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Marjane Satrapi fait son cinéma

 

Le film dont je vais vous parler aujourd’hui est l’adaptation de la bande-dessinée éponyme Poulet aux Prunes de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, parue en 2004 aux éditions de l’Association.

L’histoire

Nasser Ali Khan, violoniste et musicien reconnu n’a plus goût à la vie. En difficulté dans son couple, il décide de mettre fin à ses jours. Ne sachant comment y parvenir, il se met au lit et attend que la mort vienne à lui. Il laisse ses idées vagabonder et se remémore ce que fut sa vie, sa rencontre avec l’amour et la musique, ses enfants…

Une adaptation réussie

Marjane Satrapi nous avait déjà enchantés avec Persépolis. Elle nous surprend ici avec Poulet aux prunes, dont la narration et l’onirisme font penser à un conte oriental.

Lectrice de la première heure de Marjane Satrapi, je n’ai pas beaucoup aimé l’adaptation au cinéma de Persépolis car pour moi les quatre tomes de la série ne pouvaient être résumés en une heure et demie…Et le charme n’opérait pas.

Au contraire, il me semble que Poulet aux prunes  est une vraie réussite à tous points de vue : esthétique, narratif, interprétation des personnages par des acteurs bouleversants… Il faut quand même souligner la présence d’acteurs tels que Mathieu Amalric, Maria de Medeiros, Golshifteh Farahani, Eric Caravaca, et Isabella Rossellini…Le rôle du conteur revient à Edouard Baer qui nous berce de sa voix suave et chaleureuse.

C’est un conte oriental car la tragédie et l’humour  s’entremêlent avec volupté…Nous y découvrons aussi le secret du génie de Nasser Ali…Mais je ne vais pas tout vous raconter. Laissez le charme opérer… !

Célia

[Source ill. : Le Pacte-Pixabay/Uskyherz]

Podium, le film

Yann Moix a publié chez Grasset, en 2002, un roman atypique, « Podium », nous racontant les aventures tragi-comiques de Bernard Frédéric, sosie convaincu et convainquant de Claude François.

L’auteur décide de mettre sous pellicule son oeuvre en 2004.

Le casting est brillant :

Benoît Poelvoorde EST Bernard Frédéric, il voue un culte au grand Claude François, il danse et chante pour lui rendre hommage, un amour sincère en somme, mais qui lui coûte cher. Sa conviction le rend égoïste, maladroit, mais aussi et surtout généreux, tendre et touchant.

L’auteur n’aime pas les personnages lisses : les trop bons, les grands méchants ce n’est pas pour lui, Yann Moix leur préfère des hommes et des femmes complexes, des personnages qui peuvent provoquer tout à la fois le rire, l’agacement, la tristesse, la haine parfois, l’incompréhension peut-être … Le lecteur-spectateur est davantage touché par un être fait de brèches qu’un captain America, si vous voyez ce que je veux dire ^^.

Jean-Paul Rouve est Couscous, le sosie de Michel Polnareff. Et bien, croyez-moi si vous le voulez, je l’ai trouvé EXTRA en faux Michel Polnareff. Il porte à merveille sa perruque et ses lunettes trois fois trop grandes, il est émouvant, maladroit, obstiné, un cœur énorme, Couscous quoi !

Et la bande-son, on en parle ??? Personnellement, je n’aime pas la musique de Claude François, bon, j’aime beaucoup plus celle de Polnareff, mais dans le film, la bande-son est géniale, bien pensée, les titres choisis sont beaux (je radote, mais celles de Polnareff sont les meilleures, hé, hé !). Ecoutez, vous verrez !

Julie Depardieu est Véro, c’est la femme de Bernard Frédéric, elle est douce, perdue, souffrant la passion de son mari chaque jour, fatiguée, aimante malgré tout et passionnée par Julien Clerc (si vous voyez le film, dites-moi ce que vous pensez du passage où un personnage chante « Ma préférence », allez dites-moi !). Elle ne sait plus comment agir pour sa famille, pour se protéger aussi. Mettez-vous à sa place, que feriez-vous ?

Le film est croustillant aussi avec toutes les guest-stars qui se promènent allègrement de scène en scène : les sosies qui n’en sont pas, c’est drôle !

Bon je récapitule, ce film est pour vous, si vous aimez :

  • Les émotions
  • Le rire
  • Pleurer
  • Les bons acteurs
  • L’humour

Ce film n’est pas pour vous si :

  • Vous n’aimez pas les comédies
  • Vous n’aimez pas la musique-nostalgie
  • Si vous n’aimez que les films sérieux et intellos

Voilà, vous êtes prévenus !

Bon, une bande annonce, un bisou, et à la prochaine fois !

Bastet

[Source : Allociné]

Lotte, ne vois-tu rien venir ?

Les aventures du Prince Ahmed

Une pionnière :

Aujourd’hui, voyageons dans le passé, en 1926, dans l’univers de Lotte Reiniger, précurseure dans le cinéma d’animation. Onze ans avant Blanche-Neige et soixante-douze ans avant  Princes et Princesses  de Michel Ocelot, elle utilise le procédé des silhouettes découpées dans le papier.

Je vous invite donc à découvrir un monde féérique avec Les aventures du Prince Ahmed, plongée dans les Contes des Mille et une Nuits, adaptés avec le talent de Lotte Reiniger et d’Edmond Dulac, illustrateur de livres pour enfants à qui l’on doit les superbes couleurs à l’encre.

En voici le synopsis :

Dans un royaume d’Orient, le jour de l’anniversaire du calife, son fils Ahmed enfourche le cheval ailé d’un sorcier africain. L’animal entraîne le jeune prince dans une grande aventure, loin de son pays d’origine, sur l’île de Wak-Wak. Subjugué par sa beauté, le jeune homme enlève la souveraine des lieux. Mais les démons de l’île, comme le sorcier africain, ont juré sa perte. Capturée par le mage, la belle princesse est vendue à l’empereur de Chine. Ahmed, aidé par une sorcière, tente d’organiser son évasion…

Un trésor de créativité et de poésie :

Le film d’une heure et quelques minutes est découpé en cinq actes. Il regorge de détails somptueux plus impressionnants les uns que les autres. Il aura fallu trois ans à Lotte Reiniger pour rassembler les 100 000 images nécessaires à la réalisation de ce film. Pour la technique, vous trouverez plus de  détails ici.

L’histoire est assez farfelue, mais après tout c’est bien  la moindre des choses pour un conte…Elle foisonne de personnages, de monstres, reprend les codes des contes orientaux (un calife, des palais, Aladin et sa lampe, un  tailleur amoureux d’une princesse…) tout en ajoutant des éléments sortis de l’imagination de Lotte Reiniger : la sorcière et son Royaume de la Montagne en flamme, le mage africain, une excursion en Chine…Tout est fin et délicat dans cette œuvre exigeante et dont on aurait tort de se priver.

Si vous n’en avez pas assez le DVD propose cinq courts-métrage en bonus !

Célia

[Source ill : Carlotta films et Pixabay-strecosa]

Vous vous souvenez ? : les dessins animés des années 80

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Goldorak, Albator, Capitaine Flam, Ulysse 31, vous connaissez ?

Si oui, lisez donc « Nos dessins animés : 70*80 » de Florence Sandis aux éditions Hors collection , si vous ne connaissez pas, et bien dans ce cas-là, je vous conseille … de lire l’ouvrage.

Pourquoi me direz-vous ?

Je vous répondrai que vous êtes curieux et que vous pourriez obéir à mes conseils aveuglément, mais bon, étant ouverte d’esprit, je vous explique :

Ces dessins animés ont eu un impact énorme sur les quarantenaires d’aujourd’hui, vous pouvez être sûrs qu’en prenant au hasard une trentaine de quadragénaires lambdas (ceux qui avaient la télé, entendons-nous) et en les forçant (c’est plus drôle si on les force) à faire un Quizz sur les génériques des animations en questions, ils auraient tous 20/20 !

Les enfants de cette génération les connaissent grâce à leurs parents et les parents des parents les connaissent aussi forcément ou alors ils laissaient leurs enfants seuls devant la télé pendant des heures, et ça, c’est mal !

Sérieusement, ce documentaire est truffé d’anecdotes réjouissantes, c’est un plaisir de se replonger dans cette époque et d’en apprendre plus sur ces héros qui ont alimenté l’imaginaire et les jeux de récré des petits de l’époque.

Une petite mise en bouche avec ces quelques anecdotes :

  • Albator s’appelle en réalité Captain Harlock dans la version japonaise; Albator (le nom de la série en français donc) est dérivé de Balator, un joueur de rugby qu’affectionnait particulièrement Eric Charden, le compositeur de la bande originale de la version française.
  • la bande originale de Capitaine Flam est incroyablement jazzy et aboutie pour un dessin animé destiné à la jeunesse. Elle a été écrite par Yuji Ohno, écoutez par vous-mêmes ! 
  • Bruno-René Huchez, auteur de Clémentine, a lui-même été gravement malade et est resté cloué au lit 1 an alors qu’il avait 8 ans. Il s’évadait grâce aux histoires, tout comme son héroïne.

Et vous, quels sont vos dessins animés favoris ?

Bastet

[Sources : Albator : Flickr / Couverture du  livre : Electre]

Nuit et brouillard : Aloïs Nebel de Tomas Lunak

 

Aloïs Nebel  ressemble à un OVNI dans le cinéma d’animation. D’un point de vue esthétique  il se situe dans la lignée de Valse avec Bachir. Adaptation de  la bande-dessinée éponyme de deux auteurs tchèques, Jaroslav Rudiš (scénario) et Jaromír Švejdík (dessin), Aloïs Nebel a été nommé à l’Oscar du meilleur film étranger en 2012. Découvrez ici la bande-annonce.

alois nebel

Prenons le train pour la Tchécoslovaquie, en 1989. C’est l’histoire d’Aloïs, chef de gare un peu perdu dans la station déserte de Bily Potok. Enfermé dans sa névrose, il lit les horaires de trains pour se calmer. Lorsque le brouillard se lève (« Nebel », en allemand) il est envahi par des souvenirs le ramenant à sa petit enfance,  où il vécut un traumatisme de séparation. Aloïs se remémore ces instants.

Il fait même un séjour en hôpital psychiatrique où l’on fait subir des électrochocs aux patients. Il envisage de changer d’emploi, mais on n’a rien à lui proposer.

Aloïs réalise alors son rêve qui est de se rendre à la gare de Prague, où il fait la rencontre de joyeux amis fêtant l’élection de Vaclav Havel. Il rencontre aussi Kveta, véritable rayon de soleil dans un destin qui semble assez sombre et dépourvu d’espoir.

Graphiquement, c’est très beau. Le procédé utilisé est celui de la rotoscopie qui consiste à retravailler et retoucher des prises de vues réelles, tournées avec des acteurs, ce qui donne du corps aux personnages. Historiquement, cela nous ramène à une époque pas si lointaine, d’une Tchécoslovaquie encore hantée par le souvenir des atrocités de la Seconde Guerre Mondiale.

Célia

[Source ill. : Pixabay(Fotoworkshop4You)]

Etape 10 : L’homme qui plantait des arbres de Frédéric Back

Chers voyageurs,

homme arbres

Pour clôturer ce voyage, en 10 films, sur le cinéma d’animation, c’est cette fois une adaptation d’une nouvelle de Jean Giono que nous vous proposons : « L’homme qui plantait des arbres » de Frédéric Back.

Ce film acclamé dans le monde entier a reçu plus de 40 prix et notamment l’Oscar du meilleur film d’animation et le Grand Prix du Festival International du film d’animation d’Annecy (nous vous parlerons de ce festival dans un prochain billet).

Réalisé à partir de peintures, le graphisme est inspiré de Monet, Chagall.

Vous pouvez voir le film ici :

Image de prévisualisation YouTube

Cette fable humaniste et écologique se déroule en Provence. Le narrateur rencontre un berger, Elzéard Bouffier, qui, chaque jour, plante des glands. Quelques années après, le narrateur revient et découvre une magnifique forêt : des chênes, mais aussi des hêtres et des bouleaux. D’année en année, la forêt s’étend, permettant à toute la région de revivre. L’administration des eaux et forêts, avertie, parle de génération spontanée, et le rôle d’Elzéard Bouffier reste secret, un secret que seules quelques personnes, connaissant la valeur du silence, partagent.
Une histoire simple et généreuse, un portrait émouvant et un hymne à la nature.

Vous pouvez par ailleurs retrouver la nouvelle de Jean Giono lu par Philippe Noiret en format numérique depuis la plateforme e-média en cliquant sur l’image. Si vous n’avez pas encore d’identifiant ou de mot de passe, cliquez ici

visuel e-médi@ petit

Etape 9 : La planète sauvage de René Laloux

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Chers voyageurs,

Pour ouvrir ce mois de mai (mois du Festival de Cannes), nous vous proposons de (re)découvrir un film qui reçut le prix spécial du Jury du Festival de Cannes en 1973 : La planète sauvage de René Laloux.

Ce film, considéré comme un mythe du cinéma d’animation français, est inspiré du roman de science-fiction de Stefan Wul : Oms en série. La technique d’animation utilisée pour ce film est le papier découpé.

Résumé : Sur la planète Ygam vivent les Draags, une espèce d’humanoïdes mesurant douze mètres de haut. Ils ont atteint les plus hauts sommets de la connaissance. Leur existence s’écoule lentement, toute entière tournée vers la méditation.
Les Draags possèdent de minuscules animaux familiers, les Oms, ramenés d’une lointaine planète dévastée. Tout commence, lorsque Tiwa adopte un bébé Om.

Ce film d’animation pop et philosophique avec sa musique d’influence pyschédélique et sa poésie, l’imposent dès sa sortie comme un des très grands films d’animation pour adulte.

Voici un aperçu du film : Image de prévisualisation YouTube

Etape 8 : Les noces funèbres de Tim Burton

Chers amis voyageurs,

Après avoir (re)découvert un grand classique du cinéma d’animation comme Le Roi Lion, place ce mois-ci à un chef d’oeuvre du grand réalisateur Tim Burton : Les noces funèbres.

Oscar du meilleur film d’animation en 2006, ce film d’animation est entièrement réalisé en stop-motion (image par image). Toutes les scènes et les personnages ont été dessinés par Tim Burton lui-même, s’inspirant pour les deux héros de ses deux acteurs fétiches, Johnny Depp et Helena Bonham Carter.

66427_une-noce-funebreS’inspirant de la légende de La mariée morte, le film retrace l’histoire de Victor Van Dort et Victoria Everglott, deux jeunes gens promis l’un à l’autre. Mais par mégarde et dans des conditions fantasmagoriques, Victor se retrouve marié au cadavre d’Emily, mystérieuse mariée, qui va l’entrainer dans le monde des morts par la force. Mais Victor ne peut oublier Victoria …

Pour vous donner un petit avant-goût, c’est ici !