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L’équation de plein été – Keigo Higashino

Nous voici arrivé à mi-chemin de notre voyage « Polar à la sauce Soja ». Pour cette cinquième étape, nous vous invitons à découvrir un polar ceinture noire : « L’équation de plein été ». Lisez et profitez, l’auteur, Keigo Higashino, va vous mettre ippon par l’impeccable intrigue de cette histoire.

Le physicien Yukawa séjourne dans la station balnéaire de Hari-Plage, aux charmes désuets et délaissée par les touristes. Le professeur Yukawa est là car il a été convié comme expert par la société DESMEC concernant l’exploitation des ressources sous-marines à Hari-Plage. Yukawa s’installe à l’auberge Rokuganso où séjourne déjà Kyohei, le neveu des propriétaires ; et Masatsugu Tsukahara, ancien policier de Tokyo. Le soir même de son arrivée, Tsukahara disparaît et son corps est retrouvé le lendemain sur les rochers en bord de mer. S’agit-il d’un accident, d’un suicide, d’un meutre… Kusanagi, l’ami policier de Yukawa, et sa collègue Utsumi, sont chargés de mener discrètement l’enquête, parallèlement à la police locale.

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« Le corps se trouvait en bord de mer, à environ deux cents mètres au sud du port de Hari-Plage. Un policier en uniforme était debout devant la digue. La fourgonnette des techniciens de la police scientifique était garée à proximité. Il n’y avait pas de badauds, sans doute à cause de l’heure matinale. »

 

 

C’est un excellent polar qui se lit d’une traite. On y retrouve notre duo de détectives Yukawa – Kusanagi, personnages récurrents d’Higashino.Il y a du rythme, des histoires cachées, des liens complexes entre les personnages. Le tout est savamment mélangé et saupoudré d’une bonne dose de suspense pour nous accrocher de part en part de l’intrigue.

Hypothèse, déduction, logique et le tout est résolu. Maintenant à vous de lire cette passionnante enquête, sur fond de question environnementale, et d’apprécier ce duo de détectives nippons !

Cheveux emmêlés de Yosano Akiko

Pour ce cinquième recueil, nous avons choisi d’évoquer l’oeuvre de la poétesse japonaise Yosano Akiko et plus particulièrement son livre paru en 1901, « Cheveux emmêlés » qui est un véritable hymne à l’amour, à l’art et à la jeunesse.

Cheveux emmêlésDans cet ouvrage « Cheveux emmêlés », la jeune poète renouvelle l’art poétique du tanka. Il s’agit d’un poème japonais sans rimes de 31 syllabes sur cinq lignes, c’est une forme de la poésie traditionnelle waka, considéré comme l’ancêtre du haiku dont on a parlé dans les billets précédents. Le tanka est toujours considéré au Japon comme la forme la plus élevée de l’expression littéraire.  Les 399 poèmes de ce recueil évoquent l’attachement amoureux que l’auteur a envers son mari, symbole du romantisme japonais. L’ouvrage édité aux belles lettres est pour la première fois traduite dans son intégralité en langue occidentale. Six grands chapitres sont répertoriés : Pourpre, Fleurs de lotus sur l’eau, Le Lis blanc, Femme de vingt ans, Les Danseuses, et Pensées du printemps.

Yosano AkikoYosano Akiko (1878-1972), souvent considérée comme la plus grande femme poète du Japon moderne, débute sa longue carrière avec cet ouvrage, son plus célèbre recueil. Par l’audace de son écriture et son engagement, elle occupe également une place de tout premier ordre dans l’histoire des femmes japonaises. Akiko n’eut pourtant pas une enfance heureuse, elle n’a pas pu étudier comme elle le souhaitait, contrainte de travailler dans le magasin de son père, mais elle passait beaucoup de temps le soir et même la nuit à lire.

Pourpre

Rideau de la nuit
Où s’épuisent les murmures
Dans les étoiles
Tandis qu’ici-bas les hommes
Ont les cheveux en broussaille

Entends le poème !
Qui oserait nier le rouge
Des fleurs dans les champs ?
Savoureuse jeune fille
Coupable dans le printemps

Quand à l’eau je livre
Mes cheveux longs de cinq pieds
Combien sont-ils doux !
Mais mon coeur de jeune fille
Secret je veux le garder

Le vase de sable – Seicho Matsumoto

Nous vous proposons de continuer notre voyage ferroviaire à travers le Japon, grâce à l’oeuvre de Seicho Matsumoto. Après « Tokyo Express », voici le roman « La vase de sable », où l’enquête est mise sous la responsabilité du talentueux et marginal inspecteur : Imanishi.

Le 12 mai, 3h00 du matin, gare de Kamata. Un mécanicien fait ses vérifications avant le départ du train de la ligne Keihin – Tohoku, quand il découvre un cadavre. La victime, un homme âgé de 55 ans, a été étranglé et frappé, après avoir ingurgité de l’alcool et des somnifères. 1er indice : la victime ; originaire de la région de Tohoku, et plus précisément de la petite ville de Kameda ; aurait été vu la veille au soir en compagnie d’une personne dans un bar aux alentours de la gare. L’enquête est placée sous la responsabilité de l’inspecteur Imanishi. Il débute celle-ci à Iwaki, dont dépend Kameda, avec le commissaire Yoshimura, pour qui le meurtrier ne peut pas être originaire de cette paisible ville. Pour eux, commence alors, un long voyage dans cette région du Japon, pour faire toute la lumière sur ce meurtre.

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Le jeune mécanicien, éclairant avec sa lampe électrique les roues du septième wagon de queue, eut un haut le corps. Il resta immobile, le souffle coupé, puis se mit à courir brusquement en agitant les bras, et déboula dans la cabine du conducteur qui venait juste de procéder à l’alimentation en électricité. 

– Eh, je viens de découvrir un cadavre !

 

 

Après « Tokyo Express », c’est avec plaisir que l’on retrouve l’inspecteur Imanishi. Avec sa rigueur quasi-scientifique, il dresse le profile de la victime pour tenter de découvrir le mobile du meurtre, et mène son enquête de train en train. Sans être révolutionnaire, « Le vase de sable » est un bon roman policier dont l’intrigue est de bout en bout bien ficelée. Ce roman, sous prétexte du polar, nous permet aussi de retrouver une critique sociale du Japon, dressée par son auteur, Seicho Matsumoto.

Bonne lecture !

Et pour prolonger votre voyage nippon, visitez la médiathèque numérique e-medi@. Vous pouvez y accéder en cliquant sur le lien suivant :

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Seicho Matsumoto – Le Georges Simenon japonais


Seicho Matsumoto (1909-1992) est  un auteur de romans policiers japonais. C’est un auteur prolifique. Il écrit en quatre décennies plus de 450 romans.

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Même si Seicho Matsumoto a publié de nombreux romans, notamment des romans historiques,  il est surtout connu pour ses polars. Ces derniers ont, en effet, permis de crée une nouvelle dynamique dans l’écriture du roman policier japonais. En agrémentant son récit de davantage de psychologie, et d’éléments de vie quotidienne il apporte un renouveau au genre, et se retrouve ainsi comparé à Georges Simenon. Il est aussi connu pour ses descriptions très minutieuses et détaillées des crimes.

Il reste, malheureusement, à ce jour, très peu traduit en France.

Samouraïs : de la réalité au mythe

Précédemment sur le blog des Voyageurs du soir, vous avez pu découvrir (et lire !) le roman « Fantômes et samouraïs » de Kido Okamoto. Profitons de ce nouveau billet pour vous présenter cette figure emblématique du Japon souvent source d’inspiration littéraire et cinématographique : le samouraï !

Qu’est ce qu’un samouraï ?

Le samouraï est un membre de la classe guerrière qui a dirigé le Japon féodal durant 700 ans. Le terme de samouraï, mentionné pour la première fois dans un texte du Xème siècle, vient du verbe saburau qui signifie « servir ». Il désigne la classe de guerriers professionnels du japon, constituée d’archers montés sur des étalons ; et trouve son origine dans la volonté impériale de conquérir des terres des Aïnous (population aborigène du nord du Japon) à la fin de période Nara (710 – 794). Le samouraï utilisait 40 armes, dont le katana, grand sabre, qu’il était le seul à pouvoir porter.

Le samouraï : source d’inspiration cinématographique et littéraire

Bien que réel mais figure appartenant au passé, le samouraï a été une source d’inspiration pour le cinéma et fut une représentation mythique de grandes épopées historiques. On se rappelle tous « Les sept samouraïs » réalisé par Akira Kurosawa en 1954 ou encore, plus récemment, « Le dernier samouraï » réalisé en 2003 par Edward Zwick avec Tom Cruise.

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En littérature, des auteurs, japonais ou non, ont écrit de nombreux romans historiques autour du samouraï.

Parmi les auteurs japonais, voici quelques titres sur ou avec des samouraïs :

« La parfaite lumière », « La chronique des Heiké », « La pierre et le sabre » d’Eiji Yoshikawa

yoshikawa « La geste des Sanada », « Le sabre des Takeda », « Le maître de thé » d’Inoué Yasushi inoue « Le dernier shogun » de Shiba Ryotaro ; « La vie secrète du seigneur Musashi » de Junichiro Tanizaki ; mo « La voie secrète du samouraï », « Hagakure : écrits sur la voie du samouraï » de Yamamoto Tsunetomo samou

Parmi les auteurs non japonais, voici quelques titre sur ou avec des samouraïs :

« Menace sur le shogun » de Dale Furutari ; « Le clan des otori » de Liam Hearn ; « Shogun » de James Clavell jap « Les samouraïs : le code du guerrier » de Tommy Ito et Thomas Louis ; « Contes des sages samouraïs » de Pascal Fauliot samou

 

Voici une bibliographie sélective reprenant ces ouvrages, enrichie d’une sélection de mangas : bibliographie samourai (Cliquez sur ce lien ci-devant pour accéder à la bibliographie).

Visitez la médiathèque numérique e-medi@ où vous trouverez des films, des articles de presse, des livres qui font la part belle à ces combattants japonais. Vous pouvez y accéder en cliquant sur le lien suivant :

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Bonne découverte et à très vite !

 

Haïkus du temps présent, de Madoka Mayuzumi

Poursuivons notre voyage à la découverte des poèmes japonais avec le recueil de Madoka Mayuzumi, Haïkus du temps présent. Ces poèmes décrivent le Japon d’aujourd’hui à travers la sensibilité de l’auteur et instaurent un véritable rapport poétique grâce aux saisons. Un ouvrage très riche, tout en subtilité, offrant de nombreux éclairages sur le Japon, ses habitants et sa culture.

Haikus du temps présent

Ce recueil regroupe 84 haïkus célébrant les saisons, du printemps à l’automne. Chaque haïku est accompagné de commentaires de l’auteur révélant ce qui l’a fait naître, ainsi que les poèmes et les poètes avec qui il entre en résonance. Même si les commentaires sont présents et répondent à la tradition de partage d’un moment poétique, le lecteur peut bien sûr élargir le champ des interprétations possibles et réinventer chaque poème.

Madoka Mayuzumi

Madoka Mayuzumi, née en 1962, devient célèbre en 1994 lorsqu’elle obtient le prix Kadokawa. Elle a été nommée « ambassadrice de la culture japonaise » en France en 2010 et a enseigné le haïku à la Maison de la Culture du Japon à Paris. Dans la tradition des poètes voyageurs, elle a parcouru à pied les sentiers du Japon sur les traces de Bashô, mais aussi la Corée, la France, l’Espagne (pèlerinage de Compostelle).

Dans ce recueil, elle suit la tradition japonaise puisqu’elle respecte les contraintes formelles fixées par Bashô au XVIIe siècle. Selon elle, « le haïku, forme poétique la plus brève au monde, rend compte du lien ancestral des Japonais avec les différentes saisons et tout ce qui leur est associé : plantes, animaux, activités humaines. »

Voici deux haïkus célébrant le printemps puis l’hiver :

Printemps

Devant les cerisiers en fleur

on ne peut douter

des lendemains

Hiver

Sous le ciel bleu glacé

impossible de fuir

ou de se cacher

Le père fondateur du roman policier japonais

Traditionnellement, le roman policier japonais s’inspirait de récits venus de Chine. La première moitié du XXème siècle, voit apparaître le père fondateur du genre policier au Japon : Ranpo Edogawa.

De son vrai nom Hirai Taro, il est né en 1894 à Nabari dans la région du Kansai, île principale du Japon. Avant de devenir écrivain, il fait quelques boulots tels que bouquiniste. Mais cette vie terre à terre ne lui convient pas, et il décide de devenir écrivain professionnel.

Son oeuvre, son inspiration.

Auteur d’une trentaine d’ouvrages, la plupart des récits de Ranpo Edogawa sont très courts et plus proches de la nouvelle que du roman. Dans bon nombre d’entre eux, on retrouve le détective Akechi Kogoro, qui est une sorte de dandy, de Sherlock Holmes japonais. Akechi enquête en se basant plus sur l’analyse psychologique que sur les preuves matérielles et démasque les criminels avec brio.

Pendant toute sa vie, Ranpo Edogawa fut fasciné par la littérature policière et fantastique occidentale et s’en inspira largement. Son nom de plume est par ailleurs un hommage phonétique à son auteur favori Edgar Allan Poe. Après la Seconde Guerre Mondiale, en plus de ses propres écrits, il s’investit dans plusieurs projets pour promouvoir la littérature fantastique et policière japonaise.

Voici quelques titre de Ranpo Edogawa, édités en France aux éditions Picquier : « La proie et l’ombre » ; « La chambre rouge » ; « L’île Panorama » ; « La chenille » ; « La bête aveugle ». Bien qu’incontournable dans son pays, Ranpo Edogawa reste relativement peu publié en France en dehors de quelques romans et anthologies.

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Des romans mais pas que…

Ranpo Edogawa a crée un prix littéraire en 1955. Il s’agit du Prix Ranpo Edogawa. Il est décerné tous les ans par le jury de Mystery Writers of Japan (association d’auteurs de romans policiers). C’est un prix du roman policier à l’adresse de quiconque désire faire publier un roman, que la personne ait ou non déjà été publiée.

Certains récits de Ranpo Edogawa, souvent emprunts de grotesque, ont été adaptés en mangas. C’est le cas de « L’ile Panorama » ; « La chenille », repris par le mangaka Suehiro Maruo. Pour lui le père fondateur du roman policier japonais tient une grande de place dans son oeuvre du genre ero guro. Son manga « L’ile Panorama » a remporté le prix culturel Osamu Tezuka dans la catégorie nouveauté en 2009 et le Grand prix de l’imaginaire en 2011 dans la catégorie manga. Célèbre mangaka et artiste reconnu au Japon, l’oeuvre de Suehiro Maruo, source de controverse, s’adresse à un public adulte averti.

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Ranpo Edogawa a également inspiré le cinéma. « Le lézard noir », « La bête aveugle » ont été adaptés à la fin des années 60. Le dernier film en date est « Inju : la bête dans l’ombre ». Inspiré par « La proie et l’ombre » de Ranpo Edogawa, ce film a été réalisé par Barbet Schroeder (réalisateur et producteur français d’origine suisse). On y retrouve l’acteur Benoit Magimel dans le rôle principal d’Alex Fayard, professeur de littérature, qui part pour le Japon afin de lever le voile sur son auteur de prédilection Shundei Oe. Ce film est un thriller psychologique déroutant, parfois violent,  pour un public adulte averti.

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Ranpo Edogawa meurt en 1965 d’une hémorragie cérébrale. Père du polar japonais, il en a fait un genre d’investigation populaire parfois susceptible de dépasser le simple divertissement. C’est en cela que cet auteur et son œuvre fut par la suite une source d’inspiration que ce soit pour le manga ou le cinéma d’après-guerre.

Nous vous invitons à découvrir cet auteur par la lecture de ses romans policiers !

Bon voyage en notre compagnie !

Les Geishas du Crime

 

Le Lézard noir – Edogawa Ranpo

 

RebondissemenLe-lezard-noir-de-EDOGAWA-Ranpot à chaque page, enlèvement, déguisement, voilà autant d’ingrédients qui méritent de découvrir Le Lézard noir, roman policier japonais édité en 1929 et écrit par Edogawa Ranpo.

L’histoire est celle de l’enlèvement d’une petite fille, Sanae, fille d’un richissime homme d’affaires, par Midorikawa, dit Le Lézard noir. Le but, obtenir du père de Sanae le bijoux le plus convoité au monde, l’étoile égyptienne, en échange de sa fille. Pour récupérer Sanae saine et sauve Iwase fait appel au plus grand détective japonais Akechi.

 

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Loin des polars publiés aujourd’hui, Le Lézard noir se concentre sur l’action, les
énigmes et le travestissement des personnages, est permet ainsi, d’avoir un roman court et dense où le lecteur ne s’ennuie pas une seconde.