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La Dernière fugitive, Tracy Chevalier

Après la peinture et la tapisserie, Tracy Chevalier nous fait découvrir un autre art, la couture, et plus spécifiquement l’art du quilt, à ne pas confondre avec le fameux kilt écossais. Le quilt est en fait le terme anglo-saxon pour désigner une courtepointe, ou couvre-lit, réalisé selon différentes techniques, de l’appliqué au patchwork. Autour de cet art manuel exigeant rigueur et concentration, Tracy Chevalier nous plonge dans l’Amérique du milieu du XIXe siècle, marquée par l’industrialisation et l’esclavage, à travers les yeux d’une jeune quaker, Honor Bright.

Source : Electre

Honor Bright est une couturière prodige anglaise appartenant à la Société Religieuse des Amis, un mouvement religieux fondé en Angleterre au XVIIe siècle par des dissidents de l’Église anglicane, et dont les membres sont communément appelés « quakers », littéralement « trembleurs » en anglais. Ce terme ferait référence aux Écritures, mais aussi à l’état de transe et d’extase qui pouvait saisir certains fidèles au cours des cultes.

Abandonnée par son fiancé britannique, Honor décide de suivre sa sœur Grace en Amérique, celle-ci devant épouser un jeune Anglais émigré dans l’Ohio. Malheureusement, elle se retrouve vite seule au sein de ce Nouveau Monde, si différent de sa terre natale, tant au niveau des mœurs que de l’environnement. Même l’art du quilt est différent, l’appliqué  – où les fragments sont cousus directement sur un même tissu – étant privilégié au patchwork, où les morceaux de tissus sont assemblés un à un pour former une seule et même pièce. Néanmoins, le quotidien de la jeune quaker, partagé entre couture, tâches domestiques et prière, est perturbé par la découverte du « chemin de fer clandestin », un réseau de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada. Tiraillée entre le désir d’aider les fugitifs, les recommandations de neutralité de sa nouvelle famille et son attirance envers Donovan, un chasseur d’esclaves sans scrupules mais amoureux d’elle, Honor Bright apprend petit-à-petit à se forger ses propres convictions et sa propre pensée.

Tracy Chevalier mêle de nouveau avec doigté et brio faits historiques et destins individuels, avec ce souci du détail et de l’authenticité qui la caractérise, tout comme un style narratif clair, fluide et très sensoriel. Les personnages sont tous dépeints avec beaucoup de délicatesse, même les plus sombres d’entre eux. Les femmes occupent en outre une place prépondérante, comme dans ses autres ouvrages. De fil en aiguille, Honor Bright s’émancipe, et finit par trouver sa place au sein de ce Nouveau Monde, telle une pièce d’un patchwork.

CHEVALIER Tracy. La Dernière fugitive. Paris : Quai Voltaire/Les Éditions de la Table Ronde, 2013. 384 pages.

Mathilde Chicaud
Mathilde L’Arbre-en-ciel

 

Country music of course ! Hi Ha !!!

Trouvant ses sources profondes dans les folklores irlandais et anglais, la musique Country est née dans la région des montagnes Appalaches au cours du 18ème siècle.

Créé par les immigrants anglais et irlandais, ce nouveau style musical très imprégné des folklores anglo-saxons s’est , au fil des années, considérablement enrichi et diversifié sous l’influence de nombreux autres styles musicaux populaires.

On peut définir la country music par l’addition de mélodies (que l’on retient aisément), de textes simples, une manière de chanter et surtout une voix.

Cette musique raconte des histoires de tous les jours, la musique de la terre et des hommes. Elles se ressemblent toutes un peu mais ne sont jamais les mêmes. C’est la musique du peuple pour le peuple, celle qui vient du cœur, c’est le mélange de cultures raciales et ethniques différentes. On pourrait affirmer qu’elle n’aurait jamais existé sans ce brassage anglo-irlandais, écossais, franco-acadiens, allemands, polonais, hispano-mexicains, peaux-rouges, Italiens, africains….

Cette musique accompagnait les fêtes de villages et familiales ce qui a donné naissance à la toute première danse country en couple, qui pouvait être exécuté en cercle.

C’est l’époque de la conquête de l’ouest, des cow-boys, des chevaux, des bottes en cuir, des chapeaux. Le décor de la danse country y trouve son origine.

Petit extrait pour vous mettre en appétit, c’est ICI.

Wild Bill

(sources images : Pixabay-RyanMcGuire / Pixabay-Skeeze / Pixabay-Skitterphoto)

Mille femmes blanches, Jim Fergus

« Si vous êtes une jeune femme en bonne santé, prête au mariage, et en âge de donner la vie, si vous aimez l’aventure, l’exotisme et les voyages, présentez-vous à l’adresse suivante mardi matin, douzième jour du mois de février de l’année 1875 de Notre Seigneur, à 9 heures précises. »

Jim Fergus, Mille femmes blanches, le cherche midi éditeur, 2000, p. 49.

Cette petite annonce, apparemment tirée du courrier rose d’un journal, inaugure en fait un programme atypique lancé par les autorités américaines à la fin des années 1870 : le FBI, ou « Femmes Blanches pour les Indiens » (BFI, « Brides For Indians » dans la version originale). En 1875, une vaste campagne de « recrutement » de mille femmes blanches a en effet lieu aux États-Unis. Mille femmes blanches tenues d’épouser un homme indien, dans le but officiel de sceller ainsi la paix entre les peuples, et dans celui officieux de civiliser les « Sauvages » en leur inculquant les valeurs des Blancs. Mais bien peu de véritables volontaires acceptent l’aventure, et le gouvernement américain est contraint de se tourner vers les prisons et asiles psychiatriques, où les femmes internées se voient proposer le mariage en échange de leur liberté…

Source : Electre

Une galerie de portraits de femmes

Ce premier roman de Jim Fergus prend la forme d’un journal intime, les carnets de la jeune May Dodd. Internée par sa propre famille à Chicago, celle-ci accepte en effet de partir vivre dans le Grand Ouest américain parmi le peuple cheyenne. Là, elle devient la troisième épouse du chef de la tribu, Little Wolf. Un personnage ayant réellement existé, et qui a effectivement rencontré le président Ulysses S. Grant au début des années 1870, bien qu’il n’existe aucune trace de leur échange.

À sa parole se mêlent les voix de ses compagnes d’aventure, l’occasion pour Jim Fergus de peindre une galerie de portraits de femmes singulières et attachantes. À travers leurs yeux, l’auteur nous fait découvrir les mœurs et les coutumes de la civilisation indiennes, au cœur des plaines de l’Ouest américain.

Un autre rapport à la nature

Au-delà des différences avec les « Blancs » (avec des principes  parfois étonnantes, comme l’obligation pour une femme respectable de s’asseoir les pieds tournés vers la droite dans un tipi), il nous révèle une autre façon de voir et d’appréhender l’Autre, qu’il soit animal, végétal ou inerte.

« Franchement, vu la façon dont j’ai été traitée par les gens dits « civilisés », il me tarde finalement d’aller vivre chez les sauvages. »

Jim Fergus, Mille femmes blanches, le cherche midi éditeur, 2000, p. 60.

Les Indiens entretiennent ainsi un tout autre rapport avec la nature : ils savent reconnaître et utiliser les plantes sauvages, tant en cuisine, en médecine ou en peinture, ils considèrent l’être humain non comme un être supérieur, mais comme un être parmi les autres êtres de la nature, où les frontières entre les espèces s’efface. Deux sœurs jumelles irlandaises sont assimilées à des renardes de par leur chevelure rousse et leur malice, et May Dodd à une hirondelle après un spectaculaire plongeon dans la rivière.

Les jeunes femmes se voient d’ailleurs affublées de nouveaux noms indiens, à la fois pragmatiques et poétiques, telles des paraphrases descriptives :

  • Mesoke, ou « l’Hirondelle », pour May Dodd,
  • « Celle qui tombe par terre », pour Martha, la douce mais maladroite amie de May,
  • « Celle qui peint les oiseaux », pour Helen Flight, une britannique naturaliste passionnée par les oiseaux, aux talents de peintre à faire pâlir Audubon
  • « Parle avec une voix forte » pour la solide et robuste Gretchen.

 

Renaissance de femmes, fin d’un peuple

Ces femmes, malgré ou grâce à leurs doutes, leurs appréhensions, leurs interrogations, s’adaptent peu-à-peu à leur nouvelle vie, et acquièrent courage, abnégation et respect. Une renaissance même, pour certaines, comme la jeune Sara, muette après une terrible épreuve, qui réapprend à parler auprès de sa famille indienne, ou de Phemie, ancienne esclave noire, qui devient une figure forte et admirée de tous.

Cet ouvrage, prix du Premier roman étranger en 2000 en France, met cependant en lumière une véritable tragédie : la disparition des peuples indiens. Des 12 millions présents au XVe siècle, il n’en restait plus que 200 000 en 1900, leur « liberté » contenue dans des réserves créées pour les recevoir. Une tragédie que l’auteur dépeint plus en détails dans la suite de ce premier opus, La Vengeance des mères…

FERGUS Jim. Mille femmes blanches : les carnets de May Dodd. (Traduction de Jean-Luc PININGRE). Paris : le cherche midi éditeur, 2000. 396 pages. (Collection Romans).

Mathilde Chicaud
Mathilde L’Arbre-en-ciel

Il était une fois dans l’ouest

On ne peut pas faire un voyage dans les Etats de l’Ouest Américain sans mentionner le film myhtique de Sergio Léone « Il était une fois dans l’ouest » sorti en 1968.

Ce film est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du genre western spaghetti. Il faut savoir que le western spaghetti est un genre cinématographique apparu lors de la sortie des premiers westerns Italiens qui furent jugés à l’époque  comme des caricatures des grands westerns américains. Grâce à son film, Sergio Léone a quelques peu réussi à réconcilié les westerns italiens et américains. En 2009, le film  est même rentré dans le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès des Etats-Unis. Le National Film Registry étant l’ensemble des 25 films choisis chaque année pour leur importance culturelle, historique ou esthétique pour le patrimoine cinématographique.

Ce film d’action, avec de grands acteurs tels que Henri Fonda, Charles Bronson ou encore la magnifique Claudia Cardinale, se passe lors de la conquête de l’Ouest américain et tourne autour de la construction du chemin de fer. Une histoire de pouvoir, de vengeance servie par une musique somptueuse composée par Ennio Morricone. Elle fut écrite bien avant le film pour que les participants puissent s’en imprégner tout au long du tournage. Cette musique a joué un rôle considérable dans le succès du film tant par sa tension que par son émotion. Aujourd’hui encore, ces morceaux restent gravés dans les esprits et les seules premières notes suffisent à nous replonger au cœur de l’ouest américain encore sauvage…

Bonne écoute

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Calamity

Etape 2 : Montana 1948 – Larry Waston

Pour cette 2ème étape, notre train s’arrête à nouveau dans les Plaines du Montana.  Dès sa parution aux Etats-Unis en 1993, Montana 1948  de Larry Waston a été reconnu comme un nouveau classique de la littérature de l’ouest.

 

« De l’été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n’a pu chasser ni même estomper ».

C’est ainsi que débute l’histoire qui  nous est contée par David Hayden qui 40 ans plus tard revient sur ce passage douloureux de son existence  qui changea à jamais son regard sur la vie et l’être humain. David, alors âgé de 12 ans, fils du Shérif, est très proche de Mary, indienne d’une vingtaine d’année qui est à la fois l’aide-ménagère, la nounou, la cuisinière…Mary étant malade, on fait appelle à Franck, le frère du Shérif, qui est le médecin réputé de la ville. Celle-ci refuse de se faire soigner par Franck et porte alors sur lui de lourdes accusions…

David se retrouve alors plongé au cœur d’un drame familial : jusqu’où aller  pour sa famille ? La notoriété est-elle plus importante que la vérité ? La vie d’une jeune femme Sioux compte-t-elle autant qu’une autre ? 

Tout le récit nous est décrit à travers les yeux d’un enfant de 12 ans. Les mots sont justes, les émotions sont fortes, la tension monte tout au long du livre et même si l’issue semble inévitable, on n’arrive pas  décrocher de ces mots qui restent gravés en vous un long moment…

Bonne lecture, et n’hésitez pas à nous partager votre avis ! 

Calamity