfiant en apparence , vous ne trouvez pas ?

Ces quelques mots sont ceux d’un certain Paul Haydes, qui a parcouru pendant une année la Terre de Feu en Patagonie, il y a de cela plus de 130 ans… L’expédition à laquelle il participa, était avant tout scientifique et avait pour ambition d’expliquer certains phénomènes météorologiques. Le récit de ce voyage est captivant…

Pourtant même si cette expédition est notable à plus d’un titre, elle ne représente qu’un périple parmi tant d’autres à destination de cette région du monde à cette époque.

PatagonieLa Patagonie, vaste étendue de terre très largement méconnue de la civilisation occidentale au XIXème siècle, attirait bien des convoitises. Certains états voyaient en elle, une région vierge à exploiter (même si elle était occupée par des communautés d’indiens…). La Patagonie incarnait également pour nombres d’aventuriers l’espoir fou d’une fortune facile. Elle suscitait aussi la soif de savoir et de découverte des scientifiques européens…

A cette époque, la population française n’était pas insensible à la fascination qu’ exerçaient ces contrées lointaines et exotiques comme La Patagonie. En témoigne la popularité dans la seconde partie du XIXème d’un magazine illustré aujourd’hui disparu : « Le tour du monde ». Parmi ses fidèles lecteurs, un certain Jules Verne

Cette revue relatait périodiquement les histoires de ces hommes et femmes aussi intrépides que courageux qui parcouraient le globe à la découverte des dernières terres inexplorées !

L’ouvrage intitulé « Fous de Patagonie : quatre découvreurs du bout du monde, 1856-1897 » vous propose de découvrir quatre de ces récits extraordinaires initialement parus dans « Le tour du monde ».

Fous de Patagonie

Quatre destins hors du commun, qu’un voyage en Patagonie va bouleverser à jamais : celui de l’employer de commerce Auguste Guinnard, du docteur et médecin de la marine Paul Hyades, du voyageur et anthropologue Henry de La Vault et du scientifique Otto Nordenskjöld

Elias

(Sources photos : falco-Pixabay et Electre)

J’irai dormir…

 

Qui n’a pas rêvé une fois dans sa vie de partir avec pour seul bagage un baluchon à la rencontre des habitants de contrées lointaines où découvrir de nouveaux horizons ?

Antoine de Maximy en a fait une réalité ! A vos sacs à dos, partons avec Antoine « dormir chez vous ».dormir

Depuis 2004, Antoine de Maximy part seul dans divers pays du monde où il s’invite chez les habitants pour manger, dormir et ainsi découvrir leur vie quotidienne à l’aide de deux caméras fixées sur lui. Voilà le concept de la formidable émission  « J’irai dormir chez vous » !

Sans aucune préparation préalable, le globe-trotteur nous montre de façon spontanée son recueil d’informations sur le mode de vie des habitants grâce à sa bonne humeur,  son naturel et l’impact que peut avoir les caméras sur les populations autochtones.

Un agréable moment à partager en famille. Je ne résiste pas à l’envie de vous faire découvrir l’émission dans un pays que j’affectionne particulièrement: l’Uruguay. Ouvrez-grand vos yeux, c’est par ici!

Et pour ceux qui préfèrent le support papier, il existe aussi le livre « J’irai dormir chez vous: carnets d’un voyageur taquin » où Antoine revient voyageursur ses périples et péripéties dans 35 pays. De quoi voyager même dans son canapé!

Amis lecteurs, bonne découverte!

Sunray

[Source photos : Marcheur au sac à dos : Hermann/Pixabay — Oreiller : Flickr/Guillaume Capron — Couverture: Electre]

Sous l’étoile de la liberté de Sylvain Tesson

Sous l'étoile de la liberté

6 000 kms à travers l’Eurasie sauvage

Sylvain Tesson a parcouru à pied, à cheval et à bicyclette le chemin de ceux qui ont fui le Goulag ou l’oppression soviétique à partir des années 1920 jusqu’à l’effondrement de l’URSS. Ce rude voyage de huit mois, durant lequel il rencontre des dizaines de survivants du système concentrationnaire, est une célébration de l’esprit d’évasion et un hommage à ceux qui choisissaient la liberté mais connaissaient alors le froid, la faim et la solitude extrême.

Un parallèle très intéressant que vous pourrez découvrir lors de la soirée Carnets de l’Himalaya à la bibliothèque de Saint-Hilaire-des-loges le vendredi 14 octobre prochain.

Luz

(Source : Amazon.fr, éditions Arthaud)