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L’ombre du mal de James McTeigue

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Allan Edgar Poe fut un précurseur dans le domaine de la littérature fantastique. Si nous vous présenterons la semaine prochaine l’un de ses écrits nous vous proposons pour le moment de découvrir un film inspiré par cet écrivain haut en couleur.

Les conditions de la mort d’Edgar Poe, en 1849 à Baltimore, n’ont jamais été expliquées. Cette fin mystérieuse avait donc de quoi stimuler l’imagination du réalisateur James McTeigue qui, avec L’ombre du mal,  a concocté un thriller à la mécanique bien huilée. Le film met en scène un serial killer qui s’inspire des histoires de Poe pour commettre ses crimes. L’écrivain tourmenté, dont la petite amie est aussi menacée, est alors amené à participer à l’enquête afin de démasquer le criminel.

Si le réalisateur de V pour vendetta ne signe pas ici un chef d’œuvre, L’ombre du mal constitue tout de même un solide divertissement qui fait mouche lorsque l’on se laisse prendre au rythme haletant de l’enquête. Il plonge le spectateur dans une ambiance sombre et inquiétante créée par les décors de ce milieu de XIXème siècle. Poe est aussi joliment interprété par l’acteur John Cusack. Ce film n’est pas pour autant à mettre en toutes les mains. Sans verser dans l’horreur, il contient quelques scènes de crimes qui pourraient heurter les personnes sensibles.

Les Langoliers de Stephen King

Minuit 2Chers voyageurs, attachez vos ceintures. Cette semaine, nous décollons avec un grand maître du fantastique également connu pour son goût de l’horreur: Stephen King.

Imaginez-vous en avion. En plein vol, vous vous réveillez après une courte sieste et constatez avec effroi que les autres voyageurs ont, pour la plupart, disparu. Vous n’êtes plus que dix passagers. Vous êtes toujours en vol mais sans équipage, dirigés par un pilote automatique. A l’extérieur, le paysage aussi est des plus intrigants. Comment expliquer un tel phénomène? Que faire pour s’en sortir? A coup sûr, et malgré la présence d’un pilote de ligne parmi les passagers, une telle situation ne manquerait pas de plonger les plus flegmatiques en pleine angoisse…

Avec la longue nouvelle Les Langoliers, extraite du recueil Minuit 2, l’auteur américain se plait à explorer les mystères temporels avec des personnages marqués par leur passé. Paru en 1990, cette nouvelle a également fait l’objet d’une adaptation télévisuelle en 1995.

La métamorphose en musique

Chers voyageurs, sachez que La métamorphose de Kafka, ce récit dérangeant, saisissant et tellement marquant, adapté en bande dessinée, a également été adapté en opéra par Michael Levinas en 2011.

La métamorphose prend vie sur scène. En voici un aperçu :

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Et retrouvez l’intégrale de cet opéra depuis la plateforme e-medi@ en cliquant sur l’image

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Bonne découverte!

Molloy

Le Château de Michael Haneke, d’après Franz Kafka

Le chateauCette semaine, nous vous proposons d’entrer progressivement dans l’œuvre du grand écrivain autrichien Franz Kafka grâce à l’adaptation de son roman Le Château par le réalisateur Michael Haneke qui fut deux fois palme d’or à Cannes pour Le Ruban Blanc et Amour.

Ce téléfilm disponible en DVD retrace l’histoire de K., un géomètre qui arrive dans un village mystérieux pour travailler au château qui le surplombe. Après quelques questionnements au sujet du travail qu’on lui demande de faire, il reste cependant désœuvré, dans l’attente d’instructions précises. Pire, il n’arrive à accéder ni au château ni à aucun de ceux qui y travaillent et administrent le village. Bien vite, il se retrouve perdu dans un monde qu’il ne comprend pas et qui semble régie par l’absurde jusque dans les histoires d’amour qui s’y déroulent…

Fidèle dans son adaptation au roman inachevé paru en 1926 (peu après la mort de son auteur), Michael Haneke nous plonge dans l’ambiance sombre et froide d’un village que l’on ne peut situer ni dans l’espace ni dans le temps. Son étrangeté et l’incapacité à comprendre son fonctionnement contribue à créer un sentiment d’angoisse propre au fantastique bien qu’aucun élément surnaturel ne soit présent. On se sent ainsi proche du personnage principal interprété par Ulrich Mühe (qu’on retrouve également dans La Vie des Autres).

Comme dans l’œuvre d’origine, l’histoire peut revêtir plusieurs sens, notamment politique avec une critique d’un pouvoir bureaucratisé à l’extrême mais aussi philosophique, avec l’idée que la vie serait conditionnée par des forces inaccessibles.

Les Emmurés de Serge Brussolo

Les emmurésNous avons peu parlé de littérature fantastique française jusqu’à présent. Elle est pourtant loin d’être inexistante. La preuve cette semaine avec Les Emmurés, roman de Serge Brussolo édité pour la première fois en 1990.

On y découvre l’histoire d’une jeune femme nommée Jeanne. Punie par son patron, la journaliste est sommée d’écrire un article racoleur à partir d’une expérience insolite. Elle doit passer plusieurs semaines dans un immeuble dans lequel des disparitions mystérieuses ont eu lieu. Des cadavres ont été retrouvés dans les murs et certains habitants avancent que d’autres phénomènes restent inexpliqués. Les craintes irrationnelles fleurissent. Jeanne, elle, est plutôt préoccupée par ses déboires professionnels et amoureux. Sceptique, la jeune femme est persuadée qu’elle ne peut céder aux superstitions des autres. Pourtant, elle aussi perçoit des bruits curieux et commence à être intriguée par ce lieu qu’elle jugeait sans intérêt … Ses certitudes sont-elles aussi fondées qu’elle le pense ? Son incrédulité pourrait-elle la mettre en danger ? Trouvera-t-elle une explication crédible aux événements qui se déroulent dans l’immeuble ?

Maniant le suspense, l’auteur fait peu à peu glisser ses personnages vers un monde d’horreur. L’influence des polars est aussi présente dans sa manière de poser ce récit qui pourrait vous faire croire qu’il se trame bien des choses dans les murs qui vous entourent…

Twin Peaks de David Lynch

TwinPeaks_DefinitiveGoldBoxEn mai dernier, Neil Gaiman se réjouissait sur Twitter du retour d’une série télé fondatrice : Twin Peaks. Il faut dire que son réalisateur, David Lynch, est un autre grand explorateur contemporain de nos rêves et de nos peurs.

La série, diffusée en deux saisons en 1990 et 1991, emprunte à la fois les codes du polar et ceux du fantastique. Elle se déroule dans une ville imaginaire et isolée où la vie semble s’écouler paisiblement. Pourtant, Laura Palmer, une jeune fille de 17 ans appréciée de tous, est retrouvée assassinée un matin. Un enquêteur de FBI est envoyé sur place. Séduit par l’atmosphère bon enfant qui règne dans la ville, il constatera rapidement que de curieux phénomènes surnaturels s’y produisent. L’envers du décor est-il plus glauque que les apparences ne le laissent présager ? Le monde tangible serait-il déterminé par des phénomènes invisibles ?

En réalisant cette série, David Lynch marque un tournant et préfigure les séries d’auteurs qui se développeront quelques années plus tard. C’est en effet l’une des premières fois qu’un cinéaste reconnu travaille pour la télévision. On y retrouve son sens du détail et des mises en scènes mystérieuses et originales au service d’un propos philosophique voire ésotérique. L’humour y est aussi très présent.

Au moment de sa diffusion, Twin Peaks était devenu un véritable phénomène. Dans le dernier épisode, un dialogue entre deux de ses héros les voit se fixer rendez-vous dans 25 ans… En réponse aux attentes des fans, David Lynch a annoncé il y a quelques mois le tournage d’une troisième saison qui devrait être diffusée en 2017. Un premier teaser a déjà été dévoilé ici.

Enfin, l’ambiance mystérieuse et captivante de la série doit aussi beaucoup à sa musique, composée par Angelo Badalamenti. Vous pourrez l’écouter sur notre plateforme e-media en cliquant sur l’image :

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Coraline de Neil Gaiman

CoralineC’est une œuvre d’un auteur britannique contemporain qui nous intéresse cette semaine. Ecrit par Neil Gaiman et publié en 2002, Coraline est un roman court qui ravira les lecteurs de tous âges.

Le livre retrace l’histoire de la petite fille qui lui donne son nom. Alors qu’elle vient d’emménager dans une nouvelle maison, Coraline cherche à tromper l’ennui en explorant les lieux. Bien vite, une mystérieuse porte apparemment condamnée attire son attention. Elle ouvre en fait sur un monde intriguant qui s’annonce accueillant au premier abord. Mais les apparences camouflent en fait une réalité bien moins reluisante… Et d’ailleurs, s’agit-il vraiment de la réalité ?

D’une écriture simple, Neil Gaiman, grand maitre du fantastique depuis la fin des années 80, explore ici les rêves et les peurs enfantines. Ce conte sombre et captivant a reçu de multiples récompenses parmi lesquels le prix Hugo du meilleur roman court et le prix Bram Stoker de la meilleure œuvre pour les jeunes lecteurs. Il a également fait l’objet d’une adaptation dans un film d’animation réalisé par Henry Selick en 2009. Vous en trouverez la bande annonce ci-dessous.

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Les Cités Obscures de Schuiten et Peeters

Nous dLa fièvre d'urbicandeélaissons cette semaine les créatures terrifiantes pour des histoires ou l’angoisse naît plutôt du sentiment d’ « inquiétante étrangeté » que crée l’inclusion d’éléments irrationnels dans un univers qui pourrait nous être familier. Ainsi, depuis le début des années 80, le dessinateur François Schuiten et le scénariste Benoît Peeters créent une série largement reconnue dans le milieu de la Bande Dessinée : Les Cités Obscures. Ils y mettent en scène un monde parallèle au notre qui nous trouble par les curieux phénomènes qui s’y produisent.

Les différents récits qui composent la série peuvent se lire séparément. Ils ont la particularité de ne pas mettre au premier plan un héros mais plutôt une ville imaginaire, chaque fois différente. Ces histoires mêlent recherches formelles (insertion de photographies, utilisation novatrice du rapport entre couleur et noir et blanc, etc.), influence de l’architecture, poésie et questionnement presque philosophique.

Dans le second volet de la série, La fièvre d’Urbicande, on suit le parcours d’Eugen Robick, « Urbatecte » de la cité qui en a conçu tous les plans dans une recherche maladive d’ordre et de symétrie. Il voit cependant ses projets contrariés par l’apparition d’un mystérieux cube qui s’étend progressivement jusqu’à couvrir toute la surface de la ville, remettant en cause son ordre social et les croyances de ses habitants.

Cette fable dont les dessins  réalistes et grandioses ne manquent pas d’onirisme a reçu le prix du meilleur album au festival d’Angoulême de 1985.

On peut prolonger ce surprenant voyage par l’écoute des musiques que la série a inspiré au compositeur Bruno Letort. Vous les trouverez sur notre plate-forme e-media en cliquant sur l’image :

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