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Jack et la Mécanique du cœur

Il était une fois… un jeune garçon nommé Jack, affublé d’une horloge à la place du cœur. Une mécanique fragile, qu’il doit remonter tous les matins, et dont le moindre sentiment un tant soit peu intense peut dérégler les rouages. Mais voilà que Jack tombe amoureux…

Source : Electre

Il était une fois…

18 avril 1874, Édimbourg. Le jour le plus froid du monde. Si froid que lorsque le petit Jack naît, son cœur, complètement gelé, se brise… Une mystérieuse sage-femme-horlogère-sorcière, le Docteur Madeleine, le recueille et le sauve en remplaçant son cœur glacé par une horloge. Dès lors, il doit suivre trois règles fondamentales :

« Premièrement, ne touche pas à tes aiguilles. Deuxièmement, maîtrise ta colère. Troisièmement, ne te laisse jamais, au grand jamais, tomber amoureux. Car alors pour toujours à l’horloge de ton cœur la grande aiguille des heures transpercera ta peau, tes os imploseront, et la mécanique du cœur sera brisée de nouveau. »

 MALZIEU Mathias, La Mécanique du cœur, Paris : J’ai lu, 2009, p. 32.

Choyé par sa mère adoptive, Jack n’octroie le droit de sortir de chez lui qu’à l’âge de 10 ans. Et c’est en ce jour d’anniversaire qu’il croise la route de Miss Acacia, petite chanteuse andalouse perchée sur talons aiguilles, et qui n’y voit rien à plus de 30 centimètres à la ronde. À partir de cet instant, son destin est scellé : il fera tout pour la revoir et la séduire, quitte à affronter le sombre Joe, son rival, et à parcourir monts et contrées jusqu’en Espagne, dans un parc d’attraction désertique. Heureusement, il peut compter sur un ami de taille : le fantasque George Méliès, qui le poussera à décrocher la lune.

Une œuvre triptyque

Cette histoire, sortie de l’imaginaire de l’auteur-chanteur-compositeur Mathias Malzieu, a donné lieu non pas à une, mais à trois créations : un roman, puis un album en 2007, et enfin un film d’animation en 2014. Une œuvre  triptyque, dont chacune des trois facettes nourrit l’histoire… Mathias Malzieu est coutumier du fait, puisque l’album Monsters in Love de son groupe de rock français Dionysos était déjà inspiré de son roman autobiographique Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, tous deux sortis en 2005 (et encore aujourd’hui avec le roman et l’album Vampire en pyjama). Mots mis en musique, mis en images, et réciproquement.

Le roman est un petit bijou, écrit tel un poème, ou plutôt une chanson, aux refrains rythmés et vibrants, et aux couplets plus mélancoliques. Il nous plonge dans une atmosphère « burtonienne », onirique et gothique, où le fantastique nourrit le réel. Les métaphores sont d’une rare finesse, elles nous font rêver autant que réfléchir. Un cœur-horloge (qu’est-ce que le temps a à voir avec les sentiments ?), une fille-acacia (« jeune-fille-en-fleurs… et en épines !), une colonne vertébrale xylophone…

Un conte initiatique, où le héros se bat avec ses émotions… Mais finalement, celles-ci ne sont peut-être pas des ennemies…

Source : AlloCiné

Le film d’animation, ponctué des chansons de l’album éponyme du groupe Dionysos, reprend assez fidèlement le récit originel, hormis quelques adaptations chronologiques et surtout, une fin différente, en suspens, laissant libre cours à notre imagination. Le décor et les personnages ont été remarquablement modélisés par la graphiste-illustratrice Nicoletta Ceccoli, qui a su retranscrire l’atmosphère du roman, entre lyrisme et romantisme noir.

Les personnages, longs et effilés, aux grands yeux expressifs, se situent entre Tim Burton et Rebecca Dautremer, tout en étant les doubles fictifs des membres de l’équipe du film :

  • Mathias Malzieu est Jack, reconnaissable à sa coupe de cheveux atypique (hérissé à l’arrière et aux longues pattes sur les joues) et à ses costumes queue-de-pie noirs.
  • Olivia Ruiz est Miss Acacia, petit oiseau andalou
  • Jean Rochefort est Georges Méliès, bondissant et à moustache
  • Grand Corps Malade est le sombre et inquiétant Joe

Le film regorge d’ailleurs de petits clins d’œil : extraits de chansons des précédents albums de Dionysos ou d’Olivia Ruiz, un groupe de squelettes musiciens s’appelle « Dionys-os » dans le train fantôme…

Davantage qu’une œuvre strictement définie par un début et une fin, Mathias Malzieu crée et vit dans un univers qui lui est propre, fait de magie, de rêve et de musique.

   

MALZIEU Mathias. La Mécanique du cœur. Paris : J’ai lu, 2009, p. 32.  (1re édition Flammarion 2007). 160 pages.

La Mécanique du cœur, 6e album du groupe de rock français Dyonisos, sorti le 5 novembre 2007.

Jack et la mécanique du cœur, film d’animation musical réalisé par Stéphane Berla et Mathias Malzieu. Sorti en salles le 5 février 2014. 1h34.

Source des images tirées du film : AlloCiné

Mathilde Chicaud
Mathilde L’Arbre-en-ciel

Tout en haut du monde de Rémi Chayé

Mettez votre anorak et vos moufles car nous partons loin, dans le grand froid, au pays des extrêmes. Avec Tout en haut du monde, Rémi Chayé le réalisateur, nous propose un vrai film d’aventure qui nous emmène sur les glaces mouvantes et les mers gelées du pôle Nord.

Nous sommes dans la Russie de la fin du XIXème siècle. Sacha, jeune aristocrate, n’arrive pas à se remettre de la perte de son grand-père, le grand explorateur Oloukine. Ce dernier a disparu alors qu’il devait rejoindre le pôle Nord avec son navire, l’insubmersible Davaï. Persuadée que les recherches n’ont pas été effectuées au bon endroit, Sacha se lance sur ses traces tant pour le retrouver que pour redorer l’honneur de sa famille. En effet, pour tous, Oloukine a échoué dans sa mission où le tsar avait pourtant investit une importante somme d’argent.

Sacha se fait alors engager comme mousse à bord du brise-glace le Norge et convainc le capitaine de mettre le cap au Nord. Malheureusement, le navire fait naufrage en percutant un iceberg. L’équipage n’a alors plus d’autre choix que de s’enfoncer dans la banquise et retrouver le Davaï pour effectuer le chemin du retour.

Plus qu’un récit d’aventure, le film nous brosse le portrait d’une époque et de la condition féminine. Le voyage se fait également initiatique pour l’impétueuse Sacha qui s’émancipera peu à peu du carcan aristocratique pour devenir une femme libre.

Rémi Chayé et son équipe nous offre des images sublimes de paysages polaires et de navigation en utilisant un style graphique volontairement épuré.

Pour voir la bande annonce, c’est par ici 

A noter que Tout en haut du monde a reçu le prix du public au festival du film d’animation d’Annecy en 2015.

(sources: Pixabay / Allociné)

Le monstre de Nix

Chers Voyageurs,

C’est l’été et pour certain c’est les vacances, le temps de la détente, de la découverte. Aujourd’hui nous vous proposons de vous laisser charmer par ce petit film d’animation :

Le monstre de Nix de Rosto.

Résumé : Willy est un jeune garçon qui habite avec sa grand-mère dans le village féerique de Nix. Un matin, il découvre que celle-ci a disparue et qu’un monstre terrifiant sévit à Nix en dévorant tout sur son passage. Willy décide de partir dans la forêt à la recherche de ce soi-disant monstre pour le combattre. Mais le voyage qui l’attend est des plus inattendus…

Savoureux mélange d’un monde digne de Tim Burton avec des chansons qui nous replongent avec plaisir dans l’ambiance de « Charlie et la Chocolaterie »  et de l’univers de Terry Pratchett, ce film d’animation nous entraîne dans un univers fantastique à la fois gothique et poétique. Un étrange voyage plein d’émotion …

Alors, chers voyageurs, allez-vous, à l’image de Willy, partir en terre inconnue et affronter le monstre ?

Nous espérons que oui…

Le monstre de Nix 2

Pour avoir accès au film depuis la plateforme e-médi@, cliquez sur l’image. 

Animation Annecy

Le court-métrage d’animation au Festival d’Annecy

Du lundi 15 au samedi 20 juin 2015, la ville d’Annecy accueille le festival international du film d’animation, la référence mondiale du cinéma d’animation avec le Mifa (Marché international du film d’animation). Pour cette 39 édition, le festival propose une sélection de plus de 200 films, longs ou courts, en compétition ou pas. Tour d’horizon…

Un festival dédié à l’animation

Depuis les années 1960, le Festival d’Annecy propose une sélection officielle court métrage animationavec un panel de films d’animation utilisant des techniques diverses : dessins animés, papiers découpés, pâte à modeler, stop motion, 3D…  Classées en 5 catégories différentes (courts-métrages, longs métrages, films de télévision, films de fin d’étude et films de commande), les multiples productions sont notées et évaluées : différents prix sont alors attribués. Parmi les films en compétition, les jurys ont la délicate mission de décerner 18 prix officiels dont le Cristal du court-métrage et le Cristal du long métrage. Pour l’édition 2015, retrouvez l’ensemble de la sélection officielle des courts-métrages sur le site internet du Festival d’Annecy. En parallèle à la compétition, se tiennent des avant-premières mondiales, des rétrospectives, des hommages, des rencontres autour des films et des auteurs, des dédicaces, des expositions, des projections en plein air

Retour en vidéo sur les palmarès précédents

Voici quelques courts-métrages primés lors des éditions passées.

Paths of hatePaths of hate, de Damian NENOW : prix « mention spéciale « (2011)

Réalisateur polonais, Damian Nenow propose un court-métrage d’une forte intensité où la 3D et le dessin animé traditionnel se mêlent pour nous offrir une histoire courte et effrayante sur les démons qui sommeillent dans l’âme humaine. Ce film d’animation d’environ 10 min aura mis 3 ans à voir le jour. Avec une forte empreinte du style de la bande-dessinée « comics », Paths of Hate illustre, à travers un duel aérien, la noirceur de la nature humaine. Accompagné par la musique de Jarosław Wójcik, ce court est une grande réussite !

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En 2011, ont aussi été primés « Pixels » de Patrick Jean qui a reçu le Cristal du Court-métrage, et « Luminaris » de Juan Pablo ZARAMELLA pour le « Prix du Public ». Des billets leur ont déjà été consacrés : n’hésitez pas à les consulter !

Edmond était un âneEdmond était un âne, de Franck Dion : Prix Spécial du Jury (2012)

L’histoire : Edmond est un petit employé qui travaille au service des archives d’une grande société. Personnage sans histoire, il mène une vie presque normale jusqu’au jour où ses collègues lui jouent un tour. Edmond découvre alors sa véritable nature. Tout en finesse et poésie, l’ambiance onirique de ce film court caractérise parfaitement l’univers artistique de son créateur : Franck Dion utilise à merveille les couleurs pastels et ce court-métrage en est un exemple parfait. A la fois tendre, poignant et dérangeant, Edmond était un âne aborde la question de la différence face au conformisme social.

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Pour en apprendre davantage sur le travail de ce réalisateur français, parcourez son site internet !

Lettres de femmes, de Augusto ZANOVELLO : Prix du Public (2013)

Lettres de femmesLettres de femmesc’est l’histoire poignante de Simon, infirmier sur le front de la Grande Guerre, qui parvient à affronter les atrocités des combats grâce aux mots que lui envoie sa marraine de guerre. Brésilien, Augusto Zanovello réalise ce court-métrage avec une technique bien particulière : celle du stop motion. Avec du carton et du papier, les personnages sont semblables à des marionnettes en volume et prennent alors tout leur sens : ils sont en carton, mais on a pourtant l’impression qu’ils existent… Le court-métrage rend également hommage aux mots, des mots qui soignent des maux ! Puisque ce sont les lettres de femmes qui soignent les blessures des soldats.

Un film d’animation qui méritent amplement sont succès : en plus de son prix au Festival d’Annecy, Lettres de femmes a été récompensé de nombreuses fois ( Coup de Cœur Unifrance à Cannes 2013, finaliste au Cartoon d’Or 2013, prix au Festival du Film Français au Japon 2013…).


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