Archives du mot-clé roman graphique

La Propriété de Rutu Modan

Née en 1966, Rutu Modan est une auteure israélienne de bandes dessinées qui a publié en 2013 chez Actes Sud le roman graphique La Propriété. Elle a reçu le Prix spécial du jury du Festival d’Angoulême de 2014 pour cet ouvrage.

Suite au décès de son fils, Régina Segal décide de se rendre à Varsovie. Cette femme juive a fui la Pologne il y a 70 ans et elle repousse ce voyage depuis de nombreuses années. Désormais, elle doit régler avec le notaire ses droits concernant une propriété dont ses parents ont été spoliés lors de la seconde guerre mondiale. Pour ce retour aux sources, la vieille femme est accompagnée de Mica, sa petite fille.

Ce voyage va se révéler riche en surprises et en découvertes puisque certains visages du passé réapparaissent. De plus, des secrets enfouis depuis longtemps resurgissent… Ce voyage dans le temps sera peut-être l’occasion pour Mica d’en découvrir plus sur ses origines et ainsi de se rapprocher de sa grand-mère…

Vous pouvez lire les premières pages ici.

Dans ce roman graphique, Rutu Modan crée un scénario très riche et très bien écrit autour
de la notion de mémoire : comment retrouver ses racines lorsque sa famille a traversé la seconde Guerre Mondiale ?

On retrouve bien sûr le côté tragique du retour dans son pays d’origine mais l’auteur a su créer des situations cocasses puisque Régina fait marcher sa petite-fille plusieurs fois au cours de ce voyage. C’est un ouvrage touchant qui m’a fait penser au film La Femme au tableau où une vieille dame souhaite récupérer un tableau du Gustav Klimt qui appartenait à sa famille au moment de l’invasion nazie.

Découvrez ici une interview très intéressante de Rutu Modan lors de la sortie de La Propriété.

(sources : Electre et Wikipedia)

Epona
Epona

Pénélope Bagieu, une femme qui ne fait que ce qu’elle veut

Avec sa belle couverture orange flamboyant, le tome 2 des Culottées : des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, écrit et illustré par Pénélope Bagieu, est paru le 26 janvier dernier aux éditions Gallimard Bande dessinée. Tout comme le premier tome (à la belle couverture bleu azur), publié en septembre 2016, nous découvrons quinze portraits de femmes « culottées », à la personnalité bien trempée et au destin peu ordinaire. L’occasion de mettre en lumière leur auteure, Pénélope Bagieu, une femme qui ne fait elle aussi que ce qu’elle veut.

 

©Mathilde Chicaud

Il était une fois…

Une vocation précoce

Pénélope Bagieu est née le 22 janvier 1982 dans le 14e arrondissement de Paris. Elle commence à dessiner dès qu’elle est en âge de tenir un crayon et se lance dans l’écriture de livres qu’elle confectionne de A à Z (jusqu’à la reliure au scotch ou à l’agrafeuse). Son avenir est déjà clairement défini : elle sera dessinatrice (elle ne divergera de cet objectif qu’entre 5 et 6 ans, en rêvant de devenir reine d’Amérique, souhait vite enterré pour revenir à ses premières amours graphiques…).

Une histoire de nez

Après des études à l’École nationale supérieur des arts décoratifs de Paris, puis au Central Saint Martins College of Art and Design, elle trouve rapidement un agent, sans doute subjugué par ses nombreux talents. La jeune femme possède en effet de nombreuses cordes à son ar[t], du dessin à l’animation en passant par le graphisme. Tout l’inspire : de la marque de produits surgelés à la lingerie, en passant par son quotidien qu’elle relate sur son blog « Ma vie est tout-à-fait fascinante », sous le pseudonyme de Pénélope Jolicoeur. Mais elle aime surtout croquer l’être humain dans sa diversité, par des personnages hauts en couleurs. Petit détail amusant : elle commence toujours par dessiner leur nez… un cap à passer sans doute… (« C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! ») !

Des culottées

Ses personnages sont à son image : modernes, pimpantes et déterminées à se battre pour s’émanciper des préjugés et des diktats, de Joséphine à Charlotte, en passant par le florilège des Culottées… Ces culottées, des femmes qui ont comme point commun d’avoir pris en main leur destin malgré les nombreux obstacles qui se sont dressés sur leur chemin, au-delà de leur époque, de leur culture, de leur nationalité, de leur métier. Des artistes, des impératrices, certes, mais aussi des gardiennes de phare, des travailleuses sociales, des gynécologues. Le tome 1 s’ouvre ainsi avec Clémentine Delait, femme à barbe née au XIXe siècle, ce qui introduit bien le propos selon l’auteure : des femmes qui ont des c… se considèrent à juste titre aussi libres que les hommes.

Ce projet, à l’origine sous la forme d’un blog hébergé par LeMonde.fr, lui a demandé des mois de documentation, de la lecture d’épaisses biographies au mince filet dans la presse locale. Autour, il a fallu broder une histoire, la mettre sur papier, sur quelques pages, en images. S’imaginer confrontée aux mêmes situations, se transporter dans un contexte parfois très différent de la sienne, incarner le personnage. Un exercice de taille, mais qui fait écho aux propres combats de Pénélope Bagieu. Armée de sa plume et de son bagou, elle n’hésite en effet pas à dénoncer le sexisme dans la profession et dans la société en général, la surexploitation des ressources terrestres ou encore le racisme. Sa plus grande fierté est de donner envie d’apprendre, d’en savoir plus, comme dans ses chroniques dynamiques promouvant la bande dessinée sur le site MadmoiZelle.com. En 2013, elle est ainsi nommée Chevalier des arts et des lettres lors du festival d’Angoulême par la ministre de la Culture. Parions que dans quelques années, quelques pages lui seront consacrées dans le dernier tome des Culottées !

Pour aller plus loin :

Le blog des Culottées
Pénélope Bagieu sur Twitter

Source des premières de couverture : Electre

 

Mathilde Chicaud
Mathilde l’Arbre-en-ciel

 

 

Le roman graphique Irmina de Barbara Yelin

Bonjour chers Voyageurs,

Pour le voyage d’aujourd’hui, nous allons remonter quelques années en arrière grâce à la plume et au coup de crayon de Barbara Yelin dans son roman graphique Irmina.

Irmina de Barbara Yelin

Irmina, c’est l’héroïne. Jeune femme allemande, elle débarque à Londres en 1934 pour suivre des études de secrétariat. Eprise de liberté, elle veut découvrir ce nouveau pays et apprendre un métier pour s’émanciper.  Alors qu’elle se lit d’amitié avec Howard Green, étudiant à Oxford originaire de la Barbade, les événements politiques bousculant l’Allemagne la rattrapent inexorablement.

Inspirée des carnets de la grand-mère de l’auteur, cette histoire questionne à la fois l’héroïne mais également le lecteur sur nos actions pendant des temps troublés et notre volonté d’agir. L’héroïne doit en effet faire de nombreux choix dans sa vie, choix qui seront mis en lumière dans la fin du roman. Mais attention, jamais de jugement de la part de l’auteur, juste le récit de la vie d’une femme allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Quant au dessin, il permet d’entrer complètement dans l’histoire et de percevoir peu à peu, grâce aux couleurs sombres, la lente entrée dans la guerre.

Une oeuvre poignante et passionnante.

Bonne lecture à tous.

Corisande

(Crédits photos : Couverture – Electre)

Chroniques de Jérusalem

couv Jerusalem site guy delisle

Mais qui peut bien être la personne qui dessine avec application sur la couverture du roman graphique que vous voyez ci-dessus ?

Vous ne voyez pas ? C’est Guy Delisle, un auteur de bande dessinée québécois. Pour suivre sa femme, administratrice à Médecins sans frontières, Le dessinateur a vécu pendant un an à Jérusalem, il en a profité pour nous faire le cadeau de son vécu, de son ressenti, de son quotidien avec un regard franc, sans aucune idée reçue.

Nous suivons donc ses chroniques qui nous permettent de comprendre la vie intra et extra-muros de la ville. Les colonies, les différences de religion, la portée historique de la ville, la méfiance, l’injustice aussi, et les murs, les fameux murs …. Tout y est abordé, mais le personnage principal bienveillant et parfois maladroit nous donne envie de suivre ses aventures avec une grande curiosité.

jerusalem c est compliqué

Vous aurez peut-être une impression de foisonnance en lisant ce roman graphique, nous apprenons par le regard de Guy Delisle la complexité de l’histoire, la complexité des rapports humains et cela nous fait tellement réfléchir …

Si vous aimez cette bande dessinée, plongez donc dans les autres oeuvres de l’auteur, particulièrement « Les chroniques birmanes« , « Pyongyang » et « Shenzhen« .

Pour en savoir plus :

La très bonne critique de Télérama

Le blog de Guy Delisle

Bastet

[Source : site de Guy Delisle ]

 

La voiture d’Intisar : portrait d’une femme moderne au Yémen

 

Yemen_carte

Connaissez-vous le Yémen ? Si la réponse est non, j’espère que le roman graphique « La voiture d’Intisar : portrait d’une femme moderne au Yémen » de Pedro Riera et Nacho Casanova aux éditions Delcourt vous permettra une immersion consciente dans ce pays dont on parle peu.

voiture intisar delcourt

Intisar, l’héroïne de l’histoire n’existe pas; cette bande dessinée peut néanmoins être vue comme un documentaire romancé puisqu’elle résulte des témoignages d’une quarantaine de femmes dont les noms ne pouvaient être publics sans risquer pour leurs vies. Le scénariste, Pedro Riera a eu l’opportunité de les interroger quand il est parti avec sa femme pour la capitale Sanaa durant une année.

voiture-d-intisar_1

Intisar sait qui elle est, elle pense ce qu’elle veut mais elle connaît ses limites et doit jouer le jeu des inégalités entre hommes et femmes pour vivre au mieux dans un pays qui ne lui donne pas de droits.

Cependant au jeu des limites, les femmes ne sont pas les seules perdantes : la censure règne, l’information est filtrée scrupuleusement.

Ce que j’aime dans cette BD, c’est que tout est dit, mais sans pathos, on s’attache à cette jeune femme intelligente qui vit dans un monde qui ne lui permet pas de s’épanouir.

Ce livre est aussi un livre d’espoir pour l’avenir de la femme au Yémen, saviez-vous qu’Intisar signifie victoire en arabe ?

En annexe de la bande dessinée, vous trouverez des renseignements sur la ségrégation sexuelle au Yémen, le Niqab, le hijab et le Qat qui est une plante  psychotrope très largement utilisée par les hommes dans ce pays.

Bastet

[ source des images : Wikipédia pour la carte et les éditions Delcourts pour la bande dessinée]

Riche, pourquoi pas toi ?

Riche-pourquoi-pas-toi-interview_290x176

La bande dessinée « Riche, pourquoi pas toi ? » vaut le détour si vous aimez rire et apprendre simultanément (preuve irréfutable que nous sommes tous capables de faire deux choses en même temps). Le rire vient clairement de l’illustratrice (Marion Montaigne) et la connaissance de M. et Mme Pinçon.

Petit focus sur les auteurs :

Marion Montaigne est certainement la personne la plus drôle de France (objective moi ?, ‘connais pas ce mot), elle a un blog magnifique (tu mourras moins bête : non seulement hilarant, mais également instructif), des BD tordantes (« La vie des très bêtes », « Panique organique », « Tu mourras moins bête » …),  elle est aussi illustratrice pour des documentaires (« Les bêtes qui rôdent, qui rongent, qui rampent à la ville », « Le net et toi : la toile après Steve Jobs », etc.) … Enfin, ses planches de « Tu mourras moins bête » ont été la base pour un dessin animé de 30 épisodes qui est passé sur Arte et qui est toujours disponible sur le site.

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot sont deux anciens directeurs du CNRS, ils ont tous les deux dédiés leurs carrières de sociologues à l’étude des classes les plus fortunées.

La bande dessinée « Riche, pourquoi pas toi? » est une oeuvre commune qui explique clairement et avec beaucoup d’humour tout ce que revêt le mot « Riche ».

En parlant de richesse, saviez-vous qu’être riche n’a rien à avoir avec le fait d’avoir de l’argent ????? Et pourtant, c’est vrai !

Si vous ne me croyez pas, Jetez donc un oeil sur cette interview des 3 auteurs initiée par les éditions Dargaud ! clique-moi dessus

Ah, et j’ai une question pour vous : que feriez-vous si vous gagniez le jackpot au loto ? (répondez, ne soyez pas timides !)

bastetBastet

 

[Sources des images : le site des éditions Dargaud]

Paul à Québec

 

Dans notre voyage dans l’univers des romans graphiques, faisons une halte au Québec ! Nous avons pour guide Michel Rabagliati, l’auteur de la série  des  « Paul » … Commencée en 1999, cette série semi-autobiographique, touche par sa  simplicité et son universalité. En effet, chaque volume de la série relate une tranche de la vie de Paul (de ses 10 ans à l’âge adulte) dans lesquelles on peut aisément se retrouver, que ce soit par un événement en particulier ou par des sentiments déjà vécus.

Donc après avoir été à la campagne, à la pêche, après avoir trouvé un job d’été, puis un appartement (retrouvez la bibliographie de Michel Rabagliati ici), nous retrouvons Paul et sa petite famille pour une nouvelle aventure.

Celle-ci nous mène tout d’abord dans le vieux Saint Nicolas, proche de la ville de Québec,chez les beaux-parents de Paul . Une belle réunion de famille, avec conjoints et enfants, une grand-mère qui propose tiramisu sur tarte aux prunes, et un grand-père aux petits soins pour que ses petits enfants passent des vacances de rêve.

Oui mais voilà…Roland, le grand-père,  doit subir une chimiothérapie, car on lui a décelé un cancer de la prostate. Dans cet épisode Michel Rabagliati évoque la figure de ce beau-père, de son enfance à ses derniers instants de vie. C’est là le tour de force de l’auteur : évoquer des moments  très sombres (la maladie) en douceur et en finesse.

Dans ces épreuves que la famille traverse il y a aussi beaucoup de moments de joie et d’humour, des petites anecdotes du quotidien, de grands moments de tendresse. L’accent québécois y est vraiment bien restitué avec les expressions si particulières de cette province. Il ne faudrait pas s’arrêter aux thèmes abordés dans cet opus sous prétexte qu’ils sont trop douloureux : au contraire, Michel Rabagliati nous aide à les voir sous un autre angle, plus lumineux.

La série Paul est une vraie bonne découverte, et Paul à Québec  l’épisode le plus représentatif du talent de l’auteur a d’ailleurs été récompensé par de nombreux prix en France et au Québec .

Alors bon voyage sur les bords du fleuve Saint-Laurent !

Célia

Illustration : Ed. La Pastèque

Au fil des pages, le roman graphique est arrivé!

Vous avez dit un roman ?

Vous avez dit une BD ?

Mais pourquoi devoir choisir entre les deux? Pour votre plus grand plaisir, regroupons-les afin d’obtenir le thème de notre nouveau voyage: le Roman Graphique!

 

roman graphique

Laissez-vous guidez à travers les pages, les dessins et les histoires des ouvrages que nous allons vous faire découvrir.  Avis aux amateurs ou aux débutants : chacun y trouvera son bonheur !

Tout au long de ce voyage nous allons vous faire voyager vers de nouveaux horizons, découvrir de nouvelles personnes et vous émouvoir avec des histoires poignantes sur fond historique.

Prêts pour ce nouveau voyage? Alors tous à vos sacs à dos, décollage immédiat  pour les Voyageurs du soir!

 Sunray

[Source photos : bibliothèque : Mysticartdesign/Pixabay — dessinateur : Patrice Pellerin // L’Épervier in Radio Pêchou – Baie de Morlaix on Vimeo]