Archives du mot-clé etapeFemmesEtArts

« Marguerite Duras » de Laure Adler

 

Cet ouvrage de Laure Adler édité chez Flammarion retrace la vie de Marguerite Duras, écrivaine française majeure du  XXème siècle en 5 chapitres passionnants. Largement illustré, vous y découvrirez des manuscrits, photos de cette femme de lettres hors du commun, engagée et qui ne cessera d’écrire.

Au fil du temps, l’écriture amène Marguerite Duras dans l’univers du cinéma et du théâtre. Son livre « Le barrage contre le Pacifique » est  adapté au cinéma et c’est en 1984 qu’elle obtient la consécration avec le prix Goncourt pour son livre « L’Amant ».

Marguerite Duras livre

1914-1932 : Les racines de l’enfance
Née en Indochine en 1914, Marguerite est élevée par une mère lui rappelant sans cesse qu’elle « peut mieux faire ».

« J’ai n’ai eu ni maison familiale, ni jardins connus, ni greniers, ni grands-parents, ni livre, ni camarades qu’on voit grandir. Rien de tout cela. Vous vous demandez ce qu’il reste ? Il reste ma mère. Pourquoi me le cacher ? »

1933-1947 : Temps de guerre
C’est une période où Marguerite devient une intellectuelle engagée, adhère au premier parti de France, allant vendre L’Humanité sur les marchés le dimanche.

« Dans cette période-là de ma première solitude, j’avais déjà découvert que c’était écrire qu’il fallait que je fasse. J’en avais déjà été confirmée par Raymond Queneau. Le seul jugement de Raymond Queneau, cette phrase-là : ‘Ne faites rien d’autre que ça, écrivez.' » 

1948-1963 : La reconnaissance
Marguerite accepte d’écrire le scénario « Hiroshima mon amour », commandé par Alain Resnais, qu’il lui permet ainsi d’obtenir la reconnaissance des milieux intellectuels et artistiques.

 « Je crois que j’ai recherché dans mes films ce que j’ai recherché dans mes livres. En fin de compte, il s’agit d’une diversion et seulement de ça, je n’ai pas changé d’emploi. Les différences sont très petites, jamais décisives. » 

1964-1979 : L’effervescence de la créationmarguerite duras
Marguerite ne cesse d’écrire mais aussi de tourner. Elle se met en scène dans Le Camion, au côté d’un jeune acteur, inconnu du grand public, Gérard Depardieu.

« Mon premier film est La Musica. L’histoire était déjà écrite, il suffisait de la tourner. J’ai eu envie de faire du cinéma parce que les films qu’on faisait avec mes romans étaient pour moi insoutenables. » 

1980-1996: La consécration
Le roman « L’Amant » rencontre un succès populaire avant d’obtenir le prix Goncourt en 1984, prix qu’elle ne viendra pas chercher.

« Mon écriture est la même depuis toujours. Ici, tout au plus, je me laisse aller sans crainte. Les gens n’ont plus peur de ce qui, en apparence en tout cas, semble incohérent. […] L’Amant est un livre tellement plein de littérature qu’elle semble paradoxalement très loin. On ne la voit pas. On ne doit pas voir l’artifice. C’est tout. […] »

 

logolitterature

 

Les rêves dansants

Aujourd’hui partons à la rencontre de Pina Bausch, une  grande dame de la danse contemporaine qui inventera un nouveau genre le « Tanztheater », mêlant la danse à une mise en scène très  proche du théâtre.

Une pièce créée en 1978 jouée par des adolescents

Le documentaire d’Anne Linsel et de Rainer Hoffmann  Les rêves dansants  relate le montage d’une pièce intitulée Kontakthof  créée en 1978 et reprise ici en 2008.

L’audace de Pina Bausch réside dans l’idée de faire jouer cette pièce par un groupe d’adolescents néophytes de 14 à 18 ans. Ceux-ci déploient tant de grâce et d’élégance dans ce qui représente un défi, parfois une épreuve,  qu’ils nous subjuguent. Ils ne connaissaient pas auparavant cette grande artiste, mais ils vont ressortir grandis de cette expérience et c’est magique de voir ces adolescents devenir adultes.

Les répétiteuses font preuve de beaucoup de finesse et de délicatesse pour amener ces jeunes à oser montrer leur corps, car dans cette pièce, il y a de l’agressivité et aussi une infinie tendresse (que l’on devine être celle de Pina Bausch pour le genre humain).Il est également très émouvant de voir l’appréhension et l’excitation de ces jeunes avant leur rencontre avec la chorégraphe et à lui montrer leur travail.

De la chrysalide au papillon

On suit le parcours -initiatique- de certains d’entre eux. Les répétitions sont entrecoupées d’interviews  où les adolescents expriment les sentiments qui les traversent et font écho à la pièce : l’amour, la famille, la mort…Pina Bausch nous touche aussi car elle ne met pas en scène des danseurs correspondant aux canons esthétiques habituels du ballet, mais des corps adolescents, imparfaits, elle qui avait déjà fait jouer cette pièce par des « seniors ».

Le jour de la représentation arrive, on assiste aux essayages, au stress montant et on est avec eux. Pina Bausch elle, garde un calme olympien.Pour vous donner une idée de cette merveille, faites un saut de chat sur ce lien.

Célia

[Sources ill : Jour2fête-Pixabay/avantrend]

De Vargas aux jeux de l’amour et de la mort

Bonjour à tous,

Aujourd’hui nous allons parler d’une icône féminine du polar. Avec son premier roman paru en 1986, Fred Vargas, de son vrai nom Frédérique Audoin-Rouzeau est une figure inconditionnelle du polar français. Ce pseudonyme a été choisi en référence à Maria Vargas joué par l’actrice Ava Gardner dans le film La Comtesse aux pieds nus. C’est donc sous le titre Les jeux de l’amour et de la mort qu’elle signe sont son premier roman où elle met en scène une enquête policière dans le domaine de l’art.

Tom, jeune peintre débutant, cherche à faire ses preuves dans le métier mais ne sait pas comment s’y prenre. Il va alors tenter d’approcher le plus grand artiste de son époque, R.S Gaylor, lors d’une soirée de gala afin de lui soumettre ses premières esquisses de peinture. Mais son plan tombe à l’eau lorsqu’il bute sur un cadavre alors qu’il pénétrait dans le bureau du peintre sans y avoir été invité…jeu-amour

Tom est un héros sympathique, attachant et loufoque: un grand artiste distrait. Suspecté de meurtre, il ne fera rien pour se disculper, enchaînant gaffes sur gaffes, au grand désespoir de l’inspecteur Galtier

D’une apparence plutôt classique, ce policier nous passionne par son histoire tortueuse. En suivant tantôt les réflexions et les actions de Tom, tantôt celles de Galtier, tantôt celles de Jeremy, l’auteur nous perd sur différentes pistes, avec plusieurs scénarios plausibles, mais sans que l’on devine jamais quelle pourrait être la vérité.  Et si tout le monde avait fait fausse route depuis le début ?

Dans ce roman j’ai surtout aimé l’interaction entre les deux personnages principaux : Tom et Galtier. Leurs échanges sont un mélange entre la curiosité et l’énervement, ils sont tous les deux intrigués par l’autre sans arriver à se déchiffrer

Une lecture fluide et agréable : je conseille ce roman pour quiconque veut se lancer dans le genre policier !

(Source images: couverture du livre : Electre; livre en cœur : Pixabay) 

Sunray

De l’orphelinat au N°5

 

Voilà encore un surprenant destin que nous offre la très belle collection « Grands Destins de Femmes » chez Naïve, ici réalisé par Pascale Frey et Bernard Ciccolini.

coco

La vie de Gabrielle Chanel  est  déroutante tant elle est marquée par des rebondissements heureux ou tragiques. Abandonnée par son père, Gabrielle est élevée dans un couvent  avec ses deux sœurs. C’est ici qu’elle fera ses premières armes de couturière. Plus tard, elle trouve du travail comme commise chez un marchand de trousseaux à Moulins, où elle se fait déjà une petite réputation. Trop douée sans doute, elle se fait renvoyer par son patron.

Avec son amie de toujours,  Adrienne, elle commence à chanter dans les cafés-concerts, où elle prend le surnom de Coco. Elle y fait la rencontre d’Etienne Balsan qui l’introduit dans un monde de luxe.  Installée chez lui, elle aime porter ses vêtements et les détourner à sa façon.

Elle n’aura de cesse au cours de sa vie de vouloir libérer le corps des femmes. Elle-même se coupe les cheveux courts, ce qui à l’époque est peu courant. Elle trouve l’inspiration au gré de ses rencontres et de ses amants. Arthur Capel, surnommé Boy, orphelin lui aussi, l’aide à s’installer et à ouvrir ses premières boutiques. De là, elle rencontre le succès qu’on lui connaît.

On découvre, grâce à cette biographie en bande-dessinée, une femme exigeante et complexe, parfois dure avec elle-même et avec ses proches. Paradoxale, elle qui a voulu une mode adaptée au corps des femmes, elle peut se montrer rétive au changement, comme on peut le voir dans cette interview  datant de 1969.

Pour terminer, je ne peux pas résister au plaisir de partager avec vous le souvenir de cette mythique publicité, ici commentée par son réalisateur, Jean-Paul Goude.

Célia

[Sources ill. :Pixabay (Hans)-Electre]

A la rencontre de Camille Claudel… en BD

Bonjour à tous,

Aujourd’hui je vais vous faire découvrir une sculptrice mais à travers un support original: la BD! Publiée chez Glénat en 2012, la BD « Camille Claudel », écrite par Eric Liberge et dessinée par Vincent Gravé est innovante dans la conception de son histoire.

  • L’histoire

Camille Claudel a fait couler beaucoup d’encre. Nombreux sont les documents existants relatant sa vie. De plus, il est difficile de parler de cette artiste sans tomber dans un classicisme.  C’est le pari pourtant gagné par Eric Liberge et Vincent Gravé! Ils ont choisi un angle nouveau: partir du témoignage du frère de Camille, Paul Claudel, pour découvrir la vie de sa sœur façon flash-back. L’exhumation de ce témoignage recueilli en 1951 à la veille d’une exposition rétrospective en l’honneur de Camille Claudel,  nous transporte dans un récit romanesque qui ne peut laisser insensible.CAMILLE CLAUDEL[BD].indd.pdf

  • Le dessin

En adoptant un dessin rugueux et dérangeant à la manière des illustrateurs de presse de la fin du XIXe siècle, Vincent Gravé n’entre pas seulement dans une époque dont il campe les décors de jolie manière. Il renforce la proximité avec le style des deux artistes au cœur de cette biographie.  Il fallait cette originalité alliée à quelques folies graphiques et aux fines aquarelles d’Éric Liberge pour sublimer ce récit qui aborde un véritable mythe avec ses parts d’ombres et de mystères, voire ses polémiques.

Difficile de refermer cet album sans ressentir un vif sentiment d’injustice envers une femme qui n’eut sans doute pas la reconnaissance légitime que son génie réclamait. Être femme et une artiste aux débuts du siècle passé n’allait pas de soi…

Je vous propose de découvrir cette BD à travers cette vidéo qui met en scène la réalisation de cette oeuvre. C’est par ici!

« De tous les arts, la sculpture est celui qui promet le moins de succès temporel »

Paul Claudel.

Bonne lecture,

Sunray

(Sources: Camille Claudel sculptrice : Wikipédia; couverture : Electre)

 

 

« Ma double vie » de Sarah Bernhardt

sarahSurnommée « La voix d’or » par Victor Hugo, « Le monstre sacré » par Jean Cocteau mais aussi « La Divine« , « Mère la chaise » ou « L’impératrice du théâtre« , Sarah Bernhardt est la première star française ayant connu une renommée internationale. Née en 1844, elle devient rapidement une actrice de théâtre au talent acclamé par les plus grands de son époque. Pour découvrir cette femme extraordinaire, quoi de mieux que de la laisser nous raconter sa vie trépidante ? Les Dames d’art vous proposent de vous plonger dans ses mémoires dans l’autobiographie « Ma double vie » signée par Sarah Bernhardt elle-même.

  • Une femme moderne et libre

Sarah_Bernhardt_by_Félix_Nadar_2 (2)Le plus beau symbole de réussite pour Sarah Bernhardt : être autant détestée qu’adorée ! Se destinant à devenir religieuse, elle se découvre un vrai talent d’actrice. Après un premier succès dans Ruy Blas de Victor Hugo (dont on dit qu’il fut un de ses nombreux amants), elle crée sa propre compagnie et achète le Théâtre de la Renaissance. Sarah Bernhardt jouera dans plus de 120 pièces de théâtre, mais aussi dans quelques films, sous la direction de Sacha Guitry notamment.

« Mes goûts un peu fantastiques, ma maigreur, ma pâleur, ma façon toute personnelle de m’habiller, mon mépris de la Mode, mon j’m’enfichisme de toutes choses, faisaient de moi un être à part. »  Sarah Bernhardt

  • Une vie de roman

William_Downey_(1829-18_),_Sarah-BenhardtDès sa jeunesse, Sarah Bernhardt ne laisse personne lui dicter sa vie. Admise à 18 ans à la Comédie Française, des rivalités avec une autre comédienne lui font quitter celle-ci au bout de quelques mois. Elle commande des pièces à Oscar Wilde, soutient Emile Zola lors de l’affaire Dreyfus et rend visite aux soldats dans les tranchées pendant la Première Guerre Mondiale. Son jeu d’actrice est unique : elle joue aussi bien des rôles masculins ou féminins, elle aime mettre en scène ses agonies, une déclamation au style baroque  … Elle joue avec les faux semblants, allant même jusqu’à subir un lifting chirurgical, en 1912 !

Signature cinéma

Arletty, actrice inoubliable !

 

arletty paroles retrouvéesAvec le  7 ème Art,  les dames d’art mettent à l’affiche Arletty née Léonie Bathiat. Cette grande dame du cinéma, comédienne charismatique est connue pour son phrasé Parisien et sa célèbre réplique dans le film « l’Hôtel du Nord » de Marcel Carné, « Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère »? « Arletty, paroles retrouvées » de Robert de la Roche retrace leur rencontre en 1984 dans l’appartement de la comédienne quartier d’Auteuil à Paris. Il fait partager ces échanges simples et sincères avec Arletty,  qu’il décrit comme être « une figure majeure du cinéma français et international du XX ème siècle.

« Dans ma main droite, le micro ; la gauche tenait une des mains d’Arletty : comment faire comprendre à quelqu’un qui ne vous voit pas et devine seulement votre silhouette que vous voulez la couper ? Très professionnelle, Arletty avait aussitôt accepté la convention ; je n’avais qu’à serrer son poignet quand je voulais prendre la parole. »

Une rencontre simple et sincère: Avec cette ouvrage , l’auteur souhaite faire partager en toute simplicité sa rencontre avec Arletty et ses beaux souvenirs et ses confidences. A 86 ans, Arletty n’a rien perdu de son franc parlé , une mémoire intacte malgré la cécité qui la touche déjà depuis plusieurs années.

Son parcours de vie: Le livre se compose de 6 chapitres. Robert de la Rochearletty explore avec Arletty son histoire personnelle, son enfance, son adolescence tourmentée, ses débuts de mannequin, son passage dans le music-hall, et son parcours d’actrice. L’auteur s’attache à faire passer l’émotion des échanges, l’intimité d’Arletty qui est visible à chaque instant. Il dévoile de nombreuses anecdotes sur ses jeunes années, sur ses relations amoureuses compliquées mais avec une réserve respectueuse de son interlocutrice.

Un goût de nostalgie: Proche et admiratif de l’actrice Robert de la Roche ne manque pas de retranscrire une certaine nostalgie qui donne envie de découvrir ou redécouvrir la filmographie complète d’Arletty.

Alors sans plus tarder, découvrez ce destin de femme en écoutant

les fabuleuses destinées.

Signature cinéma

 

 

 

 

 

 

« Casque d’or » de Jacques Becker

C’est avec un peu de tristesse que Les Dames d’art abordent le dernier thème de ce voyage dédié aux femmes et aux arts. Pour ce mois, nous vous proposons de plonger au coeur du 7ème art, à savoir le cinéma. Et c’est au travers du parcours hors- norme de Simone Signoret, première femme française oscarisée, que nous vous dévoilons le film de légende Casque d’or. Inspiré de l’histoire vraie d’Amélie Elie, ce drame réalisé par Jacques Becker en 1952 permet à Simone Signoret d’accéder au rang de star internationale.18452788

  • L’amour avant tout

Elle a commencé le cinéma pour ne pas « crever de faim ». Et c’est pour son premier rôle dans Macadam qu’elle obtient le prix Suzanne-Bianchetti. Simone Signoret est née pour jouer, mais aussi pour aimer. Yves Allégret de qui elle aura une petite fille, mais surtout son grand Amour, Yves Montand. Il choisira de la rejoindre en France après une idylle passionnée avec Marylin Monroe.

  • Une carrière de star

Oscar de la meilleure actrice pour Les chemins de la Haute Ville, César de la meilleure actrice pour La vie devant soi … Le cinéma permet à Simone Signoret d’avoir une carrière rêvée. Elle tourne avec les plus grands, Clouzot, Carné ou Costa-Gavras.

  • Une femme engagée

Yves Montand et Simone Signoret En 1954, Simone Signoret et Yves Montand achètent une propriété qui deviendra un lieu de rencontres artistiques et intellectuelles. S’y retrouvent Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou Luis Buñuel … Militants du parti communiste, Yves Montand et Simone Signoret partent en 1957 faire une tournée dans les pays de l’est, d’où ils reviendront quelque peu désabusés mais fidèles à leurs convictions. 

Pour plonger dans les secrets de Simone Signoret et Yves Montand, c’est ici.

Signature cinéma