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« Trois hommes dans un bateau (sans oublier le chien) » de Jerome K. Jerome

Pour faire simple, « Trois hommes dans un bateau (sans oublier le chien) » c’est le récit d’un voyage. Celui-ci n’échappe pas à la règle. Avant de partir à l’aventure, il faut conclure les préparatifs…

« Puis Harris emballa la confiture de fraises au-dessus d’une tomate qui s’écrabouilla, et ils durent enlever la tomate à la petite cuiller. Ce fut ensuite le tour de Georges, qui marcha sur le beurre. (…) Lorsque Georges l’eut décollé de sa pantoufle, ils s’avisèrent de l’introduire dans une bouilloire. il refusa d’y entrer, et ce qui avait réussi à s’insinuer dedans refusait d’en sortir. Ils finirent par l’extraire en le raclant, et le déposèrent sur une chaise. Harris s’assit dessus, le beurre se colla à lui, et ils le cherchèrent dans toute la pièce… »

Ces trois jeunes gens vous paraissent déraisonnables… et pas très malins…

Cela ne fait aucun doute, en effet!!!

Cependant ces joyeux compères ne sont pas dépourvus d’idées audacieuses comme celle d’entreprendre un voyage sur la Tamise, de Kingstone à Londres, pour selon eux, retrouver la santé… (oui, ils sont également, un petit peu, hypocondriaques…)

A travers « Trois hommes dans un bateau (sans oublier le chien) » Jerome K. Jerome nous entraine dans une escapade fluviale à la fois drôle et pittoresque, riche en rebondissements, en anecdotes et en pitreries…

Ce voyage va être l’occasion pour nos trois amis (sans oublier le chien, bien sûr) de donner libre cours à leur manque de bon sens, de logique, à leur oisiveté et à leur bêtise!!!

Jerome K. Jerome (1859-1927)

Publié en 1889 en Grande Bretagne, ce titre devient rapidement un best-seller, même si les critiques littéraires de l’époque reprochent à l’auteur, un style d’écriture jugé trop « populaire ».

C’est bien grâce à cet ouvrage, considéré aujourd’hui, comme un classique de l’humour anglais, que Jerome K. Jerome rencontre le succès et la célébrité à la toute fin du XIXème siècle…

Par la suite l’auteur produira une dizaine de romans, et ce, jusqu’en 1926. L’année suivante il disparaît, à l’âge de 68 ans, emporté par une hémorragie intra-cérébrale…

Elias

(sources photos : Electre, littératureaudio.com)

Jeux de planches de Jean-Paul Alègre

 

Jean-Paul Alègre , né en 1951, est l’un des auteurs de théâtre les plus joués en France. Ses pièces sont représentées dans 40 pays, traduites dans 25 langues et elles sont souvent reprises dans des anthologies et des ouvrages scolaires. Alègre plaît, touche, séduit par sa sincérité et l’amour qu’il porte aux gens rencontrés sur son chemin.

« Jeux de planches » fait suite à « La Ballade des planches » publié en 1997, dont le principe était simple : sept courtes scènes qui parlent toutes du théâtre et des situations absurdes qui peuvent advenir au théâtre, sont séparées par des « chants ». Le chant du tube de fond de teint, qui voudrait bien que l’on ne le rebouche pas avant l’entrée en scène, le chant du projecteur qui se refroidit dans le théâtre désert, le chant de la petite planche qui craque au centre du plateau….

jeux_de_planches

Ici dans « Jeux de planches » Jean-Paul Alègre reprend ce principe de saynètes, il triture le théâtre dans tous les sens, adopte un regard décalé sur cet univers. Il met par exemple en scène Le Premier Mot, Le Corps du texte et le Mot de la fin où chacun exprime ses difficultés propres à son rôle, et finit par se disputer… le dernier mot !

Dans une autre saynète, Jean Lauteur (auteur dramatique), Pascal Lejuge (critique) et Mlle Aumône (fonctionnaire) entament une conversation, où chacun essaie de s’expliquer sur son travail mais cela tient plutôt du dialogue de sourd.

Il est drôle de voir Mlle Aumône se présenter, « Guillemette Aumône, sous-directrice au troisième secteur du deuxième bureau du secrétariat adjoint à la direction du Théâtre et Autres Activités Peu Rentables au ministère de la Culture, de Ce qu’il en reste, des Loisirs et du Temps Perdu», puis décrire où se trouve son bureau (il faut s’ imaginer un labyrinthe pour y parvenir) et à quel moment il est possible de la voir (là aussi accrochez-vous !).

Après avoir longuement détaillé à Jean Lauteur que toutes les pièces devant constituer son dossier de demande de subvention étaient bien dans les règles, elle lui annonce, satisfaite et enthousiaste, que sa demande n’a pas été retenue, puisqu’il commence à se faire un nom et qu’il n’a donc pas besoin de leur aide !!!

On le voit, Jean-Paul Alègre prend un ton caustique mais plein d’humanité pour décrire ce milieu qu’il connaît bien.

Célia

[Source image: Pixabay-PIRO4D et Electre]

« Grammaire française et impertinente » de Jean-Louis Fournier

Vous souhaitez découvrir ou redécouvrir les principales règles de grammaire française en vous amusant ?

Grâce à un manuel accessible, hilarant…et politiquement incorrect ?

Un manuel vous permettant de dire et écrire correctement bêtises et grossièretés ?

Et bien cet ouvrage de Jean-Louis Fournier est fait pour vous !!!

Collaborateur de Desproges pour la réalisation de l’émission « la minute de Mr Cyclopède », Jean-Louis Fournier, à partir des années 90, confirme son talent et sa créativité dans le domaine de l’humour décalé en publiant plusieurs essais : « la grammaire française et impertinente » en 1992, « l’arithmétique appliquée et impertinente » en 1993, notamment. On l’associe fréquemment à son confrère Jean-Loup Chiflet, avec qui il partage ce sens de la dérision et du comique, ce goût des mots de la langue française. En 1999, dans un autre registre, il aborde l’alcoolisme de son père dans « Il a jamais tué, personne, mon papa » et obtient le prix Femina 2008 pour « Où on va papa ? », un témoignage du handicap de ses fils.

A travers cet ouvrage, Jean-Louis Fournier nous propose une grammaire impertinente qui montre souvent le mauvais exemple, mais toujours la bonne règle ! Des personnages inhabituels dans un livre de grammaire – un condamné à mort, un gangster, un commandant de bord aveugle… – nous enseignent l’usage des prépositions et des conjonctions et conjuguent avec aisance le subjonctif imparfait des verbes les plus délurés !

Un humour efficace et savoureux, tout à fait absurde, qui n’est pas sans rappeler les jeux de mots d’un certain Raymond Devos !

Vous désirez découvrir cet ouvrage sans plus attendre, et bien voici un petit extrait :

« La ponctuation

La virgule (,)

Sépare certains éléments à l’intérieur de la phrase. C’est le signe de ponctuation le plus faible. Elle marque une pause assez courte.

Exemple : Pour ne pas briser la glace, les éléphants ont traversé le lac gelé sur la pointe des pieds.

Les éléphants, voyant le lac gelé, se sont concertés très rapidement, puis, après une pause assez courte, ont décidé de traverser le lac sur la pointe des pieds.

Les deux points  :

Annoncent une citation, une énumération ou un développement explicatif.

Exemple : Un sourire de béatitude irradiait le visage du pape : il venait de gagner quatre parties gratuites au flipper.

Pourquoi le pape avait-il un sourire de béatitude ? Parce qu’il venait de gagner quatre parties gratuites au flipper. Il s’agit ici d’un développement explicatif.

Les points de suspension(…)

Indiquent que la pensée reste inachevée.

Exemple : Jonas a eu une nuit agitée, sa baleine avait le hoquet…

On a tous compris qu’il est malaisé de dormir dans une baleine qui a le hoquet (la pensée peut rester inachevée) . »

Un autre exemple sur la fonction du sujet nous est donné ici, par Jean-Louis Fournier en personne…

Célia

[Source Photo : AlexanderStein-Pixabay- Couv. : Electre]

« L’erreur est humaine » de Woody Allen

Vous connaissez certainement Woody Allen comme acteur, scénariste ou encore réalisateur. Nous vous proposons de le découvrir en tant qu’écrivain avec son livre « L’erreur est humaine » publié en 2007.

Dix-huit nouvelles loufoques (et le mot est faible), composent cet ouvrage. Nous avons choisi de vous faire écouter la première nouvelle de ce recueil qui s’intitule « Recalé ». Vous pouvez retrouver cet enregistrement sur France Inter dans l’émission « Micro fiction ».

Nous attendons vos commentaires!

police« Sans foi ni matelas » est l’une des nouvelles. Je vous invite vivement à découvrir cette histoire irrésistiblement drôle aux allures d’enquêtes policières!

Tous les éléments d’un bon polar s’y trouvent : un couple en cavale, des policiers perspicaces, des victimes inconsolables, un témoin qui a plein de choses à raconter et un crime… complètement absurde !!!

En voici un extrait…

A la seconde où la gouvernante entra dans la chambre principale, elle sut qu’il manquait quelque chose. Soudain, elle comprit – elle n’en crut pas ses yeux ! Quelqu’un s’en était pris au matelas et avait découpé l’étiquette portant la mention :  » La loi interdit formellement aux personnes n’étant pas propriétaires de l’article d’en retirer l’étiquette. » Un frisson parcourut Tobias. Ses jambes se dérobèrent sous elle, elle eut envie de vomir.

Elias

(sources photos : Electre et gra3s-Pixabay)